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 Safe and Sound — Sanja

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Erre ici depuis : 20/07/2014
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MessageSujet: Safe and Sound — Sanja   Mer 6 Aoû - 14:32


Safe and Sound
Hold on to this lullaby, even when the music's gone.

Tim n’avait qu’une seule certitude : rien ne pouvait lui arriver tandis que ses doigts couraient sur les touches noires et blanches d’un piano. Que la mélodie soit gaie ou mélancolique, le rythme entrainant ou plus calme, Timothy savait qu’il pouvait être en paix dès que la musique venait raisonner au creux de ses oreilles. Le jeune musicien avait d’abord fait ses armes sur l’instrument électronique que son père lui avait offert lorsqu’il était encore enfant, pianotant sans relâche jusqu’à obtenir satisfaction, jusqu’à ce qu’il puisse enfin se précipiter dans le salon pour montrer à ses parents à quel point il avait progressé. À l’époque, Tim n’avait pas d’autre but que de faire naître un sourire rayonnant sur les lèvres de son géniteur, parce qu’il n’y avait rien de plus beau que cela dans le fond, et son petit coeur d’enfant se mettait alors à battre la chamade. Holden Carrington pouvait être fier de son fils et il ne manquait pas de le lui rappeler dès qu’il en avait l’occasion. C’était même probablement les derniers mots qu’il avait prononcé à l’égard de Timothy avant de partir travailler, le matin de sa mort. Ou peut-être que le souvenir était trop distant, trop flou à présent, et que le pianiste avait choisi de ne se rappeler que de cela... Par la suite, Tim avait continué de jouer, désespérément, sans s’accorder de repos, simplement pour se donner l’impression que son père peuplait toujours le monde des vivants, pour le faire perdurer à ses côtés, et puis aussi pour le rejoindre un peu, les notes s’envolant bien plus facilement vers les cieux que les mots qui s’écrasaient au sol pour périr presque aussitôt.

Et puis la vie avait tenté de l’anéantir. Il n’y avait pas d’autre manière de le dire ou de l’expliquer, les choses étaient ainsi et la seule raison pour laquelle Timothy était encore capable de respirer à présent, c’était parce qu’en traversant l’Enfer, il n’avait jamais cessé de jouer, rêvant du jour où il verrait enfin la lumière briller au bout du tunnel sombre qu’était devenue sa propre existence. Tim ne parlait plus, il s’interdisait de faire entendre le son de sa voix à qui que ce soit, mais il partageait malgré tout avec les autres par le biais de quelques notes griffonnées à la hâte sur une partition un peu froissée. Il parvenait à sourire seulement quand il pouvait sentir cette force étrange qui l’habitait soudainement alors qu’il s’exprimait enfin, de cette façon si particulière, si singulière, les yeux clos tandis qu’il ne pensait plus à rien. Et parce que c’était certainement la seule chose qui lui permettait encore de mettre un pied devant l’autre et de continuer à avancer, Tim avait choisi d’en faire son métier. Il y avait de quoi en rire vraiment. C’était un peu comme si on décidait un jour qu’on allait payer ceux qui prenaient un réel plaisir à faire fonctionner leurs poumons ; après tout c’était aussi ridicule que de rémunérer chacune des expirations d’un bon vivant. Mais qu’importe, Timothy avait réussi et il en vivait à présent. Il avait laissé tomber les orchestres symphoniques, les grands concerts, les opéras, les représentations, les dîners mondains où il ne se sentait pas du tout à l’aise et il était arrivé à Dödskalle, presque par hasard, pratiquement sur un coup de tête suite aux rumeurs obscures qui couraient sur la petite ville. Il avait entendu dire qu’ici on pouvait perdre la vie plus facilement qu’ailleurs, que la mort y était plus clémente, et sans y réfléchir à deux fois, il avait déposé ses valises dans ce coin perdu de la Suède pour attendre le moment où on viendrait justement l’emporter.

Un an et un mois s’étaient écoulés. Naturellement, Timothy n’avait pas tardé à trouver du travail, jouant dans le seul restaurant de Dödskalle et donnant de rares leçons aux élèves de l’école. Ses collègues s’étaient habitués à son silence, sa discrétion, sa façon de vouloir passer inaperçu dans n’importe quelle circonstance, la tête souvent baissée pour ne croiser le regard de personne. Il souriait parfois rapidement pour saluer silencieusement ceux avec qui il allait tout de même passer plusieurs heures, mais une fois encore, il ne leur adressait pas la parole, trop concentré sur son piano pour relever la tête avant qu’il ne soit l’heure de fermer le restaurant et de rentrer. Ce soir-là, comme tous les autres, il s’était donc installé paisiblement avant l’arrivée des premiers clients, échauffant ses doigts en les faisant gambader doucement sur l’instrument, les paupières enfin closes, un soupir de contentement lui échappant au passage. Il n’avait pas vu passer l’heure, il n’avait pas remarqué que les minutes s’étaient écoulées dangereusement sans qu’il puisse arrêter la course folle de la trotteuse, son esprit trop occupé à se perdre dans la musique. Mais il fut vite ramené sur terre, la voix tonitruante d’un homme le faisant sursauter pour l’ancrer à nouveau dans la réalité.

Timothy se tourna subitement. « Et qu’est-ce que tu joues toi là, du Mozart ? Du Beethov’ ? » Les joues du pianiste s’embrasèrent, gêné d’être interpellé par un inconnu visiblement trop ivre pour se donner la peine d’articuler, ce qui n’aidait certainement pas Tim à comprendre ce qui pouvait bien se passer puisqu’il ne maitrisait pas encore tout à fait le Suédois. Mais l’homme semblait particulièrement insistant, se levant avec sa bière à la main, s’approchant du piano, forçant Tim à se lever si rapidement que son tabouret tomba dans la précipitation. « Je vais te montrer comment on joue moi tu vas voir. » Timothy n’osait plus rien dire ou faire, paralysé, tétanisé par la peur, incapable d’appeler du renfort.

Le pianiste s’était leurré. Même lorsqu’il jouait, il n’était jamais en sécurité. La paix n'était tout simplement pas faite pour lui.

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Tim & Jerry
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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Jeu 7 Aoû - 11:26


Safe & Sound
Tim & Sanja



La soirée est plutôt bonne pour un jour de semaine. Une quinzaine de tables, et quelques habitués au bar. Le gros des plats ont été envoyés, et je peux enfin souffler un peu. Je laisse les deux commis s’occuper des premiers desserts qui ont été commandés, pendant que je file dans la chambre froide faire un rapide inventaire des fruits et des légumes restants. Le souci avec ce trou perdu : les délais de livraison qui font que si je manque une commande, si j’oublie un détail ou un ingrédient, c’est un plat entier que je vais devoir ôter de la carte pendant plusieurs jours. Et ça m’est arrivé assez souvent pour que je m’en sois assez mordu les doigts. Quelques minutes plus tard, je retourne dans les cuisines et je demande à mon équipe si tout se passe bien. Je rattrape vite fait une sauce qui était trop liquide, et empêche un filet de cabillaud d’être carbonisé avant de jeter un coup d’œil à la salle. Maintenant que le coup de feu est passé, j’entends enfin un peu de la musique que joue Tim.

Ce type est un mystère, et je ne comprends toujours pas pourquoi un pianiste aussi doué que lui est venu s’enterrer dans ce trou perdu. Vraiment. Il pourrait faire tellement de choses, donner des récitals, jouer dans des salles prestigieuses tout autour du monde, et pourtant il a choisi de rester ici. Et de bosser dans mon restaurant. Je vais pas me plaindre, sa présence douce et tranquille ajoute un peu de charme et de raffinement à ma petite entreprise, et pourtant, à chaque fois j’ai l’impression de gâcher son talent, en le reléguant à une bande son pour des mangeurs pressés et bruyants. J’appelle discrètement le serveur par le passe-plat et lui demande d’aller apporter quelque chose à boire à notre musicien, avant de retourner aux fourneaux. J’inspecte les desserts qui sont envoyés, m’occupe de deux ou trois autres petites choses, retrouvant le bruit des casseroles qui s'entrechoquent et entreprends de lancer les dernières commandes. Au son des « Oui chef ! » je souris légèrement et circule entre les plans de travail. J’ai vraiment eu de la chance de trouver mon équipe, vu le peu de candidats susceptibles de s’exiler dans une pseudo Sibérie, goulags en moins. Ils sont sérieux et motivés, et ça c’est rare dans ce milieu.

C’est à ce moment que mon serveur passe la tête dans la cuisine et me cherche du regard.

- Chef ?
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Y’a un client qui cherche des emmerdes à Tim.
- Ok, j’arrive.


