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 Ghosts that we knew — Timothy

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Erre ici depuis : 20/07/2014
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MessageSujet: Ghosts that we knew — Timothy   Dim 2 Nov - 18:30


Your pain won't be washed
with the rain...


Citation :
Je viendrais à 14heures, si ça ne va pas, je peux toujours faire demi-tour, okay?

Vraiment, avant même l'interdiction très officielle du maire, le blond préférait avoir ses propres bouteilles d'eau. De cette façon, il savait ce qu'il ingurgitait et ce qu'il mettait dans son corps. De même pour la nourriture, le blond passait un temps fou à faire les courses et à chercher tous les ingrédients qu'il lui fallait. Le sucre et autres huiles et produits chimiques avaient depuis longtemps été bannis de l'alimentation de Noah. Le facteur avait besoin d'être en contrôle à ce point, tout le temps, en permanence, c'était vital, sinon il n'avait pas l'impression d'être vraiment là et il se mettait juste à penser à tout ce qu'il avait enfoui, bien loin, au plus profond de lui-même. Noah n'était plus en contrôle depuis des semaines et cela l'irritait profondément.

Il savait précisément à quel moment cela avait dérapé mais que pouvait-il faire? Just fucking drop it, avait-il lancé à Elsa alors que la brune multipliait les questions et qu'elle lui avait demandé pourquoi est-ce qu'il n'avait pas su réagir et lui fournir un échantillon de sang comme elle lui avait demandé. La peur tout simplement. Noah aussi était humain, Noah aussi vivait et respirait et il avait des doutes et jamais, ô grand jamais, avait-il vu du sang dans de pareilles circonstances. Le seul instinct de survie qu'il avait, lui avait conseillé de ne pas vider ses tripes sur le sol immaculé de la piscine qui devenait rouge et surtout de fuir, fuir. Ils l'avaient fait avec Elsa et après avoir raccompagné la jeune femme chez lui, il en avait fait de même pour Tim. Tim qui était ailleurs. Et la porte s'était fermée et Noah avait poussé un soupir avant de rentrer chez lui. C'était en face de son miroir que Noah avait réalisé qu'il avait du sang sur lui, il avait pris une douche pendant ce qui semblait être une décennie, frottant et râpant chaque centimètre carré de peau et se lavant les cheveux jusqu'à ce que l'eau soit translucide. Il avait maudit Keir et sa foutue ville avant de se dire qu'il n'était pas rationnel. Son cousin avait toujours été honnête avec lui et il l'aurait prévenu. C'était inhabituel, ce qui se passait était juste… Juste…

Noah avait arrêté son train de pensées juste là, décrétant qu'il s'en foutait. Il était venu mourir ici, pas avoir des réponses ou comprendre le pourquoi des rêves, non. Il s'était endormi l'esprit vide, sur cette pensée, se réveillant avec des notes de piano en tête, du genre que sa grand mère lui faisait sans cesse répéter. Le courrier avait vite été distribué et Noah avait attendu. Attendu que la ville implose, attendu pour Tim mais rien. Les portes se fermaient et les avertissements du maire avaient été compris et appliqués à la lettre et Noah avait ri, allant toujours faire les courses à Overla. Mais pas de signe de Tim. Ils étaient censés se voir, aller faire un picque nique mais rien. Noah lui avait envoyé un sms le jour même pour savoir, puis un autre pour dire qu'il comprenait, et un autre pour dire qu'il souhaitait à Timothy de passer une bonne journée. Et il s'était allongé à même le sol dans son salon et il s'était laissé bercer par le son de la télévision. Le même cirque avait recommencé trois jours plus tard, se lever, travailler, envoyer des messages à Timothy, attendre et… Attendre. Le blond ne savait pas ce qu'il attendait, il aurait dû lui foutre la paix, Tim avait été terrifié, il n'était pas aussi blasé que Noah, il avait encore de quoi être secoué. Noah aurait vraiment dû passer à autre chose, c'était ridicule.

