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 Apathy - Tim & Sanja

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MessageSujet: Apathy - Tim & Sanja   Jeu 27 Nov - 20:58

Apathy
Tim & Sanja



Je vis dans mon monde, dans ma petite bulle. Du coup, je ne suis pas forcément au courant de ce qui se passe ailleurs, je découvre les choses des jours, des semaines après qu’elles se soient passées. Et c’était aussi le cas pour ce qui était arrivé à Tim. Lui qui n’avait jamais manqué un jour de boulot, lui qui avait la ponctualité d’une montre suisse, ne s’était pas pointé au restaurant ce matin-là. J’avais demandé vite fait à mon équipe si quelqu’un savait quelque chose, mais je n’avais eu droit qu’à des haussements d’épaule désolés. Tout le monde aimait bien Tim mais personne ne savait grand-chose sur lui. Le premier jour, je me suis pas inquiétée plus que ça. Après tout, il aurait pu avoir un rhume, ou je ne sais quoi qui traine dans l’air et qui s’attaque facilement à tout ce qui est fragile. Et quand j’entendais le mot « fragile », c’est le visage de Tim qui me venait à l’esprit.

Sauf qu’au bout de deux ou trois jours, j’avais commencé à m’inquiéter. Et c’est là que j’ai appris. Appris pour ce qui s’était passé à la piscine, et appris que Tim y avait été mêlé. Mon pauvre. Mon pauvre petit chat. J’ai tout de suite eu une pulsion de mère Theresa et je me suis décidée à aller le voir après le rush de midi, pendant la pause. Damian pourrait se passer d’une leçon de suédois pendant une après-midi, et d’une leçon de cuisine aussi… Dès le gros du coup de feu passé, je m’étais mise dans mon coin et j’avais préparé un vrai panier pique-nique pour mon protégé, cuisinant toutes sortes de choses qui pourraient lui faire plaisir.

C’est donc chargée comme une mule que j’avais quitté le restau, un gros panier bien rempli sous le bras. Sur le coup, je m’étais sentie bête en réalisant que je ne savais même pas où mon petit Tim habitait. Je savais qu’il ne venait pas de loin, vu qu’il arrivait à pied au restaurant, mais sans plus. Alors j’étais allée fouiner dans les fichiers du personnel pour trouver son numéro, dans un premier temps, et son adresse, ensuite. Je l’avais rapidement appelé pour le prévenir que j’allais passer, si ça ne le dérangeait pas, et il avait accepté d’une toute petite voix.

Je toque à la porte, les quelques coups se perdant dans le silence, avant qu’un léger frôlement, à peine audible, ne se fasse entendre derrière le bois.

C’est moi Tim… Je t’ai ramené quelques petits trucs…

La porte s’ouvre en grinçant et je rentre chez lui. Mon regard balaye son intérieur, et je le suis quand il me guide jusqu’à son salon. Je dépose le panier garni sur la table basse, avant d’ôter ma parka et mes bottines de neige, et je viens m’asseoir près de lui.

Ca va mon grand ? Tiens, j’espère que ça te plaira !

Je lui souris, tentant de le mettre à l’aise, et j’ôte le torchon qui recouvrait le festin. Je sors les tupperware les uns après les autres en commentant ce qui s’y trouve.

Là, il y a des œufs brouillés au saumon et à l’aneth. Là c’est des pâtes aux fruits de mer. Ici c’est filet de bœuf aux champignons. Là c’est du velouté de homard aux épices, c’est une nouveauté, je l’ai pas encore servie. Damian m’a servi de cobaye, tu l’as sûrement vu au restau, en train de travailler à sa table. Il passe en cuisine pendant la pause et m’aide un peu. En même temps, je lui donne quelques cours de suédois. Ca c’était pour le salé. Pour le sucré je t’ai refait du pain perdu, et il y a aussi du gâteau au chocolat et deux crèmes brûlées. Des cookies tout chauds... Euh… Ah oui, dans la bouteille là il y a du lait de poule.

Maintenant que je contemple le monceau de boites accumulées sur la table, je me dis que je me suis un peu emportée… Mais bon, je ne sais pas vraiment comment montrer que je m’inquiète autrement… Alors je lève timidement les yeux vers lui, avec un léger sourire d’excuse.

Te…sens pas obligé de tout manger hein… surtout pas…

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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Ven 28 Nov - 21:18