Mes lèvres se pincent alors que je marche d’un pas déterminé vers la salle. S’il y a bien une chose que je supporte pas, c’est qu’on s’attaque à un de mes employés. Ils consacrent suffisamment de temps et d’énergie à m’aider à faire tourner la boutique, pour qu’on aille en plus leur chercher des noises. C’est mon côté louve qui ressort. Comme me disait ma mère, je deviens féroce quand on menace ceux que j’aime. Pendant longtemps c’était ma sœur, mais depuis qu’elle n’est plus là, j’ai reporté mon instinct de protection sur mon équipe, et sur Tim peut-être encore plus que sur les autres. Pourquoi ? J’en sais rien. Parce qu’il est doux et fragile, et qu’il ne montre jamais une once de colère ou d’agressivité. Je pousse la porte et m’approche du piano. En une seconde, je sens que la situation peut dégénérer si on n’y fait pas attention. Tim est debout près du piano, l’air visiblement inquiet et perdu. J'en ai presque mal à voir l'expression de son visage. C'est quelqu'un de si doux et paisible, alors une situation comme ça et quelque chose qui le bouleverse totalement. Le tabouret est renversé et un type qui se tient pas vraiment droit tente de jouer, une bière à la main. Un silence de mort règne dans la salle, et tous les regards sont tournés vers eux.

D’abord Tim. Je pose ma main sur son épaule, et je lui fais un petit signe de tête pour lui dire que tout va bien, et que je prends les choses en main. Puis je m’approche du type bourré. Ma voix est calme, pour l’instant.

-Monsieur. Les clients ne sont pas autorisés à utiliser le piano. Laissez-donc notre pianiste continuer à assurer l’ambiance musicale pendant que vous prenez votre dessert, hein ?

Je reste plantée près de lui et j’attends sa réaction.

(c) AMIANTE


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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Ven 8 Aoû - 23:46

Pour une raison qu’il ne pouvait pas expliquer, la présence de Sanja avait toujours rassuré Tim. Sans doute parce qu’elle était une femme et qu’il ne les craignait pas autant que les êtres du même sexe que lui. Ou peut-être était-ce autre chose, l’éclat dans son regard ou bien encore sa démarche qui donnait l’impression à Tim qu’il pouvait lui faire confiance. Oui, l’impression. Le pianiste avait beau avoir des intuitions, il savait pertinemment que les apparences étaient trompeuses la plupart du temps et qu’il ne fallait se fier à rien ni personne. Son oncle avait été le premier à lui faire réaliser à quel point il ne pouvait se permettre de compter sur les autres, jamais, peu importait les circonstances. Sa propre famille avait tenté de le détruire de la manière la plus odieuse qui soit, et Tim n’avait tout simplement pas réussi à se reconstruire. Évidemment, il était encore debout, il respirait comme tout le monde, il foulait la terre de son pas faible et fragile, il caressait les touches des pianos qui se trouvaient à sa portée, mais il ne prononçait pas un mot, il ne croisait pas les regards, il avançait tête baissée comme s’il priait pour que la terre s’ouvre sous ses pas afin qu’il puisse s’allonger dans les entrailles de la terre et ne plus jamais remonter à la surface.

Alors forcément, quand une brute épaisse imbibée d’alcool s’était adressée à lui de la manière la plus déplacée et abrupte qui soit, les mains de Timothy s’étaient mises à trembler et son coeur s’était emballé sans qu’il puisse parvenir à se raisonner d’une quelconque manière. Il se contentait de rester debout, comme il l’avait toujours fait, après tout c’était suffisant pour faire croire au monde entier qu’il était encore vivant, pas vrai ? Le pianiste reculait lentement, laissant l’inconnu accaparer l’espace qui ne lui appartenait pourtant pas, se réfugiant près du mur, cherchant une issue de secours du regard, une porte suffisamment près de lui pour qu’il n’ait pas à passer trop près de cet homme ou même encore des clients qui observaient la scène silencieusement. Tim détestait ce silence. Celui de la honte, celui de la crainte, celui qui paralysait. Celui qu’il vivait au quotidien et dont personne ne lui avait jamais appris à se débarrasser. On avait tenté vainement de délier sa langue à grands renforts de questions ou de séances avec des psychologues, on avait même fini par lui apprendre le langage des signes pour qu’il communique avec les autres, mais personne ne s’était penché vers lui pour lui dire qu’il avait le droit de répondre et de parler, que ce qu’il avait à dire était tout aussi légitime que le reste des propos que les passants tenaient, que ses discours pouvaient être crédibles et qu’on allait l’écouter. On l’avait forcé, on l’avait contraint, on l’avait secoué dans tous les sens pour obtenir le moindre son en échange, pour le sortir de son mutisme, mais cela n’avait pas suffit et à présent, il constatait à quel point le silence pouvait être un fardeau quand debout face à la salle, personne n’osa protester ou bouger.

À part Sanja qui arrivait, la tête haute et le pas déterminé. Tim osa à peine relever la tête, la suivant simplement du regard, ses joues toujours marquée et chauffée par la honte et la peur qui l’avaient soudainement embrasé suite à cet incident. Il se sentait coupable et ridicule, incapable de régler ses problèmes par ses propres moyens, contraint de faire appel à une tierce personne qui viendrait lui prêter main forte. Timothy détestait d’avoir à se rendre compte à quel point il était faible, à quel point il était dépendant des autres alors qu’il faisait tout ce qui était en son pouvoir afin de ne pas l'être et ainsi ne pas avoir à revivre l’enfer qu’il avait subit durant tant d’années. Sanja posa une main sur son épaule et Tim évita une fois de plus son regard, trop honteux d’être aussi inutile et de ne pas correspondre à ce qu’on attendait véritablement d’un homme. La présence de sa supérieur le rassurait néanmoins, ce n’était sûrement pas elle qu’il cherchait à rejeter en tournant ainsi la tête. Mais le musicien ne pouvait pas se supporter et il avait toute la peine du monde à accepter que quelqu’un sur cette terre puisse néanmoins le trouver suffisamment important pour prendre sa défense. Il fallait bien avouer qu’on l’avait habitué à bien pire...

La directrice de l’établissement fit une remarque à l’homme alcoolisé qui continuait de boire sa bière en enfonçant brutalement les touches du piano, ce dernier se tournant aussitôt vers elle, brandissant son verre comme s’il s’agissait d’une arme, renversant au passage un peu de son breuvage sur le sol, son regard ancré dans celui de la jeune femme. « Ouais bah on m’a toujours dit que le client était roi. » Tim recula encore davantage, courbant les épaules et cherchant à se faire le plus discret possible, rêvant d’être finalement assez petit pour pouvoir déguerpir sans qu’on puisse le remarquer. « Et puis quand vous aurez fini de vous prendre au sérieux, il joue pas si bien que ça le blond là. Vous êtes trop coincés aussi. » Timothy ne maitrisait pas suffisamment le suédois pour tout comprendre mais il avait saisi l’essentiel, se demandant déjà s’il allait être capable de revenir travailler après une telle altercation. Ce n’était rien pour le commun des mortels. Pour Tim, qui n’était plus grand chose, cette scène avait été vécue comme une véritable agression, et il ne parvint à reprendre sa respiration qu’à l’instant même où l’homme tourna nonchalamment les talons pour aller laisser trainer quelques billets sur la table qu’il avait occupé avant de sortir en claquant la porte du restaurant, rouspétant inlassablement.

Tremblant de la tête aux pieds, Timothy était à deux doigts de se laisser glisser contre le mur, priant pour que Sanja ne l’invite pas à reprendre son poste immédiatement, incapable de faire semblant quand tout son corps semblait sur le point de s’effondrer. Il la suppliait du regard, et il espérait de tout coeur qu’elle parviendrait à entendre son appel inaudible.

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Tim & Jerry
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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Dim 10 Aoû - 10:21


Safe & Sound
Tim & Sanja



Tout avait si bien commencé, et c’est à ce genre de soirée que je me rends compte à quel point tout ce qui peut très bien se passer peur partir en vrille en moins d’une seconde. Ce soir à cause d’un con. Dans ma vie à cause d’un simple coup de fil. Enfin, quand mon serveur est venu me chercher, j’ai senti en moins d’une seconde le dragon au fond de moi qui s’est réveillé, prêt à cracher des flammes. Mon esprit de louve. Ce restaurant est loin d’être gastronomique, c’est un petit établissement dans un trou perdu, mais c’est MON restaurant. Dans MON trou perdu. La seule chose qui arrive encore à me faire me lever le matin et à mettre un pied devant l’autre. Alors quand on ose toucher à un seul membre de mon staff, je vois rouge. Surtout quand la « victime » est Tim.

