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 Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa

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Erre ici depuis : 20/07/2014
Âge : 28 ans
Missives : 920
Occupation : Ancien homme de main & homme à tout faire, facteur de Dödskalle
DC : Yngve l'amoureux des cadavres et Saria, l'amoureuse de la propreté.

Feuille de personnage
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Son rêve: Il ne l'a pas encore fait, il est en ville depuis trois ans.
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MessageSujet: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Jeu 7 Aoû - 13:48


Oh sweet old beer,
Drink of the Kings
Drink of the Dreams,
Drink of Sorrow...

Noah aimait la bière.

C’était un fait simple et qui n’avait jamais changé au fil des années. À quand remontait sa première bière déjà? Il devait avoir neuf ans, ou peut être dix, peu importe, ce détail là n’avait pas vraiment d’importance. Lui et Sören avaient pris leur vélo et ils avaient roulé loin, loin des montagnes Suisses et loin du petit village dans lequel ils étaient confinés pendant des mois et ils avaient suivi les lumières environnantes, ils avaient suivi les rires et enfin de l’agitation, enfin ils avaient affaire à autre chose que les bons conseils que leur grand mère leur murmurait en allemand ou même l’air que le père de Sören abordait parfois en les fixant. Pas de ça, non ils étaient libres, libres de fouiller, libres d’explorer et bien évidemment, jeunes et insouciants comme ils étaient, l’alcool leur avait d’abord paru étranger et bien immonde. Noah se souvenait encore d’avoir recraché la moitié de la gorgée qu’il venait tout juste de boire, sous les yeux d’un Sören plus que perplexe. Donc oui, sa première bière n’avait pas été une réussite, un échec assez cuisant même.

Que dire?
Noah était du genre persévérant et pendant les années les plus folles, à savoir pendant le lycée, il s’était surpris à boire et à ne plus trouver la fameuse blonde aussi répugnante. Peut être parce qu’il avait grandi, peut être que ses goûts s’étaient affinés, ou peut être tout simplement, qu’il avait enfin une bonne raison de boire. Maman avait finit par être enterrée, dans une jolie tombe où il pouvait toujours passer déposer beaucoup de fleurs, et Papa lui était loin, très loin dans une institution qui n’allait pas le laisser sortir de si tôt, alors oui, il avait une bonne raison de boire. Il avait les cicatrices qu’il fallait, l’histoire qu’il fallait et même ce trou béant dans sa poitrine pour prouver qu’il avait été blessé et ce, à maintes reprises. Alors là, là, chaque bière était presque accueillie avec un réconfort certain et lors des traditionnelles compétitions où chacun devait boire autant qu’il le pouvait, il était vainqueur, et de loin… Il finissait toujours par rentrer, pour se disputer avec son oncle qui lui demandait pourquoi et qui se retenait d’attraper l’adolescent par les épaules et le secouer. Il ne pouvait pas, non Ernest ne voulait pas lui faire revivre l’horreur de ces années passées avec Papa.

Oh but Daddy did love me, avait toujours envie de lui répondre Noah mais il ne disait rien et il conservait le silence. Dès qu’il en avait eu l’occasion, le blond avait fuit, fuit ce foyer familial et dans son nouveau « travail » l’alcool coulait à flot, mais Noah n’avait le droit de boire qu’une fois sa besogne accomplie. Après tout l’animal ne mangeait pas en même temps que le maitre... pas vrai? Là, chaque bière, chaque verre, était un peu une récompense, une récompense pour l’être humain qu’il venait de briser et de détruire et cela était probablement les meilleures verres de sa vie. Boire en connaissant chacune des conséquences était une bonne manière d’atteindre le repos éternel, plus proche de la mort mais pas tout à fait sous terre, c’état une bonne sensation, une bonne raison de… rester en vie? C’était une alternative parfaite selon Noah, et, peut être qu’il était encore un peu trop tard dans l’après midi mais trop tôt dans la soirée, lorsque, toujours les pieds nus, Noah finit par pousser la porte du seul bar de Dödskalle. Il aurait dû demander à Keir s’il était possible de boire le poids de son âme et de ses pêchés ici, mais Lyov était là, là pour maîtriser les excès de Noah et le virer au besoin s’il dépassait la limite et qu’il allait trop loin. Qu’est-ce que trop loin signifiait? Noah était violent par nature et lui refuser la vue d’un peu de sang était presque… presque… inhumain, presque criminel, on ne devait pas lui refuser ce droit de passage, il en avait besoin, besoin pour vivre et besoin pour se sentir utile.

Mais ce soir, ce soir il allait essayer de se tenir tranquille et de maîtriser ses élans et de ne plus trop penser à Timothy et ses mains qui courraient toujours sur le piano. Noah s’avança donc les mains dans les poches et il fut presque content lorsque Lyov lui tendit sa bière sans qu’il est à poser de question, il chercha une table du regard, l’établissement commençait à se remplir au vu de l’heure. Avançant lentement, Noah scrutait les visages et il en reconnut un en particulier et sans vraiment avoir été invité, il posa sa bière devant la demoiselle. « Est-ce que la place est prise?… Je crois que je vous dois des excuses. »

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Jeu 7 Aoû - 15:31



Le chignon strict avait laissé place à une natte peut-être un peu trop lâche, broussaille de mèches brunes pour encadrer son propre visage trop effacé. Lorsque de temps en temps elle levait les yeux du livre, ils paraissaient trop bleus, trop tristes, pour elle si ordinaire. Tout autour, les femmes riaient avec des voix fortes, du noir sur les paupières, du rouge aux lèvres et du rose au cœur. Et il y avait des hommes aussi, aux mains fortes et tendres pour les saisir aux hanches et les toucher entre respect et insolence.  
Cela aurait pu être sa vie pourtant, de quoi lui arracher un sourire avant de retourner à son chapitre. Car Elsa avait choisi, préférant l'amour de dieu, celui de la peur aussi, à n'importe quelle autre étreinte. Elle regrettait, évidemment qu'elle regrettait mais considérait comme trop tard de reculer.

Si elle avait à danser, alors ce serait de la danse des damnés. Qu'importe, le bar était chaud et accueillant. De temps à autre, il y avait le regard de Lyov par delà le bar pour vérifier que tout allait bien, même pour ses clients les plus calmes. Ou tout allait bien, et Elsa n'était pas seule. Sur la chaise en face d'elle, l'homme en noir que depuis toute petite elle imaginait. Il lui souriait ainsi qu'elle aurait aimé être vue si la jeune femme avait été une toute autre personne. Il lui souriait mais ses bras restaient le long du corps : les fantômes ne peuvent toucher, fussent-ils de notre imagination la plus profonde.

Lis, Elsa, lis donc et oublie....

Près d'elle, la bière était encore à moitié pleine. Il restait de la mousse sur ses lèvres, elle ne pensait jamais à l'essuyer. Et l'ivresse au cœur, alors ? Oh pas encore, pas encore... Longue était la nuit pour eux tous, certains rires devenaient tristes parmi les femmes et les hommes, qui donc avait le pouvoir d'être complètement heureux ?
Quelle importance lorsque l'on est jamais seule, hein Elsa ? Et seule, oh toi tu l'étais tellement...
Alors, les joues rouges, un peu ivre autant de bière que de son propre désespoir traîné depuis des mois et des années, la jeune femme essaya de tout oublier. Lire encore et encore, lire encore et toujours, espérer pour la vie de personnes d'encre et de papiers, rien d'autre, rien de plus. Soudain, l'homme en noir disparu car désormais quelqu'un d'autre avait pris sa place sur la chaise. Quelqu'un de réel.

Surprise, Elsa leva les yeux pour faire face à l'Allemand. D'habitude, lorsqu'elle le voyait, c'était avec du sang frais sur le visage ou le corps. Le sien souvent, mais pas que. Sans cesse des bagarres, des altercations, comme si la mort avait réellement besoin de ça pour s'inviter.

 « Monsieur Diesbach.... Asseyez-vous »

Un ton sec, professionnel, ainsi qu'elle l'aurait reçu à l'accueil de l'hospice, ainsi qu'elle le recevait toujours. Pourtant il n'était pas méchant l'homme en face d'elle, et elle non plus à vrai dire, mais que peut-on contre sa propre façon d'être ?

 « Il est peu courant de recevoir des excuses, les vôtres ne sont pas nécessaires »

Vivre si à l'ouest du monde que la plus simple politesse vous es surprise, en était-elle réduite à cela ? Sèche, Elsa rangea le livre avant de le glisser dans le grand sac fourre-tout d'où dépassait déjà beaucoup trop de choses. N'y manquait que le chat de la voisine.

 « Comment vont vos phalanges ? »

Il avait de beaux yeux, cet homme. Le bleu triste des mers du nord, là où sans cesse soufflent les vents et pleurent les hommes. Là où les femmes attendent encore et encore que reviennent les voiles de leurs maris...

De beaux yeux pour de tristes manières, qui donc acceptait de vivre avec une telle soif de violence ? Et pourtant ils étaient tellement, car Elsa recousait tellement de chair et de peau, y avait-il vraiment des cœurs en dessous ?
Elle ne savait plus, quelle importance ?

A quoi pensait-il, derrière ses ombres et ses secrets ? Elle ne pouvait deviner … Peut-être à une femme ? Etait-ce agréable d'être l'objet de pensées ? Stupide rêve, stupide ville. D'un geste calme, la jeune femme termina son verre cul sec, de nouveau de la mousse en viage.

 « Vous m'en commandez une ? En échange je ne raterais pas vos prochains points de suture »

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Ven 8 Aoû - 16:04

« Je ne m’excuse pas d’ordinaire, vous devriez vous estimiez heureuse. »

Docilement, comme on le lui avait demandé, Noah finit par s’installer sur cette chaise, ne quittant pas la femme du regard. Il était le genre d’homme qui s’asseyait toujours comme si les lieux lui appartenaient, les jambes écartées, sans véritablement sans rendre compte au final, il connaissait sa place et il savait qu’ici il n’était qu’un client lambda, oh probablement pas un simple client… Peut être que la petite affaire du Russe ne tournait que grâce à lui et son goût trop prononcé pour l’alcool... Était-ce le désir d’oublier? Le désire de s’oublier? De vivre et de renaître? Peut être, sans doute, peu importe, Elsa s’adressait à lui, toujours de ce même ton inquisiteur et froid que peu employait pour s’adresser à Noah. Les mots firent naître un sourire sur son visage, du genre ailleurs et hypocrite, mais on pardonnait aisément à la bête car dans le fond, Noah était beau et il était très facile de lui pardonner en jetant un coup d’oeil à ses yeux bleus et à sa chemise ouverte.