Timothy avait accepté l’offre de Sanja, tout simplement parce qu’il ne savait pas dire non. Cela pouvait paraitre cruel ou affreusement déplacé de ne pas avoir au moins l’honnêteté de dire ce qu’il pensait à sa supérieur, mais dans le fond, il ne savait pas réagir autrement. Ou plutôt, on ne lui avait jamais appris. Sa mère lui avait fait comprendre qu’il devait écouter les adultes qui l’entouraient et qu’une quelconque révolte ne serait pas tolérée, et Tim n’avait jamais ressenti le besoin de faire entendre sa voix pour protester. Il était un peu turbulent, certes, mais pas plus que les autres petits garçons de son âge qui rêvaient de pouvoir grimper aux arbres pour y construire des cabanes avant de repartir à l’aventure dans les sentiers battus et les mares de boue… Et puis son père était mort et son oncle avait tenté de le remplacer de la manière la plus abjecte qui soit. Il ne lui était pas arrivé à la cheville et il avait même salit sa mémoire en devenant le bourreau de Timothy. Sans doute était-ce à ce moment-là de sa vie que le garçon eut envie de crier pour la première fois, de hurler « non » pour que quelqu’un puisse l’entendre et lui venir en aide. Mais au lieu de l’écouter, on lui avait répété inlassablement qu’il devrait se taire et accepter ce qui lui arrivait sans broncher. C’était ainsi. C’était affreux, horrible, insurmontable et personne ne pouvait comprendre à quel point il s’en voulait de ne pas avoir essayé de se battre, juste pour se sauver. Oui, on l’avait détruit. Mais il se sentait coupable et se tenait pour seul responsable puisqu'il n'avait pas été capable de se sauver lorsqu’il en était encore temps. Il était maintenant probablement trop tard pour pouvoir faire marche arrière et espérer mener une vie normale. Et après tout ce qu’il avait accepté, il ne pouvait plus se permettre de refuser quoi que ce soit à présent, pas vrai ? Alors Sanja l’avait appelé, et d’une voix timide et faible, il avait accepté qu’elle lui rende visite, simplement pour qu’elle puisse se rassurer et qu’elle le laisse ensuite en paix dans son cocon.

Le pianiste avait fait en sorte de ne rien laisser trainer dans son appartement, en tout cas rien qui ne puisse laisser penser que quelque chose ne tournait pas rond et qu’il était au plus bas. Comment ne pas l’être ? Timothy avait affronté bien des choses, des agressions bien plus affreuses que celle-ci. Il avait perdu sa dignité, on lui avait arraché sa jeunesse et on l’avait sauvé d’une mort certaine à plusieurs reprises, refusant de lui accorder le repos éternel qu’il recherchait tant… Mais il n’avait encore jamais affronté une telle chose, et une fois encore, il constatait qu’il n’avait pas les épaules suffisamment larges pour porter ce poids supplémentaire. Tim aurait voulu mettre ses deux genoux à terre et se laisser tomber dans la poussière pour qu’elle l’embarque, qu’elle le recouvre et le fasse disparaitre immédiatement. Que ses yeux se ferment une bonne fois pour toute et que la nuit suivante soit enfin la dernière. Il ne rêvait plus que de cela, avant de se réveiller en sursaut, imaginant son oncle faire irruption dans sa chambre pour lui dire que c’était bel et bien lui qui était à l’origine de tout cela, qu’il était celui qui avait cherché à le recouvrir de sang dans cette piscine pour qu’il ne l’oublie jamais… Oui, Timothy devenait fou, cela ne faisait aucun doute. Ou peut-être qu’il ne l’était pas encore assez justement… Il n’en savait franchement rien et il ne voulait même pas y songer. Il attendait simplement que les heures passent, qu’elles défilent et s’écoulent pour que la fatigue et l’usure finissent par s’emparer de lui. Mais avec la venue de Sanja, il était contraint de faire un effort, de faire comme si de rien n’était et qu’il n’était pas plus éreinté ou mélancolique que d’ordinaire.

La jeune femme l’avait d’abord salué, les bras chargés de ce dont Timothy n’avait très certainement pas besoin. Non, pas de nourriture. Pas maintenant. Tant pis s’il avait l’air faible et amaigri, il s’en fichait éperdument. Mais rien ne devait franchir le seuil de ses lèvres à part les biscuits secs qu’il achetait presque en quantité industrielle et qui se trouvait dans des sachets hermétiques. Il n’y avait qu’ainsi qu’il pouvait avoir la certitude que personne n’était venu toucher à ses aliments, que personne n’avait rien mis dans sa nourriture et qu’il pouvait manger en toute sécurité. Sanja lui faisait alors l’inventaire de ce qu’elle lui avait apporté, mais Tim n’écoutait pas vraiment. En vérité, une fois qu’ils s’étaient retrouvés ainsi l’un à côté de l’autre, il n’avait eu de cesse de l’observer du coin de l’oeil, la jugeant trop près de lui, bien trop près pour qu’il se sente à l’aise. Il refusait qu’elle se rapproche encore davantage. Ou pire encore, qu’elle pose sa main sur son bras dans un soudain élan d’affection qui ne serait pas partagé. Est-ce qu’il était capable de faire comprendre à Sanja que c’était trop pour lui, que sa vie avait été marquée par de multiples évènements qui le conduisaient maintenant à fuir le reste de la population ? Il était venu s’installer à Dödskalle en priant pour qu’il soit le prochain sur la liste de la grande faucheuse, en suppliant le ciel pour que cela se produise rapidement. Il s’était aventuré dans les rues sombres de la ville pour provoquer la chance et forcer le destin mais il s’était trompé amèrement. C’était entre les murs de son appartement que la fin viendrait à lui. Alors il refusait tout contact avec l’extérieur. Même avec Sanja, Damian, ou bien encore Noah. S’il avait eu le courage de pouvoir leur expliquer, il leur aurait dit de faire comme s’il n’était déjà plus de ce monde et qu’il se trouvait enfin six pieds sous terre.

« Sanja c’est… beaucoup trop. C’est gentil mais… » Mais quoi ? Pouvait-il lui avouer qu’il ne mangerait rien de tout ça ? Pas même une bouchée ? Le jeune homme se releva, fuyant la compagnie de Sanja. « Est-ce que tu veux du thé ? » Le regard détaché et absent, il se contentait de rester poli en attendant qu’elle reparte. Vite. Le plus vite possible.