A l’instant où je l’ai vu, quelque chose m’a poussé à l’aider. Il émanait de lui de la souffrance, beaucoup de souffrance, et il était complètement perdu. La première fois où je l’ai vu arriver, j’ai eu l’impression de voir un oisillon entrer dans mon restaurant. Ou un chaton perdu. Son regard se promenait nerveusement sur cet endroit qu’il découvrait, et j’ai vu une lueur s’allumer dans ses yeux seulement au moment où il a aperçu le vieux piano dans un coin. Il appartenait à la tante Gerti et je me rappelle que mes parents l’avaient mis ici simplement pour faire joli, et parce qu’on n’avait plus de place à la maison. Il l’a regardé longtemps, avant de me demander d’une toute petite voix, à peine un murmure, s’il y avait déjà quelqu’un qui jouait pour le restaurant. J’ai mis une seconde à comprendre de quoi il parlait, avant de percuter : il me parlait d’être payé pour jouer. L’idée ne m’avait même pas traversé l’esprit un instant, d’utiliser le piano pour l’ambiance. Pour moi, ça avait toujours été de la déco, et personne avait joué dessus depuis des siècles et des siècles. Venant de n’importe qui d’autre, j’aurais ri, enfin, si j’étais encore capable de rire, et j’aurais dit qu’on n’était pas dans un de ces restaus classes de Paris, pour avoir un pianiste attitré. Sauf que ce que j’ai lu dans ses yeux m’a fait y réfléchir. Le sentiment que je ferais plus que de lui trouver un travail en l’engageant.

Alors j’ai appelé un accordeur de piano que j’ai fait venir de la ville voisine, et j’ai décidé de réduire ma paye à moi pour pouvoir lui dégager un petit quelque chose. De toute façon, j’ai pas besoin de grand-chose. Un toit au-dessus de ma tête, quelques fringues, du chauffage l’hiver et de quoi m’occuper de Takk. Le reste, c’est vraiment superflu. Et si ça pouvait l’aider lui… Au final, je regrette pas mon « geste ». L’entendre me plaît, et plaît aux gens. La ville est petite, alors voir un concert, pour beaucoup, c’est juste l’évènement du siècle. Pas mal de gens viennent voir Tim comme on va à l’opéra, un vrai spectacle. Et ça a donné un peu de prestige à mon restau. Sauf que là, ce crétin bourré est en train de tout foutre par terre. Je sors, visage neutre mais bouillant de rage, encore plus quand je vois Tim paniqué et perdu. Etre au piano est une des seules choses où il a l’air d’être bien. A l’aise, et dans son élément. Alors si mes clients se mettent à l’agresser même quand il fait ça, j’ai vraiment peur pour lui. Je tente de raisonner le type sans provoquer d’esclandre, attendant sa réaction pour savoir quoi faire ensuite. Tout le monde nous regarde, c’est pas le moment de merder.

Mes poings se serrent quand je vois qu’il est en train de foutre sa bière partout, et je me penche vers lui quand il dit que le client est roi. La goutte d’eau.
Je murmure à son oreille, assez bas pour qu’il soit le seul à m’entendre.

Le client est roi, mais si vous continuez votre cirque c’est vos joyaux de la couronne que je vais arracher. On est bien d’accord ? Maintenant vous vous levez et vous partez. Vite.

Il grogne et marmonne, mais finit enfin par quitter le piano et disparaît quelques minutes plus tard. Je soupire de soulagement : et d’un drame empêché, un. Mon serveur s’approche de moi et je lui donne quelques consignes en murmurant.

Ok, tu nettoies ça et ensuite tu montes une caisse de champagne pas trop cher de la réserve d’accord ? Merci.

Je tente de sourire et m’adresse cette fois à l’ensemble de mes convives.

Mesdames et messieurs. Veuillez nous excuser pour ce petit incident. Pour la peine nous vous offrons à chacun une coupe de champagne, qui va vous être servie bientôt. Bonne fin de soirée.

Certains applaudissent et je les remercie d’un signe de tête avant de me tourner vers Tim. Il est encore un peu secoué par ce qu’il s’est passé. Je m’approche de lui et lui parle d’une voix douce, en anglais.

Hey… It’s over Timmy. He’s gone. You know what? Go and relax in my office ok? I’ll be there in a few minutes.

Je passe mon bras autour de son épaule et le ramène vers les cuisines, comme une poule ramène ses poussins. J’ai peur qu’il le prenne mal, mais je peux pas m’empêcher de vouloir l’aider, et le protéger. Alors qu’on s’éloigne, les conversations reprennent, avec le tintement des verres et les bruit des couverts. Rien que ça c’est réconfortant. Une fois dans la partie staff, je le suis du regard alors qu’il s’éloigne et je termine de superviser les desserts et les dernières commandes. Du coin de l’œil, je vois mon serveur distribuer le champagne. Des sourires satisfaits. Des gens qui trinquent. On a évité la catastrophe. Heureusement toutes les tables ont quasiment terminé, et les premières additions sont demandées au serveur. Je peux souffler, enfin.

J’arrive dans mon bureau et je m’assieds en face de Tim.

Do you feel okay ? This guy was such a drunk douche… don’t worry about him ok ?


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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Jeu 14 Aoû - 16:36

Pratiquement un an auparavant, peu de temps après avoir posé ses valises dans un petit appartement de Dödskalle, Timothy avait commencé à chercher du travail. Même s’il était arrivé ici dans le seul but d’attendre que la fin vienne s’emparer de lui, il refusait de patienter sagement les bras croisés afin de ne pas devenir fou. Alors il avait fait le tour de la ville, son curriculum vitae sous le bras, le regard inquiet, toquant à la moindre porte en espérant susciter l’intérêt d’un potentiel employeur. Mais personne n’avait de temps à lui accorder, et certainement pas de poste ou d’argent à lui offrir. Au bout de quelques semaines, il avait fini par se résigner en se disant qu’une place de serveur dans le restaurant de la ville pourrait être une bonne chose et que cela lui permettrait sans doute de briser sa carapace et de rompre avec sa timidité légendaire. À aucun moment le musicien ne s’attendait à ce que son regard ne s’attarde soudainement sur un piano, tellement remué par cette vision que quelques mots lui avaient échappé dans un souffle, des propos dans une langue qui n’était pas la sienne et qui ne voulaient sûrement pas dire grand chose. Mais peu lui importait en vérité, du moment que la propriétaire des lieux voulaient bien l’autoriser à jouer, sans même parler d’être rémunéré. Son périple avait été long et laborieux depuis Stockholm, depuis qu’il avait dit adieu à son ancienne vie, celle des grands hôtels, des soirées mondaines et des grands concerts où il se sentait encore plus seul que lorsqu’il arpentait les rues désertes de Dödskalle… Et même si la directrice avait refusé son offre, il l’aurait au moins priée de le laisser jouer l’espace d’un instant pour arracher quelques notes à l’instrument à l’abandon, ce coin de paradis dans cet enfer. Sanja avait accepté, et depuis ce jour-là, les prunelles bleues de Timothy n'avaient cessé de briller à chaque fois qu’il croisait le regard de la jeune femme, lui témoignant sa reconnaissance en étant toujours à l’heure et en trouvant à chaque fois de nouvelles mélodies, composant parfois des morceaux en songeant à Sanja, celle qui lui avait tendu la main. Serait-il capable un jour de lui avouer qu’il avait écrit bien des morceaux pour la remercier ? Certainement pas. Il aurait trop peur qu’elle le prenne pour un fou, un pervers ou un obsédé de la pire espèce et il refusait de prendre ce risque. Ses doigts continuaient simplement de courir sur les touches du piano pour lui témoigner sa gratitude en espérant qu’elle entendrait un jour ce qu’il était incapable de lui dire.

Timothy n’aurait jamais pensé une seule seconde qu’elle puisse à nouveau lui venir en aide. Après tout, c’était évident, seul le plus bourru et le plus abject des patrons ne serait pas venu à la rescousse de Tim dans une telle situation, mais pour le jeune homme, les choses ne semblaient pas aussi simples ou évidentes, bien au contraire. Il avait l’habitude qu’on ne fasse pas attention à lui. Sa propre mère avait choisi de rester aveugle, même face à la souffrance de son fils, simplement parce qu’elle avait trop peur de finir seule et qu’elle ne pouvait simplement plus se passer de la présence de son frère, lui qui les avait aidé à se reconstruire après la mort du père de Timothy. Elle l’avait vu pourtant, à de maintes reprises, en train d’ajouter des ingrédients pas vraiment comestibles à la soupe de son fils, et elle n’avait rien dit. Elle n’avait pas bougé. Parce qu’elle savait que son frère, ce bourreau, serait présent pour la réconforter le jour où sa folie finirait par emporter Timothy. Ce criminel pourrait sécher ses larmes. Alors elle le laissait faire, se voilant la face, niant les horreurs qui se produisaient pourtant sous son toit, allant jusqu’à se convaincre que son fils méritait d’être traité de la sorte. Et si sa propre mère était persuadée d’une telle chose, le reste du monde devait sans doute l’être aussi.