Mais sans cette foutue réunion, ils l'auraient eu leur journée passer à visiter un musée ou même à regarder un film que Timothy apprécierait ou même juste… Juste à respirer. Noah ne pouvait pas gommer cette possibilité, il y avait eu ça, il n'avait pas rêvé, Timothy lui avait répondu et il avait semblé enchanté à l'idée de partager quelque chose avec Noah. Noah soupirait désormais et fumait assez de cigarettes pour noircir ses poumons et peut être même son âme… Il n'avait rien voulu, on lui avait donné quelque chose, de pur et de parfait et il était incapable de passer à autre chose. Il le savait pourtant qu'il allait souiller Timothy et le salir avec ses mains à lui, il était le même, il n'avait pas changé, il aurait dû fuir. Et pourtant, il était là, il avait répondu quand Timothy l'avait de nouveau contacté, le visage vide de toute expression, ne sachant pas encore à quoi s'attendre. Il n'avait pas posé de question, il avait proposé à Timothy de venir le voir et… il était là aujourd'hui, là, devant l'appartement du jeune homme, grâce aux indications qu'il lui avait donné. Noah hésitait vraiment, il aurait pu sonner et…

Et quoi? Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre et il n'avait pas toutes les réponses aux questions de Timothy, même lui était complètement perdu et … Noah respira un grand coup et finit par appuyer sur cette sonnerie. Peu importe dans le fond, les boucles blondes de Tim lui manquaient.

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And if you say run, I'll run with you
It's the little story of a guy I know, who had a dream, and fell in love. He got close to his dream, almost touched it, and he burnt his hands. And he got a woman and she died in his arms...



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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Lun 10 Nov - 17:29

Timothy connaissait la douleur pour l’avoir trop souvent subie. Il se souvenait encore de la souffrance, de la brulure lancinante qui remontait le long de sa colonne vertébrale pour le paralyser, le clouer lourdement aux draps sous le poids de la torture. Les souvenirs paraissaient même encore plus distincts quand l’obscurité devenait trop oppressante et qu’elle semblait vouloir le happer complètement. Tim s’en rappelait avec une telle précision qu’il avait parfois l’impression de pouvoir sentir à nouveau ce tiraillement dans sa chair, comme si cette dernière avait fini par en être définitivement imprégnée, comme si le poignard était toujours profondément enfoui dans ses entrailles et qu’il cherchait à ignorer le sang qui perlait à nouveau. Oui, Timothy connaissait cette douleur et il l’avait subie suffisamment de fois pour qu’elle ne soit plus seulement un souvenir mais une réalité, un quotidien auquel il ne pouvait plus vraiment échapper. Mais ce qu’il avait vécu dans l’ancienne piscine municipale de Dödskalle quelques semaines auparavant n’était en rien comparable à tout ce qu’il avait connu jusqu’ici. Ce n’était pas la même chose et Timothy aurait sans doute préféré qu’on le secoue dans tous les sens où qu’on s’en prenne directement à lui plutôt que d’avoir à observer ce bassin se remplir de sang, ou sentir le liquide pourpre rouler sur son épaule. Elsa avait bien tenté de le faire, le giflant de toute la force qui la caractérisait, lui permettant de s’extirper subitement des songes obscurs qui commençaient à l'immobiliser, mais dans le fond, il n’avait jamais véritablement réussi à quitter cette piscine. Il avait saisit la main de la jeune femme machinalement en espérant que cela parviendrait à le sauver, mais l’espoir s’était évaporé aussi rapidement qu’il était arrivé. Noah s’était ensuite chargé de le raccompagner chez lui mais Tim n’avait pas réussi à prononcer le moindre mot, pas même pour le remercier. Parce que pour la première fois, Timothy ne savait tout simplement pas comment il allait bien pouvoir survivre.