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Tim & Jerry
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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Ven 5 Déc - 15:15

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Je sais que je suis une sauvageonne, dans le genre brute épaisse, depuis que ma sœur est partie. Enfin non, je l’étais déjà un peu avant, mais ne plus l’avoir avec moi a encore renforcé le truc. Comme si sa douceur, son empathie, sa gentillesse étaient en fait ce qui me manquait. Elle a toujours été ma moitié et mon contraire, et je savais que j’étais plus ouverte à son contact, plus douce aussi. Et puis j’étais partie, j’avais commencé à vivre comme une entité à part entière, et pas comme une moitié d’un tout. J’étais devenue moi, et plus seulement la jumelle de Saga. Je m’étais ouverte aux autres, je suis sortie, j’ai rencontré des gens. Et puis je l’ai perdue, et c’est comme si j’avais aussi perdu tout ce qu’elle m’avait apporté, depuis notre naissance. J’étais seulement la fille froide et insensible, aimable comme une porte de prison, à part pour les quelques heureux élus qui ont eu grâce à mes yeux. Et encore, même avec eux, je suis maladroite. Je sais pas dire que je tiens à quelqu’un. Je peux juste le montrer, en étant gentille, ou en ayant quelques attentions. Comme là, où j’essaie de montrer à Tim que je m’inquiète pour lui en lui préparant une quantité industrielle de bouffe.

J’entre chez lui timidement, et je m’installe dans son salon. J’inspecte un peu sa décoration, mais tout est si simple et si dépouillé. Comme si… cet endroit était pas vraiment chez lui, juste un lieu qu’il occupait. Pas où il habitait vraiment. Il me rejoint, un peu gêné. Je sais qu’il a jamais été bavard, et encore moins à l’aise avec le monde. C’est juste que… j’aurais peut-être pensé qu’avec moi il ne serait pas sur la défensive. Je me recule un peu, pour laisser plus de place entre nous, espérant le mettre à l’aise comme ça. Il m’écoute sagement pendant que je déballe toutes les victuailles que j’ai ramenées pour lui, surpris par le monticule de choses que je sors de mon panier. Comme le chaperon rouge qui va rendre visite à sa mère grand, mais qui heureusement a pas croisé le loup…

Oh t’en fais pas Tim… Tu sais que j’aime cuisiner alors…

J’ai à peine fini de parler qu’il s’est redressé et me propose du thé, l’air gêné. Ou mal à l’aise. Il a l’air vraiment replié sur lui-même, et j’avoue que là, je ne sais pas trop quoi faire. Peut-être que rester tranquille lui ferait du bien, et en même temps j’ai peur qu’il se recroqueville encore plus sur lui-même si je le laisse. Enfin… je ne sais rien de Tim. Je ne sais pas s’il a d’autres personnes qui veillent sur lui, qui feraient ça mieux que moi…

Oui… un thé ça sera parfait, merci…

Je le vois s’éclipser pour aller dans la cuisine et je l’y rejoins, restant sur le pas de la porte pour ne pas être trop proche de lui.

Tim… Je sais que… je sais qu’on se connaît pas très bien. J’aimerais juste que… tu saches que si jamais tu… as besoin de quelque chose, je suis là. Pour… je sais pas. T’apporter encore à manger, ou autre chose… Je… Après ce qui s’est passé je… prends le temps qu’il te faut avant de revenir… Je continuerai à te verser ton salaire…

Je sais pas trop quoi faire. Je sens qu’il est mal à l’aise, mais je suis pas certaine que ce soit une bonne idée que je m’en aille. Je reste plantée là, attendant sa réaction.

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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Dim 21 Déc - 19:10

Timothy s’était éclipsé dans la cuisine presque machinalement, sans véritablement attendre la réponse de Sanja, ses jambe se doutant probablement que la jeune femme allait répondre positivement à sa question et qu’il était donc nécessaire de commencer à se déplacer jusque vers la cuisine délimitée par un simple comptoir qui ne payait pas de mine. Elle se faisait vraisemblablement du souci, et Tim la comprenait dans le fond. Lui aussi aurait sûrement essayé de prendre de ses nouvelles si jamais elle n’avait pas eu la force de se rendre au boulot pendant quelques jours voire même des semaines. Il aurait timidement toqué à sa porte pour s’assurer qu’elle était bien en un seul morceau avant de rebrousser chemin et de lui laisser suffisamment de temps pour respirer - en prenant évidemment soin au passage de lui faire comprendre qu’elle pouvait compter sur lui quoi qu’il arrive. Oui mais voilà. Tim était comme les trois quarts du reste de l'humanité et il n’appliquait tout simplement jamais les conseils qu’il pouvait parfois donner aux autres, et en cas d’extrême nécessité, il préférait se replier sur lui-même et se fermer comme une huitre plutôt que de tendre la main pour qu’on vienne enfin à son secours. Il était ainsi, peut-être qu’il n’y pouvait pas grand chose dans le fond… Après tout, le reste de son entourage l’avait tellement habitué à l’idée de ne pas être entendu ou même écouté qu’il avait fini par se dire qu’il était inutile et que ses émotions importaient peu. Alors il préférait rester enfermé chez lui, comme il avait pris l’habitude de le faire depuis que son père était mort et que sa vie s’était transformée en un affreux cauchemar dont il avait peine à se réveiller.