En voyant Sanja s’approcher de lui pour s’assurer qu’il allait bien, il eut d’abord un léger mouvement de recul, apeuré, prêt à fuir, priant pour qu’elle ne lui reproche pas d’être à l’origine de tout ce grabuge maintenant que son client avait déserté. Le regard rivé sur ses chaussures, il avait l’air d’un enfant qu’on menaçait de mettre au coin s’il ne changeait pas de comportement sur le champs. Mais la voix de Sanja était douce et bienveillante, elle ne lui voulait certainement aucun mal, pas vrai ? Pourtant, ce surnom sur ses lèvres. Timmy. Elle ne savait pas, elle ne pouvait pas se douter à quel point Timothy détestait qu’on l’appelle ainsi s’il ne lui avait tout simplement jamais fait remarquer par le passé. Le jeune homme avait l’impression de suffoquer à chaque fois qu’il entendait ce surnom dans la bouche de quelqu'un d’autre, mais il avait malheureusement finit par s’y faire et préférant se concentrer sur autre chose, il laissa le bras de Sanja passer autour de ses épaules sans opposer de résistance. Il la regardait simplement, le souffle coupé, son regard brillant toujours du même éclat, ce petit scintillement qui ne quittait pas ses yeux à chaque fois qu’il observait la jeune femme. Elle était belle, forte mais douce à la fois. Elle était tout ce que Timothy n’était pas. Lui était brisé, fragile et timide.

Le pianiste avait rejoint le bureau de sa supérieure par ses propres moyens, ne sachant pas vraiment s’il devait s’asseoir ou si elle allait revenir rapidement. Préférant tout de même la première option, surtout parce que les émotions qui l’avaient remué durant ces dernières minutes commençaient à peser lourdement sur ses épaules, il se releva cependant lorsque Sanja finit par le rejoindre dans son bureau, par politesse, par respect pour celle à qui il devait beaucoup. Il attendit qu’elle soit installée à son tour pour regagner son propre siège, son regard fuyant toujours, peu habitué et déstabilisé à l’idée d’établir un contact visuel avec qui que ce soit. Il hocha rapidement la tête pour affirmer qu’il allait bien, songeant au passage à d’autres insultes qui pourraient qualifier le client à qui ils avaient eut à faire. Naturellement, il les garda pour lui, non seulement parce qu’il n’était pas plus à l’aise à l’oral que dix secondes auparavant, mais aussi parce qu’il savait pertinemment que les autres ne pouvaient se résoudre à l’imaginer en train de proférer ce genre d’injures.

Sentant ses joues s’embraser de nouveau, il prit la parole dans un murmure à peine audible pour faire part d’un détail important qu’il n’avait jamais osé lui confier jusqu’ici afin que cela n’accapare plus la moindre de ses pensées. « Please, call me Tim. Please. » Le blondinet ne disait pas cela dans le but de tisser des liens avec sa patronne, il prenait surtout soin de ne pas raviver les horreurs du passé en autorisant les autres à l’affubler du même surnom que son bourreau lui avait autrefois trouvé.

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Tim & Jerry
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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Dim 17 Aoû - 7:40


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J’ai mal pour Tim, à voir la détresse dans son regard, et la panique. On vient de bousculer son univers, et il est complètement perdu. Attention, je ne vois pas Tim comme un attardé, mais simplement comme quelqu’un qui a l’air de traîner de sacrées casseroles. Le genre de personne qui a besoin de se reconstruire. Et, quelque chose en moi me dit que je joue un rôle là-dedans, même tout petit.

Heureusement l’incident est vite oublié. Pour peu qu’on leur offre une nouvelle occasion de parler, les gens tournent vite la page, et du champagne gratuit est un bon moyen. Je ramène Tim dans les cuisines, le laisse seul quelques minutes le temps d’expédier les dernières commandes en cours, et je viens le trouver dans mon petit royaume. Il se lève, comme un gamin pris en faute, son regard vissé sur ses pieds, sur ses mains, enfin, partout sauf sur moi. Je commence à lui demander s’il va bien, et il se contente de hocher la tête, évitant encore mon regard. Enfin il parle. A peine un murmure s’échappe de ses lèvres fines, mais c’est déjà ça.

A mon tour de hocher la tête quand il me demande de l’appeler Tim, et pas Timmy. Je sens que j’ai touché un point sensible, alors je m’empresse de corriger tout ça.

Oh, okay. Let’s go for Tim. Are you sure everything’s fine? It wasn’t your fault. Not at all. Let me tell you something : if it would have been me, he would be spitting his teeth on the floor right now.

J’essaie de sourire, et surtout, de le faire sourire lui. De dire n’importe quelle bêtise qui lui ferait lui changer les idées. Et puis l’illumination. Je pose ma main sur la sienne et pose enfin mon regard dans le sien.

Oh, I know what we’re gonna do right now. Follow me Tim!

Je lui fais signe de me suivre et on retourne dans les cuisines. En cas de coup dur, manger quelque chose de bon est toujours un remède universel. Enfin, ça marche pour moi, alors pourquoi pas pour lui ? Je pose une brioche à la française, au beurre, et faite par mes soins devant lui, et lui tends un couteau à pain.

Would you slice it please? While I prepare the rest? Thanks. I think you’re gonna like what I’ll cook for us.

Je mets du sucre dans une assiette, du lait dans une autre, et des jaunes d’œuf dans la troisième. J’attrape les tranches de brioche que je pane dans l’œuf, le lait et le sucre avant de les mettre dans une poêle beurrée. Bientôt, une délicieuse odeur de caramel s’élève dans la cuisine. Tout en surveillant mon plat, je désigne la porte de la chambre froide.

Could you bring back a bottle of milk and some eggs ?


Quand une tranche est bien dorée, je la dépose sur une assiette, et en quelques minutes, une petite pile appétissante se dresse dans le plat. Et avec ce qu’il ramène, je prépare vite fait un lait de poule, rajoutant un tout petit peu de rhum. J’attrape le plat, deux fourchettes et le laisse prendre les tasses de lait chaud et sucré, avant de revenir dans mon bureau. Je m’installe, lui tends une fourchette et plante la mienne dans une tranche croustillante.

It’s a french recipy called « pain perdu ». Not complicated but delicious. Sometimes they eat this for breakfeast. Hope you’ll enjoy this.

Je prends ma tasse de lait de poule, que je fais tinter contre la sienne.

Cheers Tim. Everything is fine. We’re gonna eat this, relax, and having a nice time. Ok?


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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Lun 25 Aoû - 23:05

Le problème de Tim, c’était qu’il n’avait tout simplement jamais choisi d’être timide ou introverti. Non, au contraire, avant que la vie ne s’acharne sur lui, il était ce genre de gamin plein d’énergie et pimpant, espiègle au point d’arracher quelques soupirs à ses parents harassés par la petite tornade qui avait élu domicile sous leur propre toit. Ils s’étaient posé la question l’espace d’un instant, les Carrington s’étaient demandé s’ils voulaient faire le nécessaire pour avoir un deuxième enfant. Mais Holden et Lisa s’étaient alors tourné vers leur fils aîné pour l’observer et il n’avait même pas été nécessaire d’en dire davantage, un seul regard suffisant pour qu’ils parviennent à se comprendre. Ils n’avaient pas besoin d’une bouche supplémentaire quand celle qu’ils avaient mise au monde ne cessait de bavarder toute la journée, narrant des milliers d’histoires dont ils ne pourraient pourtant jamais se lasser. Puis les années étaient passées et la mort avait embarqué Holden dans sa folie, et on avait demandé à Timothy de se taire une première fois, de ne pas se revolter, de ne plus évoquer son géniteur dans la moindre conversation quand il crevait d’envie de le rendre immortel en lui rendant hommage par la parole. La voix de Tim s’était essoufflée, ses murmures se faisant de plus en plus rare jusqu’à ce que son oncle décide de les accaparer, de réduire Tim à l’état de victime, lui arrachant les dernières expirations qu’il refusait pourtant de partager. Voilà comment Timothy avait fini par être muet, par la force des choses, parce que ce qu’il avait à dire n’avait aucune sorte d’importance et n’apportait rien au reste de l’humanité et encore moins à son propre entourage.

Le pianiste se détestait pour cela. Pour ses lèvres scellées qu’il ne parvenait pas à décoller dans la plupart des situations. Même lorsqu’il s’agissait de se défendre, d’élever la voix pour essayer de faire constater au monde entier qu’il était en danger, les sons restaient étouffés dans le fond de sa gorge. Si l’un de ses collègues ne s’était pas chargé de prévenir Sanja quelques minutes auparavant, où serait-il à présent ? Sans doute roulé en boule dans un coin de la salle de restaurant, cherchant une issue de secours ou un trou dans lequel il aurait pu se terrer jusqu’à la fin des temps. Il se serait mis à pleurer sans doute, les seules larmes qui lui restait et qu’il n’avait pas encore versé, seule plainte qu’il se serait finalement autorisé, en prenant garde néanmoins de ne pas faire trop de bruit afin de ne pas alarmer ou alerter qui que ce soit. Il aurait fini par rentrer chez lui, au milieu de la nuit peut-être, quand il aurait retrouvé suffisamment de courage pour que ses jambes le ramènent jusque dans son appartement, et il se serait laissé tomber sur le sol sans même attendre d’être dans sa chambre, le dos plaqué contre la porte, le visage blotti entre ses mains moites et tremblantes. Timothy se serait maudit si personne n’avait eu la présence d’esprit d’intervenir. Il aurait pleuré devant son miroir, crachant au passage quelques injures à l’égard de son reflet, se retenant de briser la glace qui lui faisait face, bouillonnant de haine, anéanti par la tristesse. Il savait pertinemment qu’il n’avait pas suffisamment de force, même pour se détruire. Combien de tentatives avait-il à son actif ? Le musicien avait fini par cesser de compter, les souvenirs de ses échecs passés étant bien trop douloureux. C’était devenu monnaie courante au point que même sa mère ne se déplaçait plus jusqu'à son chevet lorsque le personnel d’un nouvel hôpital tentait de la joindre, jugeant que son fils cherchait encore bêtement à attirer l’attention, rétorquant qu’elle en avait assez de ses caprices et de ses états d'âmes. Peut-être ferait-elle l’effort de venir jusqu’à Dödskalle le jour où on finirait par enterrer Timothy pour de bon, après l'avoir retrouvé inconscient sur le parquet grinçant de sa demeure ? Tim en doutait fortement, songeant que personne n’aurait la présence d’esprit de contacter son entourage.