Grand mère lui avait dit qu’il ressemblait à son grand père, oui, il était l’image même du Siegfried qu’elle avait aimé et dans chacun des sourires de Noah, elle avait vu son défunt mari. Noah n’avait pas connu son grand père mais s’ils se ressemblaient à ce point, le blond aurait voulu savoir si son ancêtre avait commis les mêmes erreurs, si lui aussi avait été un peu cassé et si lui aussi avait fini par abandonner. Tout ceci importait peu, tout ce qui comptait c’était qu’il était beau et qu’Elsa avait réussi à le faire rire, lui demandant dans quel état était ses phalanges. Presque pour la provoquer, Noah leva ses deux mains, lui montrant qu’il n’avait pas encore commis d’acte de barbarie ces derniers jours et qu’il allait bien.

Peut être que sa route ne trouverait pas celle de l’hospice, il y allait toujours de la manière la plus nonchalante du monde, souvent la cigarette à la bouche, la fumée s’échappant de ses narines, mais son regard était vide, il ne s’embrasait plus, il avait déjà eu sa dose en mettant son adversaire au sol ou même en recevant un uppercut dans la mâchoire. Elsa le voyait toujours vide donc, toujours après la bataille, toujours couvert d’un sang frais qui n’était jamais le sien, oh jamais… Ils étaient rares ceux qui arrivaient à faire saigner Noah et ce n’était pas malgré les efforts du blond pour trouver le bon adversaire. Trop facile, trop faible, ce n’était pas au fin fond de la Suède que quelqu’un allait arrêter le loup allemand, peut être Lyov si on le provoquait assez mais même Noah n’était pas stupide à ce point. Il poussa un soupir et tira son paquet de clopes de la poche de sa chemise, le laissant retomber sur la table, ses yeux bleus toujours sur Elsa. Il ne l’avait jamais prise pour une grande fan de bière et si certains n’auraient absolument aucun scrupule à offrir un verre à une jolie femme, Noah avait ses réserves.

Mais il se contenta de la fixer, allumant sa cigarette et lui renvoyant volontairement la fumée au visage. « Comme vous pouvez le constater … mes phalanges vont très bien, j’essaye de jouer les gentils toutous ce soir. Histoire de ne pas vous donner trop boulot et surtout pour ne pas que Lyov me foute à la porte encore une fois… Il serait bon que je rentre chez moi en un seul morceau. Et peut être pas seul… qui sait? » La dernière remarque n’était définitivement pas pour Elsa, plus pour la tester qu’autre chose en fait. Noah savait très bien observer et encore plus comprendre, et si Elsa avait été une énigme au début, de son ton plus que cassant à son égard et l’absence d’hésitation dans ses gestes à chaque fois qu’elle s’occupait de lui l’avaient conduit à penser qu’elle n’avait tout simplement pas peur. Pas peur de lui en tout cas et selon Noah, cela était déjà un très bon point, très révélateur certes mais quelque chose de positif…

Il avait l’habitude que les femmes s’écartent sur son passage, qu’on le craigne, qu’on soit répugné par toutes ses cicatrices et par sa franchise et enfin qu’on tente de le séduire… Elsa était quelque chose de nouveau et Noah pouvait déjà prédire qu’il aillait bien l’aimer. Ce n’était définitivement pas un de ses visages sans nom qu’il allait oublier et ce parce qu’il avait passé toute la nuit entre les cuisses de la demoiselle, non, elle se respectait sans doute un peu trop pour cela. « Et si je vous offre une bière qu’est-ce que j’en retire...? Au cas où vous ne seriez pas au courant, la paye d’un facteur est bien maigre dans cette ville… » Il haussa les épaules, alternant entre la bouteille et sa cigarette pour boire une gorgée de bière, le coeur plus léger ainsi.

« Peut être que c’est vous au final qui devriez m’offrir une autre bière… »

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Ven 8 Aoû - 23:24

Elle ferma les yeux, laissant la fumée de cigarette lui être couronne pour une demie seconde à peine. Et lorsqu'Elsa rouvrit les paupières, alors son regard possédait un petit peu plus que le simple bleu de l'océan. La jeune femme souriait, le cœur sec, les yeux brûlants. Qu'il était étrange de parler, d'exister pour quelqu'un d'autre et que voyait-il alors, cet homme arrogant : les cernes d'une journée de travail ou le manque d'innocence de quelqu'un qui ne savait comment vivre ?

Personne d'autre ne leur prêtait attention, ils étaient deux fantômes après tout. Elsa étendit la main pour prendre la cigarette de l'insolent. Dans un vieux geste de ses années lycées, elle la porta pour une première bouffée. Evidemment, elle toussa, ça remontait à loin sa dernier clope, son premier joint... Sauf que les habitudes revenaient vites, alors elle garda la cigarette au coin des lèvres et son sourire au coin du cœur.

 « Oh je gagne encore moins que vous avec mes heures sups impayées. Certaines à cause de vous d'ailleurs, pas toutes peut être mais c'est déjà trop quand même. »

La froideur de sa voix était celle des temples et des églises, quelque chose de profond appelant à un amour plus universel que ces pulsions primaires. Avoir le cœur au bord des coups peut-être, mais avoir la foi dans le cœur surtout. Aussi regardait-elle Noah avec cet air attendri et désolé d'une sœur pour un frère distant. Néanmoins elle fumait, elle buvait et ne posséderait jamais rien d'une sainte. Au fond, même sa chasteté elle la perdrait, alors à quoi bon ?

 « Je n'offre rien, et si vous souhaitez repartir avec une femme ce soir, alors choisissez en une capable de vous donner du bon temps. Je connais mes limites... »

Soudain il y eu quelque chose de fort pitoyable dans ses gestes, dans son regard. Quelque chose d'une infinie douceur, celle des tristesses et des chagrins que rien n'apaise, quelque chose pour signifier à Noah combien il était grand, combien il était beau même avec son cœur en batailles. Qu'il était un dieu parmi les hommes, un prince et un roi aux couronnes d'étoiles et de passion. Enfin, que tout grand qu'il était, il méritait mieux, tellement mieux qu'une pauvre femme vêtue de ses illusions. Parce que quelque part, le plaisir attendait, pas celui des étreintes anonymes mais bien les feus et les serments auquel aspiraient tous les hommes, peu importe que l'on couche avec une femme aux seins nus ou un autre homme au dos brûlant.

Il y a mieux, tellement mieux pour toi, Noah...

A une table éloignée, quelqu'un commença une chanson. Un refrain mélancolique, des couplets encore pire, les vents de Suède et le ciel d'hiver pour tisser les notes et la musique. Car ils étaient les enfants de ce pays, fer et sang, neige et glace pour en été, le plus pur des soleils. Que restait-il de leur héritage, ici, dans cette toute petite ville ?

 « Faites moi un compliment sincère et je vous offre un verre »

Elle ne savait même pas pourquoi la phrase s'était échappée.Mélancolie, tristesse d'une journée chargée, envie d'ailleurs... Tout pour que l'homme se moque d'elle, pourtant ça valait le coup, non ? Entendre des mots gentils d'autres personnes que ses amis imaginaires.

Elsa souriait toujours, distante et dans son monde à elle d'où rien ne saurait l'en faire sortir vraiment. Elle s'y protégeait, reine d'une tour d'ivoire et impératrice de ses propres murmures. De nouveau l'éclat dans le bleu des yeux, de nouveau le regard antique de statue, car elle était de ces femmes que l'on n'avait pas créées pour être aimées.

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Jeu 14 Aoû - 17:04

Noah ne récolterait probablement rien à la provoquer de la sorte, mais cela lui permettait d’en apprendre beaucoup plus qu’en posant la question tout simplement. Il n’était pas encore venu le jour où il se contenterait d’aborder les gens pour leur demander de quelle couleur était leur âme et si cette nuance pouvait s’accorder ou pas à la sienne. Non, sinon cela aurait été facile d’attraper la main d’un étranger dans la rue quand on était à la recherche de quelque chose de réel pour être certain d’être dans la bonne réalité. Peut être qu’Elsa voguait au dessus des nuages, mais ça Noah ne pouvait pas le savoir avant d’avoir serré sa paume contre la sienne, elle qui avait ses mains qui courraient trop souvent sur la peau de Noah à la recherche des nouvelles blessures et des nouvelles cicatrices.

Lui paraissait-il nouveau à chaque fois qu’il apparaissait dans l’hospice, un peu plus changé à chaque fois. Se sentait-elle fière? Ou alors éprouvait-elle les mêmes sentiments qu’une mère qui aurait dû s’occuper de ce fils toujours trop turbulent, contrainte de le gronder et de lui inculquer les valeurs de la vie? Noah n’en savait trop rien, dans l’immédiat, il préférait récupérer sa cigarette.

Mais il ne dit rien, conserva le silence, il l’avait vue arriver, tendre le bras, trop lente, il avait retenu l’envie qu’il avait eu de lui saisir le poignet et de le tordre jusqu’à entendre ce crack si caractéristique. Il n’en fit rien, il avait des principes, peut être un peu trop vieux jeu, misogyne et hypocrite, mais non, il ne tapait pas les femmes. Qu’elle la prenne sa cigarette, qu’elle s’embrase à son tour, qu’elle s’étouffe en tentant de passer pour une femme qu’elle n’était pas. Il ne la quitta pas du regard et il la regarda sombrer dans les mêmes vices que lui. Ses limites? Noah retint un rire, vidant sa bière dans une dernière gorgée plus longue que les autres. Il avait déjà entendu ces mots, il semblait être la limite de beaucoup de femmes mais il pouvait comprendre. Comprendre que ses manières dérangeaient ainsi que son manque d’inhibition plus que flagrant, mais franchement, s’il laissait ce genre de détails l’arrêter… Il n’allait plus jamais vivre. Il se tourna quelques secondes, fixant le chanteur de la soirée, un sourire sur les lèvres, le genre de sourire triste qu’ils partageaient tous ici, tous à Dödskalle. Peut être que le pays avait été beau un jour, la ville aussi, Noah s’en foutait complètement allègrement, eux ils étaient ici, eux ils étaient misérables ce soir et Elsa se trompait certainement en affirmant qu’il ne trouverait pas ce qu’il voulait dans ses bras à elle.