Les yeux presque plongés dans le vide, Timothy ouvrit une bouteille d’eau minérale pour en verser le contenu dans une casserole qu’il venait de sortir de son placard par habitude plutôt que par pure nécessité. C'était indéniable ; Tim n’était plus vraiment le même. Il était toujours aussi timide et réservé et ses joues ne cessaient de se teinter lorsqu’il prenait la parole ou qu’il osait enfin croiser le regard de ses interlocuteurs, mais il semblait plus distant que d’habitude, comme si une petite part de lui-même se trouvait encore dans cette maudite piscine et qu’il ne parviendrait jamais à remettre la main dessus afin de se reconstruire. Il était absent, comme absorbé dans ses pensées, son esprit voguant à loisir entre quelques souvenirs insupportables ou bien d’autres moments de bonheur intense. Il parlait, un peu comme s’il n’avait plus assez de force pour s’exprimer par les signes, comme si le silence ne lui accordait même plus le repos dont il avait cruellement besoin. Mais peut-être était-ce mieux ainsi ? Peut-être qu’il allait enfin réussir à s’exprimer plus facilement, sans trop de retenue, sans se rendre compte des mots qui lui échappaient et qui franchissaient le seuil de ses lèvres au compte goutte ?

Posant la casserole sur le feu, Timothy se tourna vers Sanja qui se tenait non loin de là et qui lui faisait comprendre qu’elle ne l’abandonnait pas, que le pianiste ne devait pas hésiter s’il avait besoin de quoi que ce soit, déclarant au passage qu’il pouvait revenir travailler quand il le souhaiterait et qu’il serait toujours payé en attendant. Écarquillant de grands yeux, surpris de tant de générosité, Timothy s’empressa aussitôt de faire vigoureusement non de la tête afin de lui faire comprendre qu’il n’était pas utile d’être aussi attentionnée. « Tu n’es pas obligée de me payer tu sais, après tout je ne viens pas. Et puis ça me gênerait vraiment, je veux dire… Je ne veux pas que tu me fasses de faveurs simplement parce qu’il s’est passé quelque chose et… Et puis tu n’y es pour rien, tu n’as pas besoin de me faire une fleur Sanja, vraiment. » Il parlait décidément beaucoup trop et s’il ne se taisait pas rapidement, il serait bien capable de lui faire part de tout ce qu’il avait sur le coeur. Mais il n’en était pas question. Non, il refusait de se confier. Les évènements avaient été bien trop ignobles et violents pour qu’ils puissent paraitre réels dans la tête de quelqu'un d'autre, même si la personne en question était Sanja et qu’elle avait grandit dans les rues sombres et inquiétantes de Dödskalle. « C’est très gentil à toi tu sais, mais vraiment je n’ai pas besoin de tout ça je t’assure. Tout ira pour le mieux, je reviendrais rapidement. » Restait simplement à savoir qui de Sanja ou lui-même Timothy cherchait-il véritablement à convaincre dans toute cette histoire…

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Tim & Jerry
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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Sam 3 Jan - 13:11

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Tim semble réagir comme un animal blessé. Quelqu’un qui fuit et qui refuse qu’on s’approche de lui, qu’on le touche. Il réagit comme moi, quand j’ai perdu Saga, sauf que lui reste juste caché. Moi j’ai montré les dents, parfois de façon violente. Et de tout ça, je sais que je respecte plus les personnes qui me laissent respirer, qui ne tentent pas de me dire de quelle manière je dois réagir, comment je dois traverser le deuil de ma sœur. Ceux-là, j’ai juste envie de leur planter une fourchette à gigot dans la main…

Je suis Tim jusqu’à sa cuisine, et je reste appuyée au chambranle de porte, pour ne pas lui donner l’impression de l’étouffer. J’ai jamais observé longtemps mon pianiste, des coups d’œil par le passe-plat, un petit « Ca va bien Tim ? » quand je passais en salle pour demander comment s’était passé le repas des clients, mais là, il a changé. Quelque chose de grave a brisé quelque chose en lui, le peu d’assurance qu’il donnait l’impression d’avoir retrouvée ici. Parce que même s’il ne parlait quasiment pas, il avait pas ce regard d’animal traqué quand il était chez moi. Au chaud et au calme dans mon restaurant, face à ce piano qui était plus le sien que le mien. Quand il jouait il était bien, détendu, en paix. Et là, il avait l’air d’avoir perdu ça, le fait de pouvoir s’évader. Comme si ce qu’il avait vécu l’avait marqué trop fort, pour que même la musique le sauve pas.

Quand je lui propose de prendre le temps qu’il lui faut, et que je continuerai à le payer, je le vois lentement se tourner vers moi, et secouer rapidement la tête, faisant voleter ses boucles blondes. A chaque fois que je le vois comme ça, si fragile, j’ai du mal à me dire qu’il a mon âge. Il ressemble et agit encore tellement comme…un enfant. En quelque sorte. Un petit oisillon timide. Je lève la main pour lui montrer que toute négociation est juste hors de question.

Timothy…Tim… Tu travailles pour moi, comme mon barman, mes serveurs et mes commis. Tu sais à quel point je peux pousser des coups de gueule en cuisine. Mais tu sais aussi qu’ensemble on est comme une famille. Enfin, en quelque sorte. Et en famille on se serre les coudes. Ce qui est arrivé est pas ta faute, et je…j’ai pas envie de te laisser tomber. Et puis tu m’expliques où je vais trouver un foutu pianiste dans ce trou perdu si toi tu reviens pas ?