Ainsi, Tim patienta jusqu’à ce que Sanja reprenne la parole, silencieux, immobile, le regard toujours un peu fuyant, embarrassé par sa propre lâcheté. La jeune femme le rassurait pourtant, lui affirmant qu'il n'était pas responsable de ce qui venait tout juste de se produire au sein de l'établissement. Pour une raison qu’il n’aurait su expliquer clairement, il avait néanmoins la sensation que sa supérieure avait tort sur ce point, convaincu que sa seule présence était déjà une raison suffisante pour en agacer certains. Il sourit cependant, un ricanement lui échappant sans même qu’il ait véritablement le temps de réaliser qu’il souriait. Ses yeux se plongèrent finalement dans ceux de la brune, la main de cette dernière se posant sur la sienne, et soudainement, le coeur de Timothy se fit plus léger. C’était un peu comme s’il réalisait pour la première fois de sa vie qu’il pouvait être écouté sans même avoir besoin de parler.

Sanja se relevait déjà, se dirigeant vers les cuisines, et si Tim fut d’abord désarçonné, l’enthousiasme et le dynamisme de sa patronne ne manquèrent pas d’être communicatifs et il effectua les tâches que Sanja lui confiait avec soin pour ne pas gâcher la recette et tenter de faire ses preuves derrières les fourneaux, ne trouvant pas de meilleur moyen de la remercier que de lui prêter une oreille attentive, studieuse et appliquée. Il fallait bien avouer que Timothy avait perdu l’habitude de cuisinier, abonné aux biscuits secs dont il raffolait et qu’il consommait en quantité industrielle, mais la recette fut plutôt simple et rapide et pas moins appétissante. Une fois de retour dans le bureau de Sanja, Tim regagna sa place, se dandinant sur son siège, n’ayant toujours pas prononcé un mot, offrant un sourire ou un hochement de tête approbateur pour toute réponse. Alléché par l’odeur du met que la jeune femme venait de préparer, Timothy se laissa tenter par une première bouchée un peu timide, ses prunelles bleues s’illuminant lorsque ses papilles furent réveillées par le goût sucré. « Delicious, indeed. », dit-il dans un murmure, son sourire n’ayant pas quitté ses lèvres. Se sentait-il pourtant capable d’avaler une part entière ? Rien n’était moins sûr, et le pianiste ne voulait pas franchement pas tenter le diable. S’éclaircissant la gorge, il sentit ses joues s’embraser quand il se risqua enfin à parler plus distinctement. « Thank you. For… Well, for everything. »

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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Jeu 28 Aoû - 15:39


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J’abandonne le gouvernail de mon navire maintenant qu’il n’est plus dans la tempête. Mon chef de salle et l’autre cuisinier sauront largement envoyer les quelques derniers desserts qui seront commandés, et encaisser les clients qui sont encore là. Alors je m’accorde une pause, et j’accorde surtout une pause à Tim. Le pauvre a été secoué, et je sens qu’il a besoin de se changer les idées. Je sais que j’ai tendance à être encore plus protectrice envers lui qu’envers les autres membres de mon équipe, mais la différence tient dans le fait que lui, ne saurait pas se défendre. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais ça a dû être sacrément moche pour qu’il se comporte en permanence comme un animal traqué, avec cette lueur d’inquiétude dans le regard. J’aimerais l’aider, mais je ne veux pas le forcer à me parler. J’espère qu’il me voit comme son amie, mais je suis aussi sa patronne, et ça doit pas être facile de se confier dans ces conditions, surtout qu’il n’a pas l’air du genre de garçon qui s’épanche pour le moindre vague à l’âme. Alors je me tiens prête, au cas où il déciderait de s’ouvrir. De me parler. D’entrouvrir un tout petit peu la porte qui mène à de noirs souvenirs, j’imagine.

Enfin, le faire s’activer semble l’empêcher de repenser à ce qui s’est passé, et je le vois penché sur la brioche, coupant de belles tranches avec lenteur et application. Et c’est avec un grand sérieux qu’il me ramène ce que je lui ai demandé de la chambre froide. Il me regarde faire pour la suite, muet comme à son habitude, mais les yeux rivés sur la casserole et mes mains qui font un aller-retour entre les assiettes pour napper les tranches, et la casserole d’où s’échappe une divine odeur de caramel. Dans un sens, la cuisine a le même effet sur moi. De me faire tout oublier quand on est en plein coup de feu et qu’il faut surveiller la cuisson d’une sauce à la seconde près, gérer les commandes et les sorties des plats, toute l’effervescence d’un service complet. De mettre le souvenir de ma sœur de côté, pour un temps, en occupant mes mains et mon esprit dans la farine, le poisson, les nappages et la chapelure.

J’enchaîne sur la boisson chaude, histoire de jouer la carte du réconfort jusqu’au bout, et il n’a toujours prononcé aucun mot alors qu’on s’installe dans mon bureau pour manger ce qu’on vient de préparer. Il est encore sur la réserve, alors je pose doucement ma main sur la sienne. J’ai peur qu’il le prenne mal, qu’il ne s’effarouche, mais non, il sourit, légèrement, et je sens ses épaules se détendre. Comme si on lui ôtait un poids. On attaque notre monticule caramélisé, et je vois qu’il a l’air d’apprécier. Enfin une parole. Un compliment murmuré du bout des lèvres. Pas parce que ça lui arrache la gueule. Juste parce que c’est difficile. Je souris légèrement, et hoche la tête.

Thanks Tim. But it’s not a big deal. It’s so good and so simple but…Swedish people…are not very open minded when it’s about food… They don’t order what they don’t know. And they freak out when there’s no fish in their meal…

C’est vrai, les suédois soit clairement frileux à propos de la bouffe. J’ai tenté plusieurs fois de mettre des plats français, italiens ou suisses, que j’ai testés au cours de mes voyages, mais à part quelques rares courageux, la majorité voulait du traditionnel, du rassurant, du bien connu. Désespérant par moments, mais au moins Tim apprécie. C’est déjà ça. Je me souviens même plus quand j’ai cuisiné pour moi pour la dernière fois… En général, après le service, je grignote du pain et du fromage, et je m’écroule devant la télé ou avec un bouquin, Takk sur mes genoux. Je sors de mes pensées quand il se racle la gorge et souris quand il me remercie. Ca aussi, je l’ai plus fait depuis longtemps. En général Tim et moi on fait que se croiser, et on a rarement eu le temps de discuter comme ce soir.

You’re welcome dear. Remind me to put a board « No douchebags allowed » on the frontdoor okay?

Je mange encore quelque bouchées de notre festin, et après une gorgée de lait de poule je le regarde, et demande d’une petite voix curieuse.

Oh, by the way… We don't have such moments, to talk together, very often... But...are you okay? I mean here, in Dödskalle...


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HRP : Désolée c'est pas super super long, mais j'avais pas envie de faire du remplissage pour rien ^^
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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Mer 3 Sep - 14:38

Un rire s’échappa des lèvres de Tim sans qu’il ne puisse véritablement le retenir ou le contrôler. Après tout, la jeune femme n’avait pas tort, même s’il doutait qu’une simple pancarte à l’entrée du restaurant soit suffisamment convaincante pour empêcher les crétins de venir s’installer à une table. Et même si Timothy n’avait pas vraiment pris le temps de découvrir la ville depuis qu’il était arrivé un an auparavant, il avait la très nette impression que les rues de Dödskalle n’étaient pas particulièrement bien fréquentées. Cela sautait même aux yeux. Pas étonnant que les quelques rumeurs qui courraient sur la municipalité se soient peu à peu répandues comme une trainée de poudre pour finalement parvenir jusqu’aux oreilles de Timothy. Il suffisait simplement de passer quelques jours dans la ville pour se rendre compte et pour que l’évidence soit immanquable. Quelque chose ne tournait définitivement pas rond par ici. Le pianiste était encore incapable de savoir quoi exactement, et il n’était pas particulièrement pressé de le découvrir pour l’instant mais il savait bien que tôt au tard, il finirait par se réveiller lui aussi et par se rendre compte. Peut-être qu’il aurait du songer à faire ses valises et à reprendre la route pour Stockholm avant que tout ne s’envenime, surtout après tout ce qui s’était produit ce soir. Peut-être que l’altercation avec cet homme dans le restaurant n’était en fait qu’un avertissement, une prolepse censée le mettre en garde. Alors évidemment, Timothy se doutait bien que de simples pancartes n’aideraient en rien mais il se demandait malgré tout s’il ne ferait pas mieux de s’en mettre une autour du cou dès maintenant pour inciter ce genre de personne à l’éviter au maximum. Cette pensée le fit sourire mais il enterra la remarque au fin fond de sa gorge, incapable de parler aussi librement pour l’instant.