« J’aime bien les défis. » Se contenta de répondre Noah, ses yeux bleus de nouveau posés sur son médecin de fortune. Un compliment, elle voulait un compliment… Noah savait flatter les égos mais il savait bien qu’elle ne cherchait pas ça, n’importe quel idiot avec un verre de whisky ici savait faire ça, ce n’était pas ce qu’elle voulait ce soir... « Vous savez probablement que je mens comme je respire non? » La question était juste de savoir jusqu’où il pouvait aller pour une bière, il pouvait très bien se lever, oublier toute cette conversation, oublier Elsa et lui laisser finir sa cigarette et lui souhaiter une bonne soirée et trouver une autre femme. Mais ce n’était pas un de ces soirs-là, Noah le savait, il pouvait presque le sentir, il le savait, pas question de trouver un corps dans lequel s’oublier ce soir, pas question de poser ses mains sur une poitrine inconnue ou de tracer les courbes du bout des doigts, non… Il y avait Elsa et sa requête pour le moins étrange.

Aussi Noah poussa un soupir et tira une autre cigarette du paquet qu’ils semblaient partager à présent. La flamme sembla l’inspirer car après seulement une première inspiration, il lança un bref:« … Vous êtes plus intelligente que ça… Qu’elle par exemple. » Il faisait référence à celle qui riait trop fort, celle qui serait le centre de l’attention ce soir, les cheveux virevoltant, presque éternelle tandis qu’elle se lançait dans une danse improvisée. Noah l’observait, une seconde, deux, quelque part triste pour elle, puis il fixa Elsa. « Vous êtes belle mais vous ne le savez pas encore, pas besoin de mettre moins de vêtements ou de jouer les cruches ou de battre des cils vous avez autre chose… » Pourquoi était-il sincère? Peut être parce qu’il n’allait très certainement plus lui parler après cette nuit, qui était-elle à part l’inconnue qui se chargeait de recoudre sa peau à chaque fois qu’il en faisait un peu trop? Cela ne lui coûtait rien, peut être qu’elle ne le croirait pas, le prendrait pour un apprenti poète ou juste pour un homme pathétique.  « Vous êtes probablement le genre de femme qu’on ne baise pas avant le mariage, non… Vous méritez peut être un peu mieux que ça, qu’un type moins pathétique que nous autres passe la porte de ce bar et vous emmène loin, pour voir le monde, peut être un an, peut être pour deux ans, qui sait… »

Nouveau soupir tandis que cette trainée de fumée semblait s’échapper de son âme.  
« Alors..J’ai mérité ma bière? »

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Lun 18 Aoû - 14:06

Les mots de l'homme ne possédaient pas le moindre écho. Distante, étrangère, Elsa continua de regarder l'Allemand, ainsi qu'une reine contemple le chasseur égaré. Il disait la vérité, évidemment. De toute manière, la jeune femme n'en avait jamais douté. Tête brûlée, chien fou peut-être, mais menteur jamais. Lorsqu'on soigne les gens, on apprend à les connaître. Dans un geste las, elle hocha la tête. Bien sûr qu'il avait gagné sa bière. Derrière eux, la jeune fille aux nombreux admirateurs ria un peu plus fort. Demain, dans deux jours, dans trois jours, peut-être passerait-elle à l'hospice demander les pilules du lendemain. Cela arrivait souvent, ça, les demandes d'avortement aussi. Les hommes bavaient, la dévoraient du regard et Elsa, elle, brûlait d'un autre feu sous les yeux de Noah.
Belle ? Oh peut-être. Différente oui, c'était certain, et l'infirmière souhaitait parfois, les joues roses, le cœur en fleur mais déjà fané, de posséder assez de beauté et e séduction pour se faire admirer. Vanité, orgueil, elle était quelconque, elle avait des formes et son charme à elle ne possédait pas la moindre chaleur.
De temps en temps, on lui foutait des mains aux fesses, on essayait de la draguer, mais jamais assez. Jamais avec amour, lui donner envie de sortir de sa coquille, sauter du haut de cette tour d'ivoire qu'elle avait dans la tête, suicide psychologique pour renaître et vivre enfin. Mais les temps étaient durs, les hommes sa,s courage, et les personnes seules se vouaient à le rester.

 « Je ne suis pas le genre de femme qu'on baise, tout court. J'aurais dû me chercher un couvent depuis longtemps en fait.... Et Noah, faites autant de conneries que vous voulez, vous savez qu'on vous soignera. Essayez de ne pas oublier que vous êtes intelligent, juste... Parce que même si vous frappez, mordez ou dieu sait quoi... ce sera toujours ça qui vous mettra au dessus des autres. »

Elle ne lui faisait pas la leçon, n'en avait pas l'intention. A chacun sa vie, ses barrières et ses envies, mais il y avait un homme là devant elle. Et il lui parlait, il la regardait lorsque trop, beaucoup trop choisissaient déjà de l'ignorer. Alors par cette simple preuve de gentillesse, Elsa, trop triste, trop esseulée, avait envie de tout lui offrir, tout lui donner.

Elle se leva, laissant son sac à main sur la chaise et prenant juste la monnaie nécessaire, alla chercher deux nouvelles pintes au comptoir. Presque plaquée au mur, la jeune femme rieuse non loin, elle, se faisait embrasser goulûment par le chanceux du jour, une main prête déjà à lui peloter les seins. Elsa n'était pas mieux qu'elle, cette fille délurée, pas moins bien non plus car leurs royaumes étaient différents. Se glissant entre les chaises et les tables, l'infirmière posa les verres devant Noah.

 « Trinquons à quelque chose, ce sera toujours ça de pris »

Lui, il allumait des incendies par ses yeux et elle, elle possédait le blizzard dans sa voix. Parce que même si Elsa elle-même l'oubliait, la jeune femme avait été élevé par les coups, l'alcool, les menaces et l'abandon. Elle était comme un chien battu peut -être, ni tout à fait sauvage, ni apprivoisé pourtant, et rien jamais ne pourrait être normal avec elle.

 « Voir le monde...Seigneur j'aurais trop peur. Si dans ma propre ville natale je ne parle à personne, ce sera pire ailleurs. Peu importe où l'on va, le monde est laid et certain naissent par erreur quoi qu'on en dise, malgré les morales d'amour et les bons sentiments. Ah, j'ai oublié les cacahuètes... je reviens »

Retour à la case comptoir, retour à sa place, là sur la chaise, le dos bien droit et le bol d'apéritif désormais entre eux. Il n'y avait pas d'état naturel chez cette femme, de détente, de laisser-aller, cela sautait aux yeux. Elsa ne savait pas comment vivre, peu importe le nombre de passion et de sentiment. Il n'y avait jamais eu personne pour lui apprendre, si ce n'est ses propres amis imaginaires et même à eux, elle ne pouvait faire confiance.

Un silence s'installa alors, doux, triste, aussi triste qu'elle car c'était son silence d'oiseau blessé, celui de ses lèvres un peu rouges mais toujours fermées. En ses yeux, des palais peut-être, forteresses de solitude et de froid, pourtant Elsa ne pleurait pas.

 « Si un jour vous arrêtez de vous faire la guerre, revenez me voir. Expliquez moi comment l'on fait.... »

Une dernière exhalation, le mégot que l'on écrase sur le cendrier, une cacahuète vite avalée et des yeux soudain peut-être un peu plus bleus.

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Ven 22 Aoû - 18:01

Noah observait Elsa tandis qu'elle lui répondait, la cigarette toujours au coin de sa bouche, un sourire perceptible sur les lèvres. Pas le genre de femme que l'on baisait? Le blond en doutait vraiment, dans une autre vie, s'il avait véritablement compris la valeur du temps, peut être qu'il aurait pris le temps avec Elsa. Il ne voyait tout simplement pas pourquoi pas elle et plutôt une autre. Les femmes étaient toujours les femmes dans le fond et il ne fallait qu'un homme pour s'arrêter devant l'une d'entre elles et pour décider de lui changer la vie. Noah n'avait pas encore rencontré celle qui lui donnait envie d'arrêter de courir et peut être qu'il ne la rencontrerait jamais. Peut être qu'il s'agissait tout simplement d'un mythe, d'une belle connerie pour que tous les hommes continuent de rêver et qu'ils continuent d'essayer de combler ses créatures qu'ils ne comprenaient pas. Oui, car le facteur de la ville avait beau être doué pour lire les gens comme personne, il n'avait pas la prétention de comprendre les femmes. Pourtant il aurait dit qu'Elsa était simple, elle n'avait pas perçu de fausse note dans ses compliments, ils n'étaient que cela en fait, des compliments, une vérité parmi tant d'autres et peut être que si elle demandait encore aussi gentiment, ou si elle lui piquait une autre cigarette, Noah continuerait de lui dire des vérités. Jusqu'au lever du jour.

Et Noah, faites autant de conneries que vous voulez, vous savez qu'on vous soignera…

C'était plutôt rassurant. Merci pour la permission maman, se retint d'ajouter le suisse, se contentant d'un bref signe de tête, qui signifiait clairement merci. Savait-elle seulement qu'elle venait de condamner les autres? Oh peut être qu'un soir il arriverait celui qui pourrait stopper Noah, lui asséner un violent coup dans la mâchoire et le sonner pour de bon. Peut être. Noah attendait toujours, Noah et ses poings attendaient, avide, désireux d'un peu de sang et d'un peu de chair fraîche. Il n'était pas intelligent, il était violent, stupide et sauvage, alors cela ne servait à rien d'essayer de l'amadouer. Les belles paroles lui glissèrent dessus et il la regarda, recrachant sa fumée par automatisme, pensif. Elle ne l'avait pas percé à jour mais peut être que c'était lui qui voyait de l'espoir pour rien, peut être qu'il se trompait. Il conserva le silence et tandis qu'elle posait une pinte devant lui, il écrasa sa cigarette, esquissa un sourire et but, pensif. Noah n'avait franchement rien à lui dire sur le monde, ils étaient bien mieux ici, ici où on pouvait les oublier, ici où la Mort était présente, prête à tout moment à les caresser, à les délivrer et à les embraser. Il s'essuya la bouche, le coeur lourd, son verre à moitié vide.