Je souris en coin, me rappelant au passage l’épisode quelques semaines plus tôt ou un client a osé l’embêter alors qu’il jouait. Heureusement que j’étais plutôt de bonne humeur et que j’ai réglé les choses de façon plutôt… courtoise. Parce que dans un mauvais jour je serais sortie de la cuisine avec un couteau à viande en main.

Je hoche la tête quand il me dit qu’il reviendra bientôt, et le remercie doucement quand il me tend la tasse fumante que je prends entre mes doigts.

J’insiste pas, tu reviens quand tu veux. Mais tu auras quand même ta paie. Fin de la discussion. C’est clair ?

Au final je reste pas longtemps. Je sens que Tim a surtout besoin d’être seul, ou peut-être avec quelqu’un d’autre qu’avec moi, alors après mon thé je m’éclipse et retourne au restaurant pour le service du soir. Je me change pour mettre ma tenue de travail, noue mes cheveux en queue de cheval avant de me mettre aux fourneaux et d’aider à tout préparer pour l’arrivée des premiers clients. C’est alors que Henrik fait son apparition par la porte de service, en une bouffée de vent glacial et enneigé, serrant quelque chose contre lui. Je lève le nez de mes légumes en julienne et je le regarde sans comprendre alors qu’il ôte sa parka et qu’il sort quelque chose de contre son pull. Un chaton. Minuscule.

-Mais ça fait quoi ici, ça ?
-Je l’ai trouvé sous les poubelles. Il est tout petit et il miaulait… On dirait qu’il a perdu sa mère…


Je repose mon couteau et m’approche de la créature frigorifiée qui tremblote dans les mains d’Henrik avant de la prendre. Il pèse rien et bouge à peine.

Va me chercher une caisse à poissons vide et propre s’il te plait.

Je pose le chaton contre ma poitrine d’une main, et de l’autre j’attrape une vieille polaire qui reste toujours dans le coin, pour les passages dans la chambre froide. Je la roule en boule et la met dans la caisse vide, avant d’y installer le chat. Et je prends le tout que je mets par terre, pas loin des pianos. L’endroit le plus chaud du restaurant. Je file ensuite prendre une poche à douille que je remplis de lait condensé sucré, et j’essaie de faire manger le petit monstre. Heureusement, il se jette dessus comme un morphale avant de se rouler sous la polaire comme un bienheureux. Et on le revoit plus jusqu’à la fin du service. Une fois le restaurant fermé, je fais un sondage pour savoir qui voudrait emmener le petit rescapé, mais soit les gens sont allergiques, soit ont un chien, soit un chat qui aime pas les autres chats. En gratouillant la petite boule j’ai d’un coup une idée qui pourrait être pas mal. Tim. Peut-être que ça lui fera du bien d’avoir de la compagnie ? Quelqu’un sur qui veiller ? Je la lui apporterai demain matin, avant d’aller au restau.

Après une nuit un peu agitée, où j’ai dû enfermer Takk dans le salon pour éviter qu’il se jette sur le petit nouveau, que je garde avec moi pour la nuit, je me lève et me prépare pour aller bosser. Vu le froid glacial je le glisse dans la poche intérieure de ma parka, bien au chaud, et j’attrape quelques boites pour chat, un fond de sac de litière, je fourre le tout dans un cabas et je me mets en route, pressant le pas pour que mon protégé ne se transforme pas en glaçon velu, et je finis par arriver devant la porte de Tim. Je toque rapidement, espérant qu’il est déjà debout.

Tim ? C’est moi, Sanja ! Ouvre-moi j’ai quelque chose pour toi ! Et rassure-toi, c’est pas encore de quoi manger…

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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Mer 21 Jan - 3:43

Tim s’était contenté d’hocher la tête lorsque Sanja avait pris le temps et la peine de lui expliquer qu’elle ne le laisserait pas tomber, tout comme le reste de l’équipe qui travaillait avec eux au seul restaurant de Dödskalle. Les joues rouges et les épaules courbées, il n’osa pas vraiment la regarder dans les yeux, gardant ses pensées pour lui tel un enfant qu’on serait en train de punir pour avoir eu une remarque désobligeante ou inappropriée. S’il en avait eu le courage, il aurait certainement répondu à Sanja que personne n’avait touché à ce piano depuis des siècles avant qu’il ne débarque et que sa présence ne changeait pas grand chose au final. S’ils avaient pu vivre sans musique jusqu’à son arrivée en ville, ils pouvaient apprendre à s’en passer à nouveau, pas vrai ? Mais sa supérieure ne l’entendait pas de cette oreille, et Timothy ne se sentit pas capable d’essayer de rétorquer quoi que ce soit de peur de s’attirer les foudres de la jeune femme. Alors il avait acquiescé de manière silencieuse, n’insistant pas sur le fait qu’il n’avait pourtant pas besoin d’être payé, offrant à Sanja le thé qu’il lui avait promis et s’efforçant de paraitre un temps soit peu vivant et joviale jusqu’à ce qu’elle quitte finalement les lieux pour le laisser seul à nouveau.