Mais Sanja reprit alors, lui demandant justement s’il se sentait bien à Dödskalle. Il fallait bien avouer qu’il était un peu dérouté par les ruelles sombres, le temps maussade, les visages fermés, les quelques regards en biais, les endroits de la ville littéralement à l’abandon qu’il cherchait à éviter comme la peste. Entre le restaurant et son appartement, Timothy n’avait pas pris la peine de s’égarer dans les parages, se risquant rarement à aller faire quelques courses dans l’épicerie de la place publique avant de presser le pas pour regagner son cocon, seul endroit où il se sentait plus ou moins en sécurité dans cette ville pour le moins étrange. Il n’adressait évidemment la parole à personne, se réfugiant dans le bar du coin lorsque la pluie menaçait de s’abattre sur lui avant qu’il ait eu le temps de rentrer, n’ayant plus rien d’autre à faire qu’attendre que le ciel se calme, s’armant de patience et se concentrant sur tout ce qui pouvait être rassurant afin de ne pas se mettre à paniquer. Oui, il y avait vraiment quelque chose de bizarre qui se passait dans cette ville, mais puisque Timothy n’avait pas la force d’ouvrir la bouche pour former de véritables phrases et questionner les habitants sur tout ce qui pouvait se tramer par ici, il était toujours complètement ignorant, même après avoir passé une année à Dödskalle. Alors est-ce qu’il s’y sentait bien au final ? Il y avait des hauts et des bas, comme partout ailleurs dans le monde, comme à chaque fois qu’il avait posé ses affaires dans une ville suffisamment longtemps pour s’y sentir citoyen. Mais ici, il avait la sensation qu’il atteignait enfin son but. Son but troublant et macabre. Il pouvait voir la mort partout ici, il avait la sensation qu’elle avait élu domicile dans la petite bourgade suédoise. Timothy l’avait cherchée pendant des années, espérant qu’elle viendrait un jour frapper à sa porte pour venir l’embarquer et qu’il puisse enfin reposer en paix. Mais aussi stupide que cela puisse paraitre, il passait maintenant son temps à la fuir. Le pianiste semblait tellement proche du but, de son but, que l’idée de pouvoir enfin y arriver l’effrayait plus qu’autre chose et il lui arrivait parfois de se dire qu’il ferait mieux de repartir avant que cette ville ne le happe et ne fasse plus qu’une seule bouchée de lui.

Timothy entrouvrit les lèvres timidement, observant Sanja, ses joues se teintant à nouveau d’un léger voile rose bien malgré lui. Il n’était pas prêt à parler si librement. En tout cas pas de vive voix. Il lui fallait du temps, et même si elle était sa patronne et qu’ils avaient eu l’occasion d’échanger quelques mots très brièvement au cours de l’année qui s’était écoulée, il ne se sentait pas de taille à affronter une véritable conversation à coeur ouvert. Gardant ses mots pour lui, il soupira, jetant un rapide coup d’oeil vers ses doigts qui s’entremêlaient devant lui, se disant qu’il aurait pu au moins faire un effort pour elle, surtout après tout ce qu’elle venait de faire pour lui. Il aurait pu essayer de s’exprimer par le langage des signes mais il savait pertinemment que la jeune femme ne le comprendrait pas, ou en tout cas qu’ils allaient perdre un temps fou à essayer de s’entendre. Une autre solution s’offrait pourtant à eux. Relevant la tête vers sa supérieure, Timothy montra l’une de ses paumes ouverte bien à plat devant lui, le doigt de son autre main venant caresser l’intérieur de sa jumelle en faisant mine d’écrire. « Pen, please ? », murmura-t-il simplement pour accompagner ses gestes. Il avait l’air ridicule, il le savait. Qui était incapable de parler au point d’avoir besoin d’un papier et d’un crayon pour s’exprimer librement ? Mais Sanja lui tendit ce qu’il avait timidement réclamé, ses lèvres bougeant une dernière fois pour la remercier dans un soupir, avant de s’armer de son stylo et d’écrire les mots qu’il aurait du être capable de prononcer.

Weird city. Kind of scary to be honest. But I guess I’m doing fine so far.
Have you always lived here ?
 

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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Mar 9 Sep - 9:25


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Petit à petit, le calme envahit le restaurant. Les carillons de la porte s’espacent avant de se taire tout à fait, j’entends moins de rire, moins d’éclats de voix. Puis je reconnais le bruit des chaises qu’on déplace et qu’on monte sur les tables, le chariot à vaisselle qui amène tout ce qui restait encore en salle, à la cuisine. La fermeture. J’avoue que j’aime bien ces moments, même si je suis en général totalement crevée. Retrouver le silence après des heures de bruit, entre les conversations, les casseroles, la vaisselle, les ordres aboyés etc. Là j’ai l’impression que le monde n’existe plus en dehors de mon petit univers ici, dans mon restaurant. Ma bulle.

Sauf que ce soir, je partage ma bulle avec Tim, qui a besoin d’un peu de réconfort après s’être fait secouer par cet espèce de camionneur bourré. En plus, je me rends compte que j’ai jamais cuisiné pour Tim avant. Je lui faisais parfois envoyer un dessert, ou une entrée, mais c’était toujours quelque chose au menu, jamais quelque chose de préparé juste pour lui. Je suis contente de voir qu’il aime mon pain perdu. Un des rares à apprécier la bonne cuisine française, on dirait. Maintenant que j’y pense, il faudrait que j’organise des dîners avec des gens que j’apprécie, où je pourrais servir un menu que j’aurais imaginé. Selon mes envies. Je garde l’idée dans un coin de mon esprit et tente de réconforter mon pianiste à coups de caramel et de beurre frais.

Je l’entends rire. Il a un rire léger, un rire de petit garçon, à peine audible. Un peu comme une éclaircie dans ses yeux pleins de nuage. Et dans un sens, je suis contente de lui accorder cette petite parenthèse, après ce qui s’est passé. J’essaie ensuite de changer de sujet, de faire oublier sa mésaventure, alors je parle de la ville. Ma ville. Jusqu’à mon départ, j’avais connu que Dödskalle. C’était mon univers, qui se limitait aux forêts entourant le patelin, et aux quelques excursions jusqu’à la mer que mes parents organisaient de temps en temps. Je ne pouvais même pas dire si j’aimais ma ville ou pas : c’était chez moi, un point c’est tout. On peut pas critiquer quand on a pas connu autre chose. Et puis j’étais partie. J’avais vu le monde, découvert un festival de couleurs, de saveurs, d’architectures et de modes de vies. Alors, quand j’étais revenue, je m’étais rendue compte à quel point la ville était minuscule et triste. Fade. Comme du pain sans sel.

Sauf que ma sœur était tombée malade, et je suis rentrée. Je l’ai accompagnée jusqu’au bout, et maintenant qu’elle est morte, c’est comme si je ne pouvais plus partir. Comme si partir, c’était l’abandonner une nouvelle fois. Un lien qui me rattache dans cette ville. J’entends Tim qui répond timidement à ma question, me demandant un carnet et un stylo. J’attrape ça entre deux bouchées de pain perdu, les lèvres maculées de caramel, avant de les lui tendre.

Pendant qu’il écrit, je me demande ce qu’il a bien pu subir pour qu’il ait tellement de difficultés à parler, à s’exprimer. Le truc le plus basique. Surtout qu’il a pas été blessé, et qu’il peut parler. Mais… je sais pas, c’est comme si parler était pas la façon de communiquer avec laquelle il était plus à l’aise. Pas comme le piano, à qui il faisait dire ce qu’il voulait. Peu importe, ça a dû être moche. La feuille glisse devant moi et je parcours les lignes noircies. Je hoche la tête en lisant sa remarque sur le fait que ce bled est bizarre. Foutrement bizarre.

Course… one of the weirdest… It’s cool if you succeeded in fitting here. There’s not a town for anyone. You stand living here or you leave. That’s all. And… yeah, I was born here. But I left when I was eighteen. I traveled around Europe for a few years before coming back here. And I decided to run the restaurant. My parents owned the place, and when they retired, I wanted to give this place a kind of… rebirth. Sometimes I dream I go back in France. It’s so beautiful there… Have you ever been in France?

Je termine ma tasse de lait de poule et finis ma dernière bouchée de pain perdu, avant de reprendre le fil.