"Si un jour j'arrête de faire la guerre c'est que j'aurais trouvé une bonne raison… Mais bon…"Noah haussa les épaules. La raison ne viendra probablement pas, la folie si, la folie si et peut être que lui aussi finirait comme son père, qu'il verrait des monstres et des démons dans le coeur de chaque homme et de chaque femme. Et il ne se précipiterait pas à l'église pour en parler à leur pasteur, non, lui aussi ferait justice et lui aussi tuerait. Ça, c'était un des futurs possibles pour lui, mais il était venu ici, à Dödskalle après avoir entendu l'histoire de Keir, après avoir été mis au courant des rêves. Et Noah voulait juste là, juste une éternité, juste une certitude que tout allait s'arrêter un jour. Il poussa un soupir, fixant Elsa. Il but une autre gorgée de sa bière et poursuivit: "Vous voulez savoir quoi? Je ne pense pas que vous vouliez de mon savoir, ça risquerait de vous détruire, on va dire que j'ai vu le monde pour nous deux, et il suffit de me regarder moi pour comprendre qu'il y a quelque chose qui cloche dans ce monde." Le monde ne produisait que des êtres comme lui, alors pourquoi partir et voyager, autant rester là et ne pas se laisser décourager, et vivre et mourir. Le blond leva son verre, le regard vide.

"Mais trinquons, trinquons à une fin meilleure pour nous deux, ou alors juste pour la fin de Dödskalle, pour la fin de tout."C'était tout ce qui leur restait, l'alcool et la nuit qui s'étendait, juste pour eux. "Si vous n'avez pas vu le monde, ça veut dire que vous n'avez jamais quitté la ville. Vous avez vu des choses intéressantes dans vos rêves ou pas?"  

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Dim 31 Aoû - 0:30

Pouvait elle lui en vouloir de porter au cœur des épines nées du fer de bien trop de batailles ? Ils n'étaient pas proches, ne partageaient rien car l'un avait vu le monde lorsque l'autre ne faisait que le pleurer. Pourtant, quelque chose les liait malgré tout et c'est avec un cri au cœur qu'Elsa comprit. Noah était l'oiseau de passage sans nid pour l'accueillir ou endroit véritable pour se poser et elle, oh elle...un arbre mort, sec, affreux. Un pauvre tronc pouvant à peine lui offrir réconfort pour une heure ou deux en attendant que la foudre frappe pour disparaître enfin. Voilà ce qu'elle serait toujours aux yeux des autres, une chose déjà morte qui jamais ne pourrait fleurir.

 « Pour la fin, oui...nous qui n'avons pas eu de réels débuts. Parfois dans la vie, il n'y a que la mort »

Et, portant le verre à ses lèvres, Elsa se figea . Pâle, muette, un venin sombre lui glaçait les veines à présent. Parce que certaines choses relevaient trop de l'intime pour être discutées, et pourtant... Alors, ravalant un sourire amer et une gorgée d'alcool la jeune femme se décida à parler.

 « Je suis née ici, la dernière chose intéressante que j'ai vu remonte à bien des années même pour un rêve. Elle me tourmente encore »

Mais de nouveau, Elsa se claquemura en elle même, fermant chaque porte de son palais. Noah laissait à penser qu'il était au courant pour les rêves, pour la ville mais quand bien même, Elsa ne se pensait pas assez intéressante pour discuter du sien. Elle baissa les yeux et rougit alors. Sur la table, les mains du géants : grandes, belles, sensuelles. Des doigts bien dessinés, comme on peut en rêver parfois. Elle l'avait vu torse nu aussi et, sous son manteau de glace et d'effroi, la jeune femme s'était demandée ce que cela ferait de coucher avec un homme pareil. Sauf qu'il ne semblait pas fait pour les femmes, trop beau pour ça. Un fantasme, quelque chose auquel rêver la nuit, une main entre les cuisses mais pour de vrai ? Jamais, parce que pour le vrai il fallait les sentiments et Elsa, sans connaître tout, devinait combien Noah était ravagé, lointain.

 « Et vous, vous êtes pressé de rêver ? »

Les hommes comme lui devaient pas forcément mourir vieux et sept ans...Bien sûr, Noah était en ville depuis un petit moment déjà, mais pas assez. Rêveuse, la jeune femme reprit une gorgée de bière, laissant la mousse former une moustache au dessous de son nez.

 « Sept...dans la Bible c'est l'un des chiffre de Dieu, un synonyme d'éternité.... »

Ainsi, devait-on comprendre qu'il fallait vivre une fausse éternité à Dödskalle pour être touché par l'ange de la mort ? Transie jusqu'aux os, elle frissonna. Ce n'était pas des pensées heureuses, tout ça, et la jeune femme avait déjà bien assez l'impression d'être prisonnière sans en rajouter.
Derrière elle, le rire de la fille aux amants lui sembla faux, hystérique, en accord avec ses propres battements de cœur.
Quelque chose se préparait, la ville avait été trop longtemps immobile. Glacée, Elsa ne savait comment prendre cette intuition. Elle aurait aimé avoir d'autres rêves, un don, quelque chose pour l'aider à comprendre et compenser la morosité de sa vie mais non, elle n'était rien de plus qu'une pauvre vieille fille pitoyable.

 « Non je dois être saoule pour parler ainsi, ou folle...les deux peu-être. Oubliez tout cela, oubliez les rêves...Ils n'apportent jamais rien vous comprenez ? Il y a quelque chose de pourri ici, aussi pourri que ce que l'on porte déjà par nature au fond de nous, pour ça que la ville est si...enfin vous comprenez. Cherchez pas des choses intéressantes, on peut plus en avoir »
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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Mer 3 Sep - 15:08

La Mort…
Noah n’était pas venu la chercher à Dödskalle.

Non, il n’était pas venu ici parce qu’il en avait particulièrement envie. Il cherchait juste à fuir sa vie merdique et ses emmerdes, marre de souffrir, marre des questions, marre des fausses justifications… Il était venu s’oublier ici et surtout, ré-apprendre à vivre. Le blond avait prévu d’aller toquer à la porte de Keir et de demander à ce dernier s’il pouvait l’héberger, pour quelques jours, quelques semaines, le temps qu’il se remette les idées en place. La mort était partout et si pendant trop longtemps Noah avait marché dans les pas de cette vieille amie, il y avait dès fois où elle arrivait toujours à le surprendre. Il avait poussé la porte de son appartement, un soir banal, avait allumé la lumière et… Mort, la voilà, elle était là, dans ce corps qui se balançait, cette chaise renversée, ce teint livide, la corde serrée autour du cou, le ventre encore rebondi de celle qui n’allait jamais être mère… Il était resté longtemps à contempler le cadavre de Sera, le choc, lui avait expliqué un des urgentistes, Noah s’était contenté d’hocher la tête, lui seul savait la vérité. Cela n’avait rien avoir avec le choc, pas avec le métier qu’il avait exercé auparavant, il avait habitude de la vue du sang, il connaissait et appréciait l’oder nauséabonde que revêtait parfois les cadavres, il savait reconnaître des lèvres qu’on ne pourrait plus jamais embrasser… Non, c’était autre chose qui l’avait poussé et qui l’avait conduit ici. Besoin de se défaire de cette image tragique de la femme qu’il avait aimé qui avait préféré mettre fin à ses jours plutôt que de donner naissance à son enfant? Sans doute.

Mais pas de Keir, juste des explications confuses et les clés d’une maison. C’était la maison de Noah à présent et son cousin devenait peu à peu un souvenir. Un souvenir que Noah ravivait à chaque fois qu’il se repenchait sur leur échange épistolaire, sa relation avec Keir avait toujours été différente de celle qu’il entretenait avec Sören mais quelque part… Il avait l’impression que Keir le comprenait mieux. « Tout le monde pense que cette ville est pourrie mais je vois quelque chose d’autre ici. » Répondit enfin Noah. Elsa essayait-elle de le mettre en garde? Elle voyait son visage depuis trois ans à présent, peut être qu’elle aurait dû comprendre qu’il était du genre résistant et qu’il n’allait pas fuir au premier évènement qui sortait un peu de l’ordinaire. Il ne cherchait rien d’intéressant, il attendait de faire son rêve et il aviserait en fonction. Quoi que… Ses épaules seraient un peu allégées et peut être qu’il trouverait quelque chose d’utile à faire avec les années qui lui restait. Peur? Peut être qu’il aurait peur, mais c’était le genre de peur qu’il connaissait et avec laquelle il vivait depuis très longtemps. « J’ai encore des lettres de mon cousin, Keir, l’ancien facteur d’ici, il aimait beaucoup ses rues, il se sentait vraiment chez lui ici, je n’irai pas jusque là mais pour l’instant … Je n’ai aucune raison de partir. » Si quelqu’un voulait le mettre en terre, qu’il ne se gêne pas pour le faire et pour le traîner jusqu’à sa tombe, peut être que cela serait réconfortant, peut être que cela serait la fin de tout pour Noah peut être… Le blond poussa un soupir et il termina sa bière, songeant déjà à en commander une autre. La nuit était longue et leur conversation pouvait continuer à s’étendre, Elsa n’avait pas répondu à sa question mais le blond ne pouvait pas l’en blâmer.

Il ne savait pas ce que cela pouvait faire à quelqu’un de faire ce genre de rêve aussi jeune, alors qu’on est encore censé tout ignorer de la vie et de la mort et tout simplement vivre insouciant. Cela faisait forcément quelque chose pas vrai? Le genre de marque que rien, ni même le temps ou les caresses, ne pouvait effacer. Pourquoi si jeune? Pourquoi ici? Pourquoi cette ville? Trop de zones d’ombres et il était certainement trop tard pour s’interroger. « Et je ne suis pas trop inquiet à propos de mes rêves, dans quatre ans… Tout ça sera un peu plus clair et peut être que je partirai moi aussi. » Peut être, peut être pas, rien n’avait d’importance du moment qu’il arrivait au fond de sa pinte de bière pour oublier tout ça, et oublier pendant quelques secondes qu’il n’était pas maître de son destin et que c’était la mort qui régissait tout.