Une fois la porte refermée derrière elle, Tim échappa un profond soupir, se tenant dos à l’entrée, se retenant de ne pas se laisser bêtement glisser contre le mur comme dans les rares films qu’il avait eu l’occasion de voir au cours de sa vie. Le jeune homme se maudit de ne pas être capable de tourner la page quand tous les autres habitants qui avaient été présents ce soir là dans la piscine municipale semblaient pourtant debout et prêts à aller de l’avant. La vie continuait son cours dans tout le reste de la ville, du moins ses vestiges continuaient de perdurer à quelques rares endroits. Pourquoi fallait-il qu’il soit le seul à être incapable de quitter les quatre murs de son appartement ? Il aurait aimé régler le problème facilement en s’armant de son écharpe et de son manteau pour ensuite ouvrir la porte et descendre pour retrouver l’air piquant et sec de l’hiver, et pourquoi pas marcher jusqu’au cimetière comme il avait pris l’habitude de le faire avant que son corps se retrouve taché du sang d’un inconnu… Mais à chaque fois que sa main se posait sur la poignée, tout son être était soudainement parcouru d’un frisson et ses muscles se raidissaient, l’empêchant d’avancer ou de faire un seul pas vers l’extérieur. Il y parvenait uniquement lorsqu’il était à cours d’eau potable et qu’il avait besoin d’aller dévaliser le stock d’eau minérale de l’épicerie du coin, mais en dehors de cela, la brise fraiche du Nord de la Suède lui glaçait les poumons et l’asphyxiait littéralement.

La soirée fut ensuite identique aux précédentes, à l’exception près qu’il s'était retrouvé avec toutes les victuailles que Sanja avait laissé derrière elle dans l’espoir de lui faire reprendre du poil de la bête. En vain, évidemment. Il n’y toucha même pas, se contentant de tout jeter, se détestant de ne pas être capable de se nourrir normalement non plus. Ce n’était pas contre la jeune femme, bien au contraire. Dans une autre vie, il se serait même fait un plaisir de gouter à tout ce qu’elle lui avait apporté, une autre dimension où il ne se serait pas habitué à ce que l’homme qui lui avait servi d’oncle empoisonne littéralement chacun de ses repas. Au moins Sanja n’était pas là pour voir tout ce gâchis, et Tim se garderait bien de lui dire… Si toutefois il la revoyait rapidement. Le pianiste soupira à nouveau. En effet, rien n’était moins sûr. Il n’était pas certain d’être capable de prendre sur lui et d’aller de l’avant, pas encore, pas pour le moment. Pour l’instant il avait besoin d’être seul et d’essayer de se convaincre qu’il pouvait fermer les yeux la nuit sans craindre quoi que ce soit, ou même encore qu’il pouvait se risquer à prendre une véritable douche plutôt que de faire chauffer de l’eau minérale pour sa toilette. Le blond avait donc finit par regagner son lit cette nuit-là avec la certitude qu’il n’y resterait pas plus de quelques heures.

Et Tim ne s’était pas trompé. Ayant quitté ses draps bien avant que le soleil ne pointe le bout de son nez à l’horizon, il s’était préparé une tasse de son thé préféré avant de se débarbouiller un peu puis de s’habiller. Il avait ensuite attendu que le jour se lève, assis sur son canapé, toujours en train de siroter sa boisson favorite et les yeux rivés vers l'extérieur. Après un moment, il s’était armé d’un crayon et de son calepin pour dessiner la vue qu’il avait depuis sa fenêtre quand on toqua à la porte. Sanja. Rassuré à l’idée qu’elle ne soit pas revenue pour tenter de le nourrir à nouveau, il se leva pour aller lui ouvrir, pas certain de savoir à quoi s’attendre pour autant. Il se retint de lui dire que tout allait pour le mieux une fois encore lorsqu’elle se trouva finalement face à elle. « Qu’est-ce que… » Jetant un rapide coup d’oeil à son cabas, il fit un pas sur le côté pour la laisser entrer, ne comprenant pas vraiment le but de sa visite. « Tu as besoin d’aide pour quelque chose ? », demanda-t-il alors timidement avant de refermer la porte derrière eux.  

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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Dim 8 Fév - 22:35

Apathy
Tim & Sanja


Je trépigne devant la porte, à moitié charge, et inquiète à propos de la petite créature poilue qui s’agite doucement sous ma veste. Heureusement il ouvre rapidement et je me glisse à l’intérieur, déposant le cabas sur le sol.

Non promis c’est pas à manger. Enfin, si, ça se mange, mais pas pour les humains.

Je souris en coin alors que je regarde Tim. Le pauvre, il a pas l’air d’aller mieux. Au contraire, ses joues se sont encore creusées et de profondes cernes s’étalent sous ses yeux bleus. Mon pauvre Tim. Je le sens encore si perdu, si blessé. Mais je sais vraiment pas quoi faire pour l’aider. Vu que…c’est con à dire, mais je suis même pas arrivée à m’aider moi-même. Que je peux pas vraiment me permettre de donner des conseils, ou des leçons, alors que je vis encore constamment avec le fantôme de ma sœur morte. Et que j’ai encore tellement de mal à vivre sans elle. A réaliser que maintenant, je dois me débrouiller sans elle, elle qui a depuis toujours été mon double et mon contraire. Et la personne la plus importante pour moi.

Il me regarde sans comprendre, sans comprendre ce que je fous là, à ce moment de la journée, sans prévenir, et avec tout mon attirail. Je lui souris, et glisse ma main dans ma poche, en sortant la minuscule boule de poils qui gigote en piaillant. Elle est si petite qu’elle tient dans ma paume.