And you… you come from England right ? That’s where you learned the piano?


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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Lun 6 Oct - 11:30

Timothy aurait sans doute pu écouter Sanja pendant des heures. Le jeune homme buvait littéralement ses paroles et il aurait aimé pouvoir lui poser mille questions sur ses voyages pour en apprendre davantage, mais il restait muet malgré tout, son regard scintillant faisant la conversation pour lui. Il avait sans doute l’air d’un gamin émerveillé par les récits fantastiques de son interlocutrice, lui qui tentait de s’imaginer en train de déambuler dans les rues de Paris ou d’ailleurs, sans se soucier de rien. Tim aussi avait voyagé. Avant d’atterrir dans un coin paumé de la Suède, il était resté quelques temps à Stockholm. Bien entendu, il avait eu l’occasion de visiter l’Angleterre à de maintes reprises, faisant un petit détour en Irlande au passage. Il avait posé ses valises en France pour quelques nuits seulement, pour un congrès important qu’il ne pouvait pas se permettre de louper, avant de repartir dans la foulée pour une autre capitale européenne où il avait encore brillé par son talent. Le musicien n’était pas spécialement connu pour le commun des mortels, mais il avait réussi à se faire un nom dans le milieu, sa maigre notoriété lui permettant également de composer pour des films anglais un peu étranges qu’il n’avait d’ailleurs jamais pris la peine de regarder. Bien sûr, le tout lui avait permis de faire gonfler son compte en banque et même si son salaire actuel ne correspondait même pas au tiers de ce qu’il touchait d’ordinaire, Tim n’avait pas véritablement besoin de s’inquiéter de ces choses-là. En vérité, s’il continuait de travailler, c’était uniquement par passion mais aussi et surtout pour ne pas tourner en rond dans son appartement et devenir fou. Car le jeune homme se connaissait suffisamment : s’il n’avait aucune raison de sortir, alors il restait enfermé chez lui jusqu’à la fin des temps.

Néanmoins, Timothy n’était pas du genre à se vanter de ses voyages. Il ne considérait pas non plus que c’était ce que Sanja faisait, bien au contraire. Après tout, il lui avait posé la question et il était très intéressé par ses réponses. Mais Timothy avait le plus grand mal à parler de lui. Il avait d’ailleurs toute la peine du monde à émettre le moindre son, et il se serait maudit s’il avait ouvert la bouche pour évoquer les rares villes qu’il avait pris la peine de visiter avant d’habiter à Dödskalle. Il ne voulait pas paraitre prétentieux ou hautain, et il n’était pas envisageable qu’il puisse se mettre en avant d’une quelconque manière. Non vraiment, Tim détestait attirer l’attention et il évitait justement de le faire en discutant de ses éventuelles qualités avec une personne de son entourage. Il préférait largement s’intéresser aux autres et à ce qu’ils pourraient bien lui transmettre ou lui apprendre.

Ravi d’avoir trouvé une excuse pour délaisser son pain perdu au passage, il s’arma une nouvelle fois de son papier et de son stylo pour continuer d’écrire. Pourquoi continuait-il de noircir le papier quand il aurait pu se contenter de lui répondre de vive voix ? Ce n’était pas comme si la directrice de l’établissement avait tout fait pour le mettre à l’aise… Elle l’avait tirée d’une mauvaise passe, l’avait mis à l’abris dans son bureau, lui avait préparé un délicieux dessert et s’exprimait dans sa langue maternelle à chaque fois qu’elle s’adressait à lui pour le mettre encore plus à l’aise. Certains auraient pu se permettre de dire que Timothy faisait simplement son intéressant, mais encore une fois, il n’en était rien et le pianiste agissait par peur de déranger et par pure timidité.

I’ve been once or twice in Paris but I only stayed for a couple of days. But tell me more about France. Where did you stay? How was it?

Il hocha la tête en entendant la deuxième question de Sanja, un joli sourire se dessinant sur ses lèvres.

Yes, that’s where I was born. And I learned the piano at Cambridge University.

Inutile d’écrire un roman et de faire part du fait qu’il avait appris à jouer bien avant de rejoindre les rangs de la prestigieuse université anglaise, ses joues rougissaient déjà suffisamment comme cela…

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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Ven 17 Oct - 8:44


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Tim & Sanja



Je me reprochais de ne jamais avoir pris du temps pour Tim. Depuis mon retour, je nageais dans un tel brouillard poisseux que ça m’arrivait parfois de ne pas vraiment faire gaffe aux gens qui m’entouraient. Mes journées défilaient en mode zombie, en me réveillant, m’habillant, passant mes heures au restau, ou au cimetière, avec ma sœur. Tellement de peine que j’avais du mal à envisager quelque chose d’autre que la mienne.C’était comme Yngve, que j’avais à peine croisé depuis mon retour au pays. Quand Tim m’avait demandé un boulot, j’avais été émue, et touchée sur le coup, et je lui avais tout de suite proposé de venir jouer chez moi. Au restaurant. Mais après, ma routine du boulot, les jours et les services qui s’enchaînaient, avaient fait que je ne m’étais plus trop posée de questions. Je le surveillais, appréciais sa musique, et veillais sur lui un peu à ma manière, à savoir en lui faisant envoyer de bonnes choses, et en espérant qu’il soit bien, au calme, à l’abri, les heures qu’il passait ici. Enfin, il fallait croire que c’était pas toujours réussi, vu le scandale de ce soir.

Mine de rien, ça avait été une piqûre de rappel, pour me rappeler un peu les responsabilités que je m’étais données envers Tim, même si je lui devais rien. Alors sur le coup, la seule façon de le faire aller mieux, ça avait été de le gaver de brioche, de beurre et de caramel. Ma façon à moi de remonter le moral aux autres, vu que je suis pas si douée que ça avec les mots, et encore moins douée avec mon propre chagrin.

On discute de nos vies maintenant, et je le sens fasciné par ce que je raconte de mon périple en Europe. Son regard s’illumine, il est curieux et intéressé. C’est bien, je suis contente d’arriver à le faire penser à autre chose. Il griffone rapidement sur le calepin, comme si sa pensée dépassait la vitesse de sa main, et il me le tend, avide d’en savoir plus.

Oh, I love Paris, but it’s not my favourite city. I’ve been wandering all over the country. Two months in Lille, three at Strasbourg, one in Lyon. Then I decided to move by the sea, and I go to Britain : Brest, Island of Ré. I went South : Périgord, Nice, Bordeaux… I was really surprised to see so many differences between all those cities, in a country that’s so small. Different lifestyles, different ways of speaking, thinking, eating… I’ve seen the half-timbering houses in Alsace, with the windows covered with pretty geraniums, and the amazing dishes they serve there. I’ve discovered all the ruins of medieval castles in Sarlat. Everytime they want to shoot a movie in the medieval era, they go there. It’s so preserverd, it’s impressive. I harvested grapes and fruits, I was a cook, a waitress… Everytime I moved, it was exciting to start everything from scratch. A brand new beginning… But I don’t want to bother you sweetie…I can bring the photos if you like…

Je termine mon lait de poule, et hoche doucement la tête. Je joue un peu avec ma fourchette et le reste de caramel sur l’assiette, avant d’oser lever les yeux vers lui et sourire timidement.

I…want to apologize. I know you work here for a while but… I never took the time to chat like this with you. You know, open heart style. I took the fact you were okay for granted and… I’m sorry I didn’t… care enough about you… I just want you to know that… you can talk to me, if you need to. Or if you simply want to. Whenever you want…

Pour dissiper mon malaise, je lui demande de me parler de lui, au moins un petit peu. Il griffonne encore à propos de son passé. Cambridge. Mazette. Enfin, ça me surprend pas tant que ça. Timothy est discret, élégant et raffiné. Dans le plus pur style de ces vieilles universités millénaires. Et je le vois tellement bien dans ces vieux amphis de bois sombre éclairés par des vitraux du Moyen-Age.

So, tell me. Why here ? Why Dodskälle? It’s a fuckin’ weird place, so why a talented boy like you decided to become an ermit in this lost town?