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Lun 8 Sep - 22:51

 « Je me souviens de Keir »

Elle n'a pas pu s'en empêcher, mettre de la chaleur dans sa voix comme l'on pare d'or ses cheveux ou de noir, ses yeux. L'ancien facteur de Dödskalle, oui mais l'ancien ami surtout. Parfois, selon ses horaires, Elsa avait une garde à l'hospice plutôt éprouvante, du début de la nuit jusqu'au lendemain vers midi ou treize heures selon les urgences, les imprévus. Et puis il y avait Keir, son vélo appuyé contre un arbre et sa grande silhouette nonchalante  qui attendait près de la porte. Sa porte à elle, close, un peu en retrait des autres maisons. Il attendait, il l'attendait surtout non pas pour parler de la pluie, du beau temps ou de quoi que ce soit, mais parce qu'Elsa avait du courrier.
Grande lectrice, toujours prête à se jeter à corps perdus dans de nouveaux livres comme d'autres, eux, enchaînent les amants et les coups d'un soir ou d'une éternité, la jeune femme commandait beaucoup par internet. Keir venait les lui livrer, demandant toujours une petite signature, manquant de rater le virage à chaque fois parce que la route était inégale, qu'il y avait ce connard d'arbre mort et que merde, voilà.
Alors, lorsque Elsa ne pouvait pas être là mais qu'il savait qu'il ne la raterait que d'un quart d'heure, une demie heure, une heure même...Il l'attendait, se forçant à finir sa journée plus tard également. Parce qu'Elsa n'avait rien d'autre que ses livres et qu'il respectait cela. Alors de temps en temps il prenait un café sur le pas de la porte, sans jamais entrer parce que non, il a encore des choses à faire, et puis voilà.
Un printemps il avait également apporté un sachet de graines de fleurs sauvages à planter dans les allées.

Keir n'était plus là et désormais, Elsa faisait la queue au bureau de poste et avait à patienter plus de jours que prévus également. Alors oui, l'homme lui manquait même s'ils n'étaient pas amis, il lui manquait parce que sans jamais se chevaucher, leurs deux mondes se répondaient.

 « Il y a des villes bien plus laides, et ici vous trouvez toujours des gens contre lesquels vous battre, des femmes avec qui coucher.... Mais c'est Dödskalle. Je ne vous demande pas de comprendre »

Les rires derrière eux, toujours, pourtant la princesse de la soirée s'était tue désormais. Elsa connaissait ce silence pour l'avoir affronté tant de fois à l'hospice. Alors, lentement elle se retourna pour regarder cette jeune fille jeune, belle, éclatante de poudre et de maquillage, jolie comme seules peuvent l'être les choses artificielles.
Les yeux sont noirs, profonds, prêt à se fermer juste et en même temps prêt à vivre aussi. Le regard papillonne à droite à gauche, reconnaît des visions, des sensations avec la froideur glacée des déjà vu.

 « Cette femme dont vous parliez tout à l'heure, elle va mourir. Ce soir, demain grand maximum mais.... Regardez ses yeux, son sourire. On a tous les mêmes ici, c'est bien beau de jouer les téméraires mais cela n'apporte rien. Vous savez pourquoi ? Parce qu'on s'en fout. »

De nouveau une voix en guillotine, les traits amers et les yeux sévères.

 « Ce ne sera pas plus clair pour vous, juste...différent. Est-ce que vous le supporterez ? Vous détestez les ordres, Noah. Vous rejetez les conseils, vous hurlez et vous mordez les mains tendues, vous prenez juste ce qui vous passe sous le nez et vous vivez votre vie comme personne d'autre ne peut le faire. Pourtant en restant ici on vous donnera l'ordre auquel nul ne peut échapper et vous savez quoi ? Vous vous y plierez et tout, jusqu'aux manières de vivres qui changent, comme pour  éviter... Hé bien vous vous rendrez compte qu'au contraire c'est pour mieux préparer. Si Isaac le fils d'Abraham était si beau et plein de vie, si merveilleux c'est parce qu'il allait mourir et que le destin, en lui accordant toutes ces qualités, l'offrait à la mort comme une vierge s'offre à son mari. Sauf qu'ici, aucune main divine n'arrêtera le cours des choses »

La jeune femme se rappelait d'un couple encore jeune venu pour une échographie. Le mari avait également un kyste considéré comme inquiétant,  mais ils s'en fichaient, ils riaient même. Le crédit pour la nouvelle maison avait été accordé et elle, avec ses beaux yeux et son ventre arrondie, elle ne craignait pas. « C'est juste une petite grosseur vous savez ? Quelque chose de bénin, les médecins lui trouveront rien. Normal c'est moi qui doit le tuer, un coup de fusil dans la tête, pof, et après je retourne le canon dans ma bouche. Il a encore ses cheveux, dans mon rêve alors c'est pas un cancer. Tout va bien ».
Les résultats des examens allaient lui donner raison et le couple repartit, les radios de l'échographie avec eux et le cœur léger, en paix. Parce qu'ils n'avaient pas encore acheté de fusil.

 « Mon dieu j'ai envie de me saouler....même si je ne sais pas comment on fait. Vous me prenez pour une grosse conne hein ? J'vous en voudrais pas si vous partez à une table plus intéressante.... Moi je n'ai que des histoires de morts. »
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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Sam 13 Sep - 0:28

Beaucoup de gens se souvenait de Keir.

Le Diesbach non blond comme Sören l’appelait toujours. C’était vrai, Keir partageait bien la même expression triste et si typique de leur clan mais il avait hérité des traits de sa mère, celle qui avait l’habitude de donner des carrés de chocolat à Noah lorsqu’il était plus jeune, alors que sa grand mère venait de lui dire d’attendre l’heure du repas. Danke, murmurait-il toujours avant d’aller partager son butin avec ses deux cousins. Sören, c’était l’enfant doré de la famille, celui qui rassurait toujours avec son sourire et qui savait quoi dire, quoi faire, on lui prédisait un futur et une carrière brillante, il avait les épaules qu’il fallait pour ça, des qualités que Noah avait toujours admirées. Keir était différent, plus discret que Sören, il avait toujours un sourire aux lèvres néanmoins, il avait toujours un mot doux et se souvenait de tout, il avait une patience folle et Noah savait qu’il était capable de se rappeler de chaque détail de la vie de chacun des habitants de cette ville. Il avait souvent parlé de Dödskalle à Noah dans ses lettres. Avec ses mots, il décrivait la grisaille, un paradis caché sous les nuages cris, des rues sombres et vides qui manquaient de sourire mais que Keir se chargeait d’animer, il parlait de Ces visages tristes qu’il essayait de colorer. Keir aimait son métier, distribuer le courrier lui permettait de rester en contact avec les gens.

Comment faisait-il? Comment faisait cet orphelin qui avait été élevé par ses grands parents, pour garder le moral? Noah se souvenait encore de toute l’affaire, les parents de Keir étaient mort quelques années avant la mère de Noah, l’enfant s’était contenté d’hausser les épaules, disant qu’ils étaient dans un endroit meilleur à présent. Noah se souvenait encore du silence qui avait suivi et des mains qui s’étaient glissés dans celles de Keir. Le blond avait admiré son courage, pas une seule larme n’avait été versé, quand Mia avait été enterrée des années plus tard, Noah avait relevé les épaules et il avait emprunté son expression à son cousin. Lui aussi se souvenait de Keir, admirable et… mort à présent. Noah aurait voulu le voir une dernière fois, il avait toujours répondu à ses lettres, il lui avait parlé des États Unis, il lui avait envoyé une photos de la statue de la liberté en bon touriste, il lui avait parlé de Sera et il lui avait demandé s’il pouvait venir chez lui. Pas de réponse? Tant pis, il y était arrivé à Dödskalle seulement pour être confronté à la grand mère de Keir. Encore un autre disparu mais au moins, Keir avait cru en cette ville, Noah lui la découvrait tout juste.

Trois ans dans cette ville et il pouvait presque la décrire correctement: les gens étaient absent, la bière infecte et le cimetière trop plein. Dödskalle était un animal blessé, trop rafistolé, un bandage autour de la pate, un baiser pour le coeur… Mais un jour, quelqu’un viendrait pour l’abattre  et mettre fin à ses souffrances. Noah ne voulait pas être là le jour où cela arriverait… « Non je ne vous prends pas pour une conne non… » finit par laisser échapper le blond, presque comme un murmure. Ce n’était vraiment pas son genre de se faire une opinion sur les gens, il voyait les gens tels qu’il se montrait à lui, tels qu’il voulait que les monde les voit, et Elsa ne désirait probablement pas qu’on la voit. Peut être qu’elle avait prévu de passer sa vie sur le côté, cachée derrière ses livres, dans le noir sans que personne ne la remarque. Peut être qu’il était arrivé avec les mains dans les poches et sa cigarette à la bouche et qu’il l’avait vue. Il n’avait pas les mots ni le sourire de Keir, il n’avait rien à dire ou à faire pour la rassurer et pour lui faire croire que la prochaine lettre qu’il allait apporter serait meilleure que la précédente. Noah poussa un soupir, contemplant le bout de ses chaussures puis la jeune femme. Elle méritait sûrement un élan d’honnêteté… S’il se rappelait encore comment on faisait. Il se passa une main dans les cheveux, trop agité soudainement, trop agité dans son coeur? Non probablement dans son âme. « Je ne déteste pas les ordres. C’est l’absence de logique qui m’insupporte, l’absence de règles et l’absence de limites. C’est uniquement pour ça que je mords. Croyez moi je sais docile et remuer la queue à mes heures perdues… Et c’est bien précisément ça que je suis venu chercher ici… »  

Ses yeux bleus rencontrèrent un instant ceux d’Elsa, une émotion passant enfin sur le visage du blond, juste un aperçu de ce qu’il était vraiment, juste un aperçu avant de se murer derrière sa bière et sa cigarette, jouant les abrutis, jouant les paumés. Noah aimait le contrôle, il aimait les limites et les interdictions et savoir que s’il ne se pliait pas aux règles, il y aurait des conséquences. C’était simple, c’était plus juste, c’était beau et dans ce cas-là, aucune surprise. Pas d’émotion qui venait tout faire foirer à la dernière minute, pas de fin ratée… Il voulait rêver, il voulait fermer les yeux et regarder ce que la faucheuse avait à lui montrer, il voulait savoir, il voulait retrouver ses barrières… La mort serait une limite assez suffisante pour l’apaiser. « C’est ça que je veux, elle, elle a compris. » Il fit un signe de tête vers le futur cadavre ambulant de la soirée. Les rires forcées et cette silhouette qui dansait, c’était sans doute pour fêter sa dernière soirée ici. Juste encore un tour, peut être le dernier, l’avant dernier, ça n’avait pas d’importance.  « Peut être qu’elle va mourir ce soir, ou demain, ou même dans dix minutes, là, pour le moment, elle est libre… C’est nous les cons à la regarder comme ça et à l’envier, elle, elle a tout compris et même si la mort vient la délivrer… Ça sera plus facile pour elle. »  conclut le blond dans un soupir. « Ou peut être que c’est juste la bière qui parle.»