Hier soir Emrik l’a trouvé sous une benne en sortant les ordures. Il a dû se perdre, ou quelque chose du genre. Alors on l’a laissé près des fourneaux dans une caisse à poisson, sous la polaire qui sert pour les congélateurs, et je lui ai donné un peu de lait sucré. J’ai pas vraiment trouvé de nom…

Je m’avance vers lui et lui dépose le petit chaton dans ses mains. La créature lève les yeux vers lui et tente de marcher, tanguant sur ses petites pattes fragiles.

Je me suis dit que ça…pourrait être bien que t’aies un peu de compagnie. Il est tout seul et au restau personne pouvait le prendre. Je l’ai ramené chez moi pour la nuit mais Takk est pas vraiment sociable non plus… Alors… il a personne d’autre qui pourrait s’occuper de lui.

J’ôte ma parka et j’attrape le cabas dont je sors tout ce que j’ai ramené pour lui. Et je commente au fur et à mesure de ce que j’exhume.

Bon alors je t’ai ramené quelques boites de Takk, pour commencer. Mais je pense qu’il a surtout besoin de lait. J’ai mis du lait condensé sucré, en attendant. Et là c’est une caisse à poissons propre qui pourra te servir de bac à litière en attendant que je puisse te trouver une vraie caisse. Je…

Je m’arrête une seconde et le regarde examiner le petit chaton toujours dans ses mains.

Enfin, c’est…c’est seulement si tu veux bien le garder. C’est juste que…que sinon il va falloir que je lui trouve un autre foyer. Ou que je le ramène dans un refuge… Tu…t’en dis quoi ?

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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Lun 2 Mar - 9:48

Tim continuait d’observer tout ce que Sanja avait apporté avec elle pour tenter de comprendre ce que tout ceci pouvait avoir à voir avec lui, quand elle sortit une minuscule boule de poils de la poche de sa veste, expliquant au passage comment Henrik l’avait dénichée et ce qu’elle avait elle-même fait pour prendre soin de la petite bête sans défense. En vérité, Timothy n’était pas certain d’avoir écouté sa supérieure jusqu’au bout tant il était déjà captivé par le jeune chat. Des étoiles plein les yeux, il se pencha pour venir caresser le pelage hirsute de ce dernier, se disant que Sanja avait sans doute besoin d’aide pour le nommer et que cela n’irait pas plus loin que ça. Mais déjà, la brune lui confiait le chaton qui tentait vainement de se déplacer sur la surface plutôt restreinte de ses paumes. Absorbé par ce spectacle attendrissant, un sourire se dessina doucement sur les lèvres du pianiste qui ne s’attendait certainement pas à tout ceci de bon matin. Il mit un temps fou avant de relever la tête vers Sanja, pas certain au début de savoir s’il devait lui rendre le chat ou s’il devait attendre qu’elle sorte tout ce qu’elle avait apporté avec elle. Comme si elle avait lu dans ses pensées, la propriétaire du restaurant de Dödskalle lui répondait aussitôt que personne ne pourrait probablement s’occuper de lui. Personne à part lui.

Surpris par cette déclaration à laquelle il ne s’attendait pas du tout, Timothy ne bougeait plus, ses grands yeux écarquillés fixant Sanja, pas certain de comprendre, tandis que la jeune femme établissait oralement la liste de tout ce qu’elle avait amené avec elle. Si le chaton ne s’était pas manifesté à nouveau à ce moment précis, le musicien n’aurait certainement jamais reporté toute son attention sur lui et il fallait bien avouer que sa petite bouille faisait littéralement fondre le jeune pianiste. La propriétaire du restaurant posa alors la question fatidique, cherchant à savoir si cela ne dérangerait pas Tim de le garder… Silence. Est-ce qu’il avait déjà songé à avoir un animal pour lui tenir compagnie ? Non, ça ne lui avait même pas traversé l’esprit, pas une seule fois. Il ne se sentait déjà pas capable de s’occuper de lui sans flancher, alors pourquoi envisager de devoir prendre soin d’un autre être ? La preuve, il ne parvenait même plus à sortir de chez lui depuis l’incident qui s’était produit dans l’ancienne piscine de la ville, alors par quel miracle allait-il bien pouvoir se charger de l’animal ? « Je… » Mais le regard du félin se plongeait parfois dans le sien avant que le chaton ne décide de s’attaquer doucement à ses doigts, par jeu certainement, manie qui ne manquait de faire sourire Timothy à nouveau. « Je n’ai jamais eu de chat avant, tu es sûre que je vais y arriver ? »