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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Lun 3 Nov - 13:52

Timothy aurait souhaité pouvoir fermer les yeux et écouter Sanja parler de ses voyages pendant des heures. En vérité, tout lui allait du moment qu’il pouvait tendre l’oreille et qu’il avait la sensation d’être loin d’ici. Pas seulement de Dödskalle, non, c’était une évasion plus lointaine encore. Une sorte d’issue de secours au coeur de son quotidien qui était loin d’être fade ou ennuyeux mais qui s’avérait plutôt pesant pour ses épaules trop faibles qui avaient décidé de renoncer depuis bien longtemps déjà… Tim ne touchait plus à son pain perdu, pour des raisons évidentes. Il avait toute la peine du monde à se nourrir en temps normal, alors la tâche semblait d’autant plus compliquée lorsqu’il était en présence de quelqu’un d’autre. Malgré tout, il avait fait un véritable effort et il avait fait honneur à Sanja en dégustant quelques bouchées. À présent, il était pendu à ses lèvres et c’était un met bien différent qui le nourrissait, un ravissement pour l’âme. Un fin sourire illumina brièvement le visage du jeune homme aux boucles blondes qui s’émerveillait à la simple évocation de toutes ces villes de France qu’il ne connaissait pas et qu’il aurait très certainement été incapable de placer sur une carte. Tant pis après tout, ces récits se suffisaient à eux-mêmes et s’il avait eu la force d’ouvrir la bouche dans la seconde qui avait suivit, il aurait sûrement bombardé sa supérieure de questions sur les nombreuses découvertes qu’elle avait pu faire au cours de ses voyages. Il préférait l’écouter plutôt que d’avoir à subir ses propres pensées, des songes bien trop tristes pour qu’ils soient un jour partagés. Au moins, en discutant avec Sanja, il avait l’impression de ne plus être enfermé…

Le musicien s’apprêtait à écrire à nouveau afin de faire part à la jeune femme de son intérêt pour les photos qu’elle proposait de lui apporter, avant de relever la tête lorsqu’elle reprit la parole. Sanja semblait plutôt gênée. Ou peut-être était-ce Timothy qui avait passé trop de temps à l’être pour les autres qu’il finissait par se dire que tout le monde était comme lui ? Dans tous les cas, il n’eut pas le temps d’y réfléchir à deux fois, à nouveau concentré sur les paroles de son interlocutrice qui s’excusait de ne pas avoir pris le temps de lui parler avant ce soir-là. Pour toute réponse, Tim s’était d’abord sentit rougir, sa main s’immobilisant sur le papier comme si ce qu’elle venait de dire était inespéré. En réalité, le pianiste ne comprenait pas vraiment. Il n’était pas habitué à ce qu’on s’attarde sur lui, il n’avait jamais souhaité attiré l’attention de qui que ce soit. L’idée de venir faire son boulot avant de disparaitre dans les ruelles sombres de Dödskalle jusqu’au lendemain lui convenait parfaitement, alors Sanja n’avait strictement aucune raison de s’en vouloir. Et quand bien même cette ville avait l’air lugubre et hostile, Timothy n’avait de cesse de constater que les habitants de la petite bourgade suédoise étaient sans doute plus humains que ceux qu’il avait côtoyé jusqu’ici. On ne s’était encore jamais excusé de ne pas avoir fait attention à lui. Non, vraiment, Tim avait pris l’habitude de se dire qu’il n’était pas réellement nécessaire ou qu’il n’avait strictement aucun intérêt à faire entendre le son de sa voix si le monde autour de lui refusait de l’écouter. Il n’y croyait tellement pas qu’il se mit à douter, l’espace d’une seconde seulement, redoutant que Sanja se mette à parler en ces termes simplement parce qu’elle avait pitié de lui et de sa faiblesse évidente. Néanmoins le jeune homme chassa rapidement cette idée, et pour la première fois depuis longtemps, il hésita à prendre la parole. Parce qu’il lui devait au moins ça. À elle, qui l’avait défendu. À elle, qui pensait avoir mal agit en ne lui accordant pas plus de temps que cela en dehors du travail alors que c’était précisément ce qu’il avait cherché à éviter en restant systématiquement dans son coin. Mais le temps qu’il se décide, Sanja avait déjà reprit la parole, le coupant dans son élan pour connaitre les raisons qui l’avaient poussé à venir vivre dans ce coin perdu.

Timothy déglutit avec difficulté, se dandinant sur sa chaise pour tenter de trouver une position légèrement plus confortable. Le jeune homme savait qu’il ne pouvait pas se permettre de dire bêtement la vérité. Ce n’était pas le genre d’aveux qu’on balançait facilement lors de la première conversation, encore moins quand il s’agissait d’une discussion avec sa supérieure. Non, Tim ne pouvait tout simplement pas s’étaler sur le fait qu’il avait tenté de mettre fin à ses jours à de maintes reprises, et que ses tentatives ne s’étaient jamais soldées par des réussites. Tant mieux ? Peut-être. Sans doute. Enfin, en tout cas, pas pour Timothy. Il avait entendu dire que les habitants de Dödskalle tombaient comme des mouches et que personne ne semblait épargné. Alors il était venu pour tenter sa chance lui aussi, pour espérer obtenir le ticket gagnant qui lui permettrait de gagner un aller simple pour les entrailles de la terre et la paix éternelle… Le pianiste s’éclaircit la gorge. Est-ce qu’il allait vraiment parler, comme il avait prévu de le faire quelques secondes auparavant, afin de prouver à Sanja qu’il appréciait ses efforts et le pas qu’elle venait de faire vers lui ? À vrai dire, Tim non plus ne connaissait pas la réponse à cette question. Il faisait ce qui semblait être juste. Il ne réfléchissait pas. Timidement et le plus lentement du monde, il avait ouvert la bouche, reposant ses mains sur ses cuisses, son stylo toujours entre ses doigts (au cas où), la tête baissée vers ses paumes comme si la réponse à la question de Sanja se trouvait écrite juste là et qu’il n’avait plus qu’à la réciter.

« I just needed to live somewhere quiet that’s all. » Il aurait pu ajouter quelques mots sur le fait qu’il cherchait à vivre le plus loin possible des autres, mais cela paraissait plutôt évident lorsqu’on connaissait un peu Tim… Il tenta donc un maigre sourire, ses joues teintées d’un rose qui traduisait pourtant son embarras. « And don’t apologize, it’s fine really. But thanks for your concern, it’s really nice. And by the way I'd love to see the pictures... » Oui, Timothy avait parlé, presque dans un souffle ou dans un murmure. Et la seule chose qui lui permettait de constater qu’il n’était définitivement pas à l’aise à l’oral était son coeur qui battait la chamade dans le creux de sa poitrine, s’écrasant douloureusement contre ses côtes. Mais c’était déjà un bon début, pas vrai ?

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MessageSujet: Re: Safe and Sound — Sanja   Lun 10 Nov - 13:27


Safe & Sound
Tim & Sanja



J’avais tout déballé. Et mine de rien, ça me faisait du bien de me dire qu’à partir de maintenant, j’allais tenter de sortir de ma bulle, de mon étang d’eau poisseuse et glacée dans lequel j’étais engluée depuis que Saga était plus là. Peut-être que m’ouvrir aux autres, veiller sur eux, allait m’aider ? Bon, vu mon caractère, vu ce qui s’était passé, les choses allaient pas changer du jour au lendemain, et j’allais pas devenir « Sainte Sanja des causes désespérées » en un claquement de doigts, mais quand même.

J’attends une réaction de Tim face à ce que je dis. Je sais que je lui dois rien, je suis sa patronne, et mon attention pour lui se limite, légalement, à sa fiche de paye, mais je me sens mal d’être passée tant de fois devant lui en faisant simplement un sourire, en lui demandant juste s’il allait bien. Et pourtant, à la seconde où j’avais appris qu’on était en train de l’emmerder, j’avais réagi comme une louve défend ses louveteaux, ce qui m’avait presque surpris. Quelque part, quelque chose en moi m’avait poussée à veiller sur lui, à le défendre.  Comme si, dans un sens, je m’en sentais responsable.

Au final il embraye d’abord sur ma réponse par rapport à sa venue ici. Je souris, hochant la tête à sa remarque.

Sure. You won’t find a place more quiet than Dodskälle. Sometimes, I think that the dead, here, have a more tremendous life than us…

Il me sourit après m’avoir parlé. Sa voix est timide et douce, comme celle d’un enfant. Il me touche. Quelque chose me dit que je dois l’aider, le protéger. Faire mon restaurant un lieu où il va enfin se sentir bien après tout ce qu’il a traversé. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais je sais que ça a dû être moche, très moche, pour qu’il soit fracassé comme ça. Tiny Tim…

You…I know I’m officially your boss but… you can also come…to talk. About…I don’t know. Anything. If you need to. Okay?

Au loin j’entends le barman qui claque la porte après nous avoir souhaité bonne nuit. On est seuls, Tim et moi maintenant. Je jette un œil à son assiette et vois qu’il n’a pas tout terminé.

You want a doggy bag for the leftovers? You’ll eat them for breakfast?

J’écoute sa réponse, puis débarrasse notre petit festin improvisé, entassant les deux assiettes, les deux tasses et les couverts avant de deposer le tout dans l’évier. Le plongeur s’occupera de ça demain en arrivant. Je range un peu le reste, avant de m’approcher de Tim. Après avoir hésité, je glisse ma main dans ses cheveux bouclés, gentiment.

I’ll go home now. It’s late. Close the door when you leave okay? Have a good night Tim, and… take care.

Après un dernier sourire j’attrape ma parka au crochet de mon bureau, l’enfile et enroule mon écharpe autour de mon cou avant de fermer la porte derrière moi, laissant Tim verrouiller avec son jeu de clefs.

FIN


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WOOHOO, premier sujet de clôturé sur ce forum, ça se fête!
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