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Ven 19 Sep - 16:34

 « Remuer la queue, ça je n'en doute pas.... »

Les yeux étaient sévères, comme toujours, mais il y avait le demi sourire, à peine une esquisse. Parce que Noah faisait ce qu'il voulait, du moment que cela n'outrepassait pas ses propres limites, Elsa acceptait. Pas mal de personnes arrivaient encore à la prendre pour une coincée, une pucelle rougissante toujours prête à baisser les yeux. Mais, si Elsa regardait toujours trop haut dans ses propres pensées, ou trop bas à la recherche de son ombre, c'était un mensonge malgré tout. Elle ne couchait avec personne, elle craignait de le faire comme l'on craint la mort mais elle en riait aussi. Lorsque ses collègues racontaient une blague salace, elles baissaient le ton pour ne pas que la jeune femme entende. Pourtant elle riait aux mêmes histoires qu'elle et savait également faire des sous-entendus. A la télé, elle ne zappait pas dès qu'un baiser entre deux protagonistes devenait un peu trop osé et, une fois pour rigoler, Elsa s'était même laissée aller à la lecture du roman arlequin. Une sombre histoire de radiateur, de soutien-gorge arraché et de gros gourdin impossible à prendre en bouche. Le propriétaire dudit gourdin récitait des mots crus avec un accent allemand d'ailleurs, à mourir de rire au point qu'Elsa avait cru devoir changer de culotte.

Prenant garde à ne pas se brûler le doigt par maladresse, Elsa écrasa son mégot sans quitter Noah des yeux. L'homme souffrait mais parvenait à construire son propre équilibre de règles et de chaos. On pouvait envier sa vie, le détester lui mais...
Hé bien, ici il ne tuait personne. Pas encore.
La Morte, celle qui ne l'était pas encore, avait dénoué ses cheveux. Elle était belle, resplendissante, les lèvres rouges et les yeux brillants. Un de ses camarades avait saisit un guitare, un autre un violon et tout de suite la musique se fit entraînante. La Morte dansait, avec ses longues jambes et ses bras fins, et son cavalier changeait sans cesse. Quelques personnes tapèrent des mains, tout était beau. Alors Elsa décida de vivre elle aussi, de comprendre que des cheveux, même en batailles, ne pouvaient toujours rester dans une natte, un chignon ou une queue de cheval. Elle ne comptait pas demander à Noah de sortir son gros gourdin et de l'attacher au radiateur en parlant allemand, mais il y avait une chose qu'ils pouvaient faire à deux, en toute amitié.

Elle aussi, elle détacha ses cheveux, il y eut des éclats de rire mais rien de méchant. Debout près de sa chaise, la jeune femme se tenait droite, pas vraiment souriante mais ses traits transpiraient d'autres choses car il en avait toujours été ainsi.

 « On peu comprendre un peu pour cette nuit, faite moi danser. Sinon tant pis, je demanderai à quelqu'un d'autre mais vous ça serait mieux, je n'aurai pas peur de vous briser le pied en vous marchant dessus. »

Faire quelque chose, danser comme d'autres crachent sur des tombes, danser car cela n'engage à rien si ce n'est un long regard partagé et des mains qui se tiennent. Un contact intime entre inconnus, des jambes qui bougent, de la fatigue et de la sueur mais parce que merde le monde. Il était tard, Elsa savait commencer tôt demain, et alors ? Parce qu'elle avait envie, avec ses secrets et ses solitudes, envie d'être une personne normale juste un peu. Une personne normale, vivante, mortelle.

Dans ses yeux, une flamme différente. Celle de l'ado rêveuse au corps en guerre qui courait à travers les chemins et dansaient avec les ombres, aux bras de ses amis imaginaires. Des fleurs dans les cheveux, des robes mal coupées, toujours récupérées chez la voisine qui avait une fille plus grande parce que comme ça, pas besoin d'acheter, de la terre sur les joues et les ongles en deuils eux aussi, rongés également... Aujourd'hui elle avait le visage propre, lisse, des cheveux sans brindilles et des vêtements à sa taille, mais Elsa se rappelait comment danser.

Brusquement, elle vacilla. La peur, peur d'être ridicule, moche. D'ennuyer. Alors elle baissa les yeux, attendant que Noah l'envoie balader rit un coup et aille plutôt danser avec la Morte au si joli corps, la Morte qui elle au moins valait le coup. Elle se détestait, se haïssait, et tout autour d'eux d'autres couples de danseurs s'enhardissaient eux aussi, mais ils s'aimaient ou tout simplement s'appréciaient alors tout allait bien. Parce que c'était juste pour une nuit, alors un homme avec une alliance valsait avec une femme n'en portant pas.

 « Bon ok oubliez, si vous voulez je peux reprendre deux bières. »

Tais-toi ma fille, tu dois l'ennuyer. Tais-toi, ne parle plus et détourne les yeux, tu n'as pas le droit. Trop bizarre, trop idiote, retourne à tes livres car la vraie vie est pour d'autres. Toi, tu as raté le coche....

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Jeu 25 Sep - 15:08

Il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'Elsa comprenne ce qu'il était venu chercher ici. La grand mère de Keir l'avait dévisagé quand il avait dit vouloir s'installer à Dödskalle, le visage vide de tout expression, ses yeux bleus posés sur ce petit bout de femme que la vie avait abimé. Non, même lui ne comprenait pas vraiment pour être honnête. Il cédait souvent à ses envies, à ses pulsions mais jamais avant le désir de mettre fin à ses jours n'avait été aussi... présent. Surtout après la mort de Sera. Il se sentait juste… de trop, pas vraiment à sa place, il se dégoûtait, il s'écoeurait et il s'était maudit d'avoir osé faire des plans pour le futur alors que son propre gamin ne verrait jamais le jour. Il était mort dans le ventre rebondi de sa mère et très franchement, Noah s'était retenu de ne pas attraper un objet tranchant pour sortir le nourrisson de là et le forcer à rester, le forcer à vivre. Mais il s'était figé, incapable de voir un futur qui n'était pas noir et affreux pour cet enfant. Il savait très bien que tôt ou tard la réalité viendrait le rattraper et qu'il finirait comme son père… Il le savait. Alors autant écraser la vie dans l'oeuf et ne même pas s'autoriser à rêver pas vrai?

Vrai, la vie était simple et autant ne pas l'avoir au final car elle impliquait trop de choix que beaucoup n'était pas en mesure de comprendre. Noah avait rêvé d'une fin, oui, bordel, il avait voulu faire la même chose que sa dernière amante et lutter pour avoir ce précieux oxygène et … mourir, tout simplement mourir bordel. Il était là, en vie, à envier une jeune fille qui ne connaissait probablement rien à la vie et qui n'avait probablement jamais regardé l'horreur dans les yeux comme il l'avait fait lui. Triste, pathétique, Noah pouvait penser à tout un tas d'adjectif pour qualifier sa propre personne et peut être qu'il aurait dû rentrer chez lui et raccompagner Elsa, mais il ne savait plus. Il la regarda se lever et se détacher les cheveux, ses yeux couleur azur suivirent les mèches brunes alors qu'elles retombaient sur les épaules de l'infirmière. Elle formulait enfin un désir de femme et un sourire apparut sur le visage de Noah, pas un sourire moqueur ou de mauvais goût non, c'était presque un sourire d'homme innocent qui se serait laissé séduire par les charmes d'Elsa. À défaut d'observer Timothy de loin… Elle était là, elle était réelle, et il laissa son regard s'attarder sur ses lèvres puis plus bas, remarquant au passage l'absence plus qu'évidente de soutient gorge, sur sa taille fine et sa jupe qui couvrait ses jambes jusqu'au genoux. Oh… Il avait bien du temps à perdre pas vrai?

Noah se leva une minute trop tard, le doute s'étant déjà installé dans l'esprit d'Elsa, il se leva, lentement, prenant le temps d'écraser sa cigarette contre la table et de passer ses mains sur son jean, histoire de se rendre un peu plus présentable. Tant pis, elle aurait affaire au Noah pas coiffé et les trois premiers boutons de sa chemise ouverte. Comme pour la faire taire, il posa une main sur celle plus petite d'Elsa. "On prendra de la bière après… Venez. Et arrêtez de regarder vos pieds, j'estime que mon visage est bien plus intéressant." Il haussa les épaules avant de la tirer, sans ménagement d'ailleurs, vers le coin du bar où le jukebox crachait ses sons et les quelques fêtards se laissaient aller à leur pulsion. C'était un coin pour âmes désespérées, se dit Noah avant de porter son attention sur Elsa. L'air de musique n'était pas particulièrement joyeux, une guitare, des mots profonds. Le blond se passa une main dans les cheveux avant d'attraper les bras d'Elsa et de les passer autour de son cou, ses mains finirent sur les hanches d'Elsa et lentement il les fit bouger en rythme.