En réalité, c’était peut-être la solution à laquelle Tim n’avait jamais vraiment osé songer, mais aussi la seule qui pourrait le sortir de sa solitude et le contraindre à penser à autre chose que tout ce qui le tracassait habituellement. En faisant passer les besoins de son nouveau compagnon en priorité, il parviendrait sans doute à s’oublier un peu et à se concentrer sur des choses plus positives. Et puis, l’idée de pouvoir retrouver le chaton en rentrant du travail semblait lui remettre du baume au coeur et il avait même hâte de pouvoir passer des heures entières à jouer avec cette toute petite chose de rien du tout. « Je… Je veux bien… Je veux dire, je suis d’accord pour le garder. Mais j’ai peur de… Tu es vraiment sûre que je vais y arriver ? » Timothy préférait s’assurer que sa supérieure le pensait véritablement capable d’une telle chose tant il avait peur de tout faire de travers et de ne pas réussir à rendre cette petite boule de poils heureuse de vivre à ses côtés. À en juger par ses manifestations de joie intempestives et sa façon de vouloir attirer l’attention de Tim, il ne semblait y avoir aucun doute et le pianiste paraissait presque trop ému pour tenter de trouver un nom au chaton dans l’immédiat. Jetant néanmoins un rapide coup d’oeil à tout ce que Sanja avait apporté avec elle, il fut touché par le geste de la jeune femme et il aurait sûrement eu le courage de la prendre dans ses bras si le chat n’était pas encore blotti au creux de ses mains. « Merci beaucoup Sanja, vraiment. Tu n’étais pas obligée de faire tout ça, je… Je ne sais pas comment te remercier, c'est vraiment gentil… » Quelque peu gêné, il avait senti ses joues se mettre à rougir, certain qu’il avait encore beaucoup à apprendre avant de pouvoir s’occuper de ce petit machin tout seul. Mais au moins il allait essayer, et quelque chose lui disait que sa vie paraitrait bien moins terne à présent…  

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MessageSujet: Re: Apathy - Tim & Sanja   Dim 8 Mar - 20:31

Apathy
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J’ai la trouille. Le trouille que mon idée s’avère totalement foireuse. Qu’il m’en veuille de lui imposer ça sans lui en avoir parlé. Et que je me retrouve avec cette petite boule de poils que Takk ne supporte vraiment pas. Et je tente le tout pour le tout en le lui déposant dans les mains. Un genre d’opération séduction totalement intéressée. Heureusement pour moi, ça a l’air de prendre. Enfin, qui pourrait résister à cette adorable boule de poils qui tient à peine sur ses pattes et dont chaque miaulement fait fondre ? Les yeux de Tim s’agrandissent, et affichent l’expression du « Mais tu es trop mignon », caractéristique des bébés animaux. Et de certains bébés humains. Parce que tous les bébés sont loin d’être beaux.

En attendant je déballe tout ce que j’ai ramené avec moi. De une, pour que ça lui semble plus facile de s’en occuper sachant qu’il aura tout sous la main, et de deux…suite à ce qui s’est passé à la piscine, je sais qu’il sort plus. Et l’obliger à mettre le pied dehors pour quelque chose qu’il a pas demandé, ça risque de lui faire mal et j’en ai pas du tout envie.

Je guette sa réaction, son regard passant du chaton à ce que je ramène, et inversement, et je soupire de soulagement quand ses premières paroles sont de me demander s’il va y arriver. Je souris et lui réponds d’une voix douce.

Bien sûr ! Un chat c’est pas compliqué. Pour qu’il soit bien, il doit manger des boites ou des croquettes. Avoir un endroit où dormir. Et encore, pour ça ils sont champions pour roupiller dans les coins les plus improbables. Dis-toi que le mien, l’autre jour, je l’ai retrouvé en boule dans mon tiroir à chaussettes…Et une litière. Tu dois la changer souvent pour qu’ils y retournent, et qu’ils fassent pas leurs besoins n’importe où dans l’appart. A part ça…ça dort beaucoup. Et ça joue avec trois fois rien. Un bout de ficelle, un bouchon de bouteille, un crayon de papier, une boulette en alu…ils sont heureux. T’en fais pas, je suis sûre que tu t’en sortiras très bien ! Juste…comme il est encore petit…je crois qu’il a encore besoin de lait. Je vais voir s’ils ont ça à la pharmacie.

Il contemple encore une fois la petite bête. Sans vouloir me jeter des fleurs, rien que de le voir, avec ce grand sourire aux lèvres, c’est un peu comme si ses soucis, ce qui le rongeait, s’envole. Que son esprit est enfin occupé par quelque chose. Par quelque chose de positif. Il faut croire qu’Emrik l’a trouvé pour une bonne raison… illuminer un peu le quotidien de Tim. Je pose ma main sur son épaule quand il me demande encore une fois s’il va y arriver, et je lui souris encore.

Oui, j’en suis certaine. Vous allez vous adorer tous les deux ! Et puis si jamais tu as un souci, tu pourras toujours m’appeler et je viendrai. D’accord ? T’es un peu plus rassuré ?

J’étouffe un léger rire en voyant déjà la créature jouer avec les doigts de Tim, maladroitement, mais de façon totalement adorable. On dirait que le courant passe bien. Voire même plutôt bien. Et c’est super.

Ne me remercie pas… C’est juste que toi…t’avais besoin de compagnie, et lui avait besoin d’une maison. Perfect match ! Je vous aide tous les deux en faisant ça, et ça me fait plaisir ! Allez. Je vais vous laisser ensemble, faire connaissance. Si tu veux que je te ramène de la litière, des boîtes ou quelque chose en sortant du restaurant, tu n’auras qu’à me le dire. Et tu reviens quand tu veux. Prends ton temps…

Je referme ma parka, vérifie que mes clefs sont toujours dans ma poche, et leur jette un dernier regard. Ils sont trop adorables. Vraiment. Alors je m’approche, et dépose simplement un baiser sur la joue de Tim, une gratouille sur la tête du chaton et je m’éclipse discrètement.

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