Voilà, ce n'était peut être rien, juste un début, mais eux aussi pouvaient être libres.

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Jeu 25 Sep - 22:17

Les mains à ses hanches étaient brûlantes, ruisseaux de feu au creux de ses reins, non pour la pousser au gouffre mais pour la retenir. Un sanglot lui étreignait l gorge, peur profonde d'être ridicule, laide et tant de choses encore. Mais il lui avait dit de regarder son visage, alors Elsa obéit, et dieu que Noah tait beau, à la fois ciel et soleil depuis l'or de ses cheveux jusqu'au bleu de ses yeux. Quelque chose de grave, de hiératique, un principe ancien, celui du chaos même qui semblait sculpter les traits de l'homme, jusqu'à chacune de ses cicatrices.
Et qui était-elle, Elsa, pour le juger ? Lorsqu'il l'a fit doucement tanguer pour prendre la mesure du poids de son corps, la jeune femme se sentit gauche, incapable, et la nausée était là puissante et meurtrière. Il y avait des jolies filles ici, qu'il danse avec elles, mon dieu ! Comme cette petite sirène du conte, Elsa outrepassait ses droits, prétendant à quelque chose qui ne pouvait faire partie de sa vie. Quelque chose d'aussi simple et anonyme que les relations humaines. Et comme la sirène du conte, sans doute connaîtrait-elle le même sort d'éclater en des milliers de petits bulles éphémères jusqu'à disparaître dans l'écume des jours oubliés.

Ce n'était ni un tango, ni une valse entre eux. Pas de schéma défini, rien pour mettre en cage ce drôle de couple plus triste encore qu'une tragédie. Ils tournaient un peu parfois, en rythme toujours. Et leurs jambes trouvaient une certaine harmonie, lorsque la fuite ne restait jamais rien et qu'il n'y avait que les mains pour retenir. Les mains de Noah à ses hanches, et puis ses propres doigts à elle, noués à la nuque de l'homme, l'obligeant à le regarder dans les yeux sans le voir vraiment.

Son esprit vagabondait ailleurs, cheval sauvage qu'Elsa aurait aimé dompter. Lorsque la vérité la frappa, ce fut droit dans le cœur et le coup fut si brutal que la jeune femme en perdit le rythme pour quelques pas, les joues un peu plus blanches, les yeux un peu plus triste. Qui donc pleurerait pour eux, hein ? Alors, lentement soudaine pleine d'une grâce qu'elle avait refusé alors, Elsa se rapprocha de son cavalier, acceptant de partager son intimité, son amitié. Acceptant de répondre et de le regarder.
Parce qu'elle n'avait pas eu d'autre choix que de comprendre : l'homme dansait comme seules dansent les personnes ayant aimé. Mais Noah était seul ici, à Dödskalle... Bien des fois Elsa l'avait entendu flirter avec les autres infirmières de l'hospice, des femmes au bar, des femmes dans la rue, elle aussi une fois, une seule, avant qu'il ne s'éloigne comme un invité poli et courtois. Jusqu'ici Noah se présentait comme un Don Juan de plus, un Casanova aux couleurs fânées alors que pourtant oui, il avait aimé.

Alors, parce qu'ils ne pouvaient faire autrement que se regarder, Elsa posa la question lui brûlant les lèvres. Et tant pis s'il devait la lâcher, se détourner. Tant pis s'il n'accordait aucune réponse car cela était son droit. Tant pis s'il la haïssait, tant mieux peut-être, car ce sentiment Elsa le connaissait.

Tant pis.

 « Comment s'appelait-elle ? »

Des hommes les regardaient eu aussi, comme on le fait des veaux à l'abattoir. Quelques regards s'appesantir sur ses fesses, ses jambes pas plus longues que celles d'autres femmes, et la forme libre de ses seins, souvent devinés sous les pas de danse. Ce n'était pas une séductrice, Elsa.La jupe avait un peu passé de mode, couleurs défraîchis, le chemisier portait une coupe classique, et le soir la jeune femme portait peu de soutiens gorges lorsqu'elle ne travaillait pas, le dieu déjà trop mis en supplice par sa journée de travail. Elle en avait jusqu'à oublié ce détail, et qu'importe qu'on la trouve belle car à ses yeux, elle ne l'était pas.

 « ….Ne vous obligez pas à répondre, je peux pas m'empêcher d'être chiante. Pardon... »
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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Sam 4 Oct - 22:10

Au final, les mains sur les hanches d’Elsa, de la sorte, Noah se disait qu’il n’avait pas dansé avec beaucoup de femmes dans sa vie, non pas que l’exercice était déplaisant… Cela ne lui avait jamais traversé l’esprit, il n’y avait jamais pensé et peut être qu’il aurait dû. Tout simplement exiger le silence et entraîner l’autre juste pour quelques minutes de silence où il n’y avait rien d’autre que le balancement de leur pied et tout était plus simple. Noah avait toujours déteste les femmes qui se sentaient obligés de toujours parler, de toujours dire quelque chose et de remplir les vides et les silences… Peut être qu’il appréciait les vides et les silences et qu’il les préférait ainsi. Qu’on laisse la parole à ceux qui le méritaient et qui avaient des choses à dire vraiment, Noah préférer rester avec les lèvres scellées. C’était mieux, ainsi il se sentait presque un peu plus libre et son esprit ne pouvait pas s’empêcher de vagabonder, de penser à d’autres femmes avec lesquelles il aurait pu danser, d’autres Elsa qui s’effaçaient dans sa mémoire et dont les visages lui apparaissaient clairement à présent…

C’était sans doute car il avait Elsa un peu trop près de lui, si près qu’il voyait avec distinction chacun de ses cils et qu’il aurait même pu lui caresser la joue? Sans doute, peut importe, ses yeux bleus étaient posés sur la jeune femme mais il n’était pas vraiment là. Il pensait à cette inconnue en Pologne, elle avait refusé de lui donner son prénom et une fois qu’elle avait fini de pousser ses cris de plaisir au dessus de Noah, elle avait exigé qu’il parte. Comme s’ils ne venaient pas de partager quelques heures ensemble et comme s’il ne l’avait pas vulnérable. Il n’avait pas cherché à comprendre, il avait attrapé son paquet de cigarettes, son pantalon et il était parti. Chose qu’il avait toujours regretté car il aurait bien voulu avoir un prénom, son prénom, histoire de créer un vrai souvenir, peut être qu’il délirait dans le fond et qu’il imaginait un visage différent à chaque fois. Aucun moyen de le savoir pas vrai? Mais tant pis, elle resterait au fin fond de ce pays détruit, avec sa taille fine et sa poitrine qu’il avait trop caressé.  Tant pis, elle resterait un souvenir, peut être qu’il aurait pu danser avec elle.

Ou peut être qu’il aurait pu danser avec sa maîtresse, elle qui n’avait pas de nom pour une raison, mais elle aurait mené la danse, tout comme elle lui disait de se mettre à genoux ou lorsqu’elle exerçait une autre forme de contrôle sur Noah. La danse aurait sans doute était un peu brutale et peut être qu’il n’aurait pas tenu bon, peut être. Mais au moins il aurait connu les règles et il aurait su où mettre ses mains et il n’aurait eu aucune once d’hésitation. Non, il aurait sans doute dû danser avec Sera. La tenir tout contre lui et lui faire comprendre qui il était vraiment, lui faire voir qu’il n’était pas un monstre et qu’il pouvait apprendre, qu’il pouvait peut être s’occuper d’elle et de leur enfant. Il ne finirait pas comme son père, ça c’était une promesse qu’il aurait pu faire et il aurait pu… Juste la tenir contre lui, au creux de ses bras et lui faire entendre raison pour qu’elle voit que tout allait bien se passer. Il était sûrement déjà trop tard au moment où elle était tombée enceinte, peut être que tous les baisers de Noah l’avait déjà rendu complètement faute, peut être que toutes les femmes que Noah aimait véritablement étaient condamnées à périr de cette façon. Sans qu’il ne puisse absolument rien faire.

La question d’Elsa le ramena à la réalité et ses mains quittèrent ses hanches aussitôt. « Je…. » Pas d’échappatoire possible, Noah n’avait aucune excuse derrière laquelle se cacher. Qui? Quelle femme l’avait rendu ainsi, brisé jusqu’à la moelle, au point qu’il soit en train de s’attacher à son paquet de cigarettes comme si sa vie en dépendait au final, qui? Noah se passa une main dans les cheveux, mal à l’aise pour la première alors qu’Elsa s’excusait. « Ce n’est pas de votre faute, c’est juste que je ne pensais pas être aussi transparent. » Je ne devrais pas être aussi transparent se retint d’ajouter Noah mais soit, ce n’était pas le propos. Il ne pouvait pas répondre, il était pétrifié par la réponse et terrifié à l’idée que ce nom-là puisse franchir ses lèvres. « Je crois que je vais vraiment prendre cette dernière bière, je ne suis plus vraiment d’humeur à danser. »

]Il n’avait pas franchement envie de mentir à Elsa et puis de toute façon. La nuit tirait à sa fin, Noah poussa un soupir et posa ses yeux sur la danseuse du jour. Elle aussi s’était arrêtée, elle regagna un instant son siège et son regard croisa celui de Noah avant que ses yeux ne se ferment et qu’elle tombe sur le sol. Voilà, Elsa avait eu raison. Elle était morte et les hommes autour d’elle était beaucoup trop bourrés pour le remarquer. Noah se retint de cracher sur le sol et retourna à leur table, s’allumer une cigarette, peu soucieux de savoir si Elsa le suivait au final. Il ne lui en voulait pas et il était loin d’être vexé…
C’était juste une nuit un peu trop noire à son goût.

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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Dim 12 Oct - 17:08

Ca y est, elle n'existait plus, vaincue par les fantômes de Noah. Pourtant, malgré sa maladresse, malgré les petits instants de panique, Elsa aurait aimé danser encore un peu. Parce que cela lui plaisait, l'avait rendu heureuse quelques secondes, épanouie presque. Sauf que son avis ne comptait pas. Alors la jeune femme restait debout, seule au milieu du bar, avec cette triste impression d'être trahie, abandonnée. Cela ne se faisait pas, non ? Elle frissonna un peu, les yeux durs, un peu trop peut-être mais cela cela ou bien pleurer. Pleurer de solitude, comme toujours, comme chaque soir depuis des années, à regarder une vie morne, triste, s'écouler loin d'elle. Mon dieu, à ce stade autant se tirer une balle non ?!
Elle n'avait pas aimé, elle. Jamais. Ce qui battait dans sa poitrine était de pierre et d'eau, non de chair et de sang. On y avait planté une épine de glace, une qui ne pourrait jamais fondre. Vingt six ans, que c'est long pour une vie comme celle-ci. Elsa voulait pleurer, regretter, souffrir égoïstement comme Noah le faisait. Ressentir, juste...mais impossible.

Alors la jeune femme tourna les talons jusqu'aux toilettes du bar tandis qu'on appelait une ambulance pour la morte. Elle entendit le fantôme des murmures par dessus son épaule, rien de plus. Les toilettes étaient vides, tristes avec leur odeur de javel et le grand miroir craquelé. De manière presque impertinente, Elsa osa faire face à son reflet. Conneries. Elle se voyait, tout en restant invisible aux yeux des autres, et aucune ombre ne vint la réconforter. La jeune femme ne possédait pas d'amis si ce n'est via sa propre imagination, elle le savait mais ne pouvait rien faire pour changer.
Elle surprenait des regards parfois, de la pitié, beaucoup...mais qui pouvait comprendre ? Partir était une belle chose, certes, surtout lorsque quelqu'un pouvait vous attendre. Elle, elle n'avait jamais eu personne. Sans un soupir, la jeune femme tourna le robinet d'eau froide, plongeant ses mains en dessous. Du savon, beaucoup de savon, et elle frottait, les yeux vides, comme pour enlever toute trace de Noah, de ses mains à lui, de son souffle et de ses yeux. Elle n'avait rien attendu de lui pourtant si ce n'est un peu de sympathie, qu'il l voit tel qu'elle était, non pas l'infirmière froide et sans passions mais la jeune femme excentrique, esseulée qui aimait bien la compagnie quand même et vous bénissait du bout du cœur si vous acceptiez de rire à ses côtés. A sa place, il avait vu un fantôme sans nom, un de son passé sûrement, et Elsa ne pouvait l'aider. Qu'avait-il attendu d'elle, qu'elle lui ouvre les cuisses parce qu'il était le grand, le fort, le beau Noah Diesbach ? Peut-être, mais la jeune femme n'avait voulu que son amitié.
L'amour, mental ou physique, était trop loin d'elle, elle ne le réclamait pas aux autres pas plus qu'elle ne le donnait.

Et voilà, Elsa pleurait. De grosses larmes, elle n'avait pas le chagrin esthétique, jamais. Le bord des yeux un peu rouge, la bouche tordue en un pli amer, il n'y a rien de pire qu'un chagrin solitaire, avec le cœur froid, rocailleux lorsque tant d'autres si près se gorgeaient d'amour et de compassion.
Perdue à nouveau face à son reflet, la jeun femme s'essuya les mains et les glissa dans ses poches. Il y avait quelque chose dedans, un petit tube de rouge à lèvre qu'elle emportait parfois, parce qu'il sentait bon et lui réhydratait la bouche. La couleur restait neutre, elle le perdait moins que ses baumes... Alors, avec des gestes éteints, Elsa le sortit pour s'en mettre un peu. Pas assez, pas lorsque des lèvres servaient à embrasser. Alors elle en remit, jusqu'à ce que le rose/rouge soit synonyme de vie. Ca, le mince trait de crayon noir qu'elle se mettait sur et sous les yeux chaque jour, il n'y avait jamais rien de plus.

Un maquillage léger, transparent, mais comme une armure pour le corps, un masque. Alors elle se sentit un peu plus forte de nouveau. Par la fenêtre, les sirènes de l'ambulance, le brouhaha de la salle principale...le véhicule s'éloignait, emmenant la victime de la soirée et sans doute un de ses amis avec qui ne voudrait pas la laisser. Le problème des gens de garde à l'hospice désormais, elle, elle ne l'était pas.

Une femme entra alors pour se remaquiller elle aussi avec bien plus de couleur qu'Elsa. Etait-ce pour sourire à quelqu'un ? La jeune femme haussa les épaules envers son reflet, toutes ces questions ne l'intéressait pas. Elle passa par le comptoir, paya pour deux bières à nouveau et les ramena à la table partagée avec Noah. Une fois assise, elle croisa les jambes, légèrement tournée de côté, immobile, fermée à tout. Rancunière. Un chagrin, ça ne se montre pas comme ça, trop d'indécence, trop d'égoïsme.

 « Tirez vous une balle, ça ira plus vite. Dommage, je m'amusais...enfin apparemment vous préférez pleurer sur des choses passées. C'est quelque chose que je n'ai jamais compris, ça : le pssé nepeut être changé, autant vivre avec et tant pis pour les bons sentiments. »

Elsa la salope, quelqu'un de la ville avait glissé un mot anonyme comme ça un jour, sur son pare-brise.

 « Vous êtes vraiment une loque... »
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MessageSujet: Re: Give me a woman who loves beer and I will conquer the world — Elsa   Jeu 23 Oct - 20:52

Noah n'était pas le genre d'hommes qui avait des regrets. Il avançait, vivait, se cognait contre les murs, mordait ceux qui osaient s'approcher de lui lors de ses mauvais moments, hurlait quand il avait envie de hurler et il passait à autre chose. Rien à regretter vu qu'il vivait dans l'excès et qu'il n'était que de l'excès et il ne s'arrêtait jamais pour réfléchir. Noah était brutal, maladroit, vexant et cassant parce que selon lui, la vie ne méritait même pas d'être vécue. Pas la peine avec lui, Noah avait toujours su qu'il aurait une fin violente. Soit c'était son père qui l'achevait enfin, de ses propres mains, trop grandes et trop aimantes, ou alors c'était la vie. Ou les femmes qui décidaient d'enfin lui faire payer toutes ses erreurs et de l'effacer de ce monde, ou même l'alcool, ou même la cigarette, son ancien job, son penchant pour la violence... Tout aurait dû stopper Noah, il n'était pas fait pour vivre ici, à cette époque, trop brutal, trop grand, pas assez intelligent.

Il avait une existence facile qu'il se savait ne pas mériter, il s'attendait toujours à ce qu'on lui plonge la tête sous l'eau et pourtant... Il vivait. Il vivait toujours, il respirait, il avançait, il aimait, il avait le coeur brisé... Et il se retrouvait ici, dans ce bar miteux perdu au fin fond du monde à vouloir pleurer et vider son âme tout contre cette femme qui avait vu toutes ses cicatrices. Noah la maudissait elle et ses questions et sa capacité à en voir plus que ce qu'elle ne devait. Pourquoi ne pouvait-elle pas se laisser berner par cette façade et par la clope et sa démarche qui se voulait assurée? Plus rien n'avait de sens ce soir, ça devait être ça, les femmes mourraient au coin de bar et il n'y avait plus de place pour les rêves et les faux semblants. Noah fixa Elsa avec une expression froide et fermée, ne sachant plus quoi dire à présent. La peine, il connaissait, mais c'était sa peine qu'il connaissait, sa douleur, celle des autres? Il ne savait pas gérer. Il osa enfin respirer alors qu'elle s'éloignait, le blond regagnant leur table presque en titubant, ignorant les conversations, ignorant même la morte. Il fit un mouvement vers son paquet de cigarettes mais Noah ne parvint même pas à se dire que cela pouvait être utile. Il avait le coeur qui battait trop fort dans sa poitrine, décidant pas prêt à être confronté à tous ses souvenirs refoulés.

Le blond n'y avait jamais pensé avec une autre femme mais peut être que c'était les grands yeux d'Elsa qui lui rappelait Sera, sans doute, peut être. Il n'avait pas envie de songer à tout ça, la simple mention de ce nom ravivait des souvenirs beaucoup trop douloureux et il revoyait toujours cette corde autour de son cou et son corps qui se balançait... Et il n'avait pas bougé, non Noah n'avait pas bougé, il l'avait simplement contemplé, observant ce corps qui bougeait tout doucement, lentement. Noah avait une furieuse envie de vomir à présent, il ne savait même pas si c'était l'alcool, ses souvenirs ou même la brûlure de ses mains sur les hanches d'Elsa. Ou alors bordel de merde, c'était vraiment l'alcool.

Il agrippa la chaise pour avoir un peu de soutient, se disant que si lui tombait, il n'y aurait vraiment personne pour le rattraper. Elsa réapparut dans son champ de vision, avec encore de l'alcool. Il lui lança un regard noir, la jaugeant, elle et son discours moralisateur. Que connaissait-elle? Avait-elle seulement vécu? Qu'avait-elle comme passé? Elle avait peut être vu ses cicatrices mais elle ne connaissait rien de la nature de son coeur, elle ignorait quel genre d'homme il était et quel genre d'homme il voulait devenir.
"Et vous une femme bien exigeante." commenta simplement le blond, attrapa vraiment cette cigarette. Il était dégoûté au possible, l'alcool n'avait pas eu l'effet désiré et Elsa n'était pas le genre de femmes qu'il pouvait berner. Une soirée presque ratée selon Noah, il n'avait qu'à regagner ses draps et espérer que le soleil se lève le plus vite possible. Le blond se redressa, sur ses deux pieds à présent, il posa une clope devant Elsa, lui jetant un regard qui signifiait clairement que c'était destiné à elle et à ses poumons. Enfin, il sortit de sa poche quelques couronnes suèdoises, ne voulant même pas compter.

"Tenez pour la bière." Il fit glisser une dernière pièce dans sa direction, son index posé dessus. "On parlera de quelque chose de plus joyeux la prochaine fois." Noah tenait à partir sur une bonne note, lui prouver qu'il n'état pas fâché, c'était juste lui l'idiot qui ne pouvait pas se débarrasser de son passé, il en avait parfaitement conscience. "En attendant... Bonne soirée." Et dans un dernier nuage de fumée, le blond s'éclipsa, emportant ses cigarettes et ses rêves brisés.

Fin du sujet

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