Une fois la porte refermée derrière lui, il s’était débarrassé de ses vêtements encore tachés de sang, ayant toute la peine du monde à se mettre nu, de peur qu’une autre douleur refasse son apparition en plus de cette épreuve nouvelle qui alourdissait encore davantage ses épaules fragiles. Les mains tremblantes, il avait passé de longues et harassantes minutes à tenter de se convaincre qu’il était enfin seul et que plus rien ne pourrait lui arriver entre les murs de sa demeure. Combien de temps avait-il ensuite réussi à passer sans s’endormir ? Bien trop d’heures pour que cela paraisse plausible. Timothy s’asseyait ou s’allongeait là où c’était suffisamment confortable, les yeux rivés sur le plafond, la couverture remontée jusque sur sa bouche afin d’étouffer davantage ses expirations et se convaincre qu’il n’existait plus. Oui, le pianiste en était presque persuadé à présent : il ne pouvait plus être vivant, pas vrai ? Il avait passé des années à courir après la mort en espérant qu’elle serait un jour celle qui finirait par l’attraper, mais dans le fond, Tim était déjà en enfer. Il n’y avait pas d’autres explications. Alors il restait là, ainsi enfermé dans son immense cercueil, les volets fermés, comme six pieds sous terre, marchant le plus silencieusement du monde dans le seul but de ne pas troubler le sommeil des autres morts qui peuplaient cette ville macabre. Il avait hésité à jouer sa mélodie préférée sur les touches de son piano qui commençait dangereusement à prendre la poussière. Mais quelque chose l’avait poussé à renoncer. Il savait que la musique ne serait plus d’aucune aide. Les notes ne le guériraient plus. Seul le silence pouvait panser des blessures qu’il ne voyait même pas. Il s’était remis à dessiner, unique passe-temps qui semblait l’apaiser un tant soit peu, laissant le crayon courir sur le papier. D’abord le visage de son père, ses lunettes rondes bien enfoncées sur le bout de son nez, sa pipe au coin des lèvres, des volutes de fumée s’échappant de son sourire, ses boucles blondes soigneusement tirées vers l’arrière de son crâne pour tenter de les dompter. Et puis sans qu’il ne comprenne vraiment comment ni pourquoi c'était arrivé, le regard de Noah s’était ensuite imposé à lui, comme une évidence. Peut-être qu’il avait enfin trouvé une raison de s’en sortir. Peut-être aussi qu’il était maintenant trop tard pour pouvoir y songer.

Les jours s’étaient écoulés le plus lentement du monde, Timothy réalisant qu’il faudrait qu’il finisse par sortir pour s’approvisionner en eau et en nourriture, prenant également conscience du fait qu’il n’avait pas donné de signe de vie à qui que ce soit depuis… Trop longtemps maintenant. Il s’était simplement contenté d’écrire à Sanja pour lui expliquer qu’il ne pourrait pas venir travailler, avant de s’empresser d’éteindre son téléphone pour se couper du reste du monde et tenter, pour la millième fois, de disparaitre. Lors des rares fois où il avait fini par mettre le nez dehors, il avait croisé Damian qui lui avait redonné le sourire et sans doute suffisamment de force pour répondre aux messages de Noah. Même si les deux blonds décidaient de ne plus jamais se revoir, Tim lui devait malgré tout des excuses, et il avait fini par demander à Noah s’il voulait passer le voir chez lui. Invitation à laquelle le facteur avait répondu positivement.

À quatorze heures ce jour-là, Timothy était donc fin prêt à recevoir l’autre homme après avoir rangé son appartement de font en comble, histoire de laisser croire qu’il ne s’était pas laissé aller une seule seconde et que tout allait pour le mieux depuis qu’il était rentré de la fameuse réunion. Il s’était habillé de la manière la plus simple qui soit, un jean noir et une chemise que Tim avait tenté de repasser faisant parfaitement l’affaire. Quand la sonnerie avait retentit, il avait jeté un rapide coup d’oeil à la pièce et à sa tenue pour vérifier que tout était en ordre avant de se diriger vers la porte. La main sur la poignée, il hésita encore une fraction de seconde, prenant une grande inspiration avant de l’ouvrir enfin.

Son regard croisa celui de Noah. Voilà. Il n’y avait pas grand chose d’autre à dire. Ces simples mots se suffisaient à eux-mêmes. Pour une raison qu’il ne maitrisait toujours pas, les joues de Tim se mirent à rougir. Il tenta un maigre sourire, ne sachant pas vraiment qui il cherchait à convaincre le plus de lui ou de Noah. « Hey… Hi. » Il cherchait déjà les mots justes pour s’excuser et même s’il avait répété cent fois cet instant dans sa tête, Tim ne semblait pas plus rassuré. « I’m sorry for not… getting back to you sooner. I really am, I… And God, I’m also being rude, sorry. Please, come on in. » Faisant un pas sur le côté pour laisser entrer Noah, il referma rapidement la porte derrière eux pour à nouveau se couper du reste du monde. « I just… I made some tea, do you want some ? » Après tout, il fallait bien qu'il fasse semblant d'être encore vivant, pas vrai ?

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Tim & Jerry
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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Ven 21 Nov - 20:11

Il avait le coeur battant.

Cela arrivait très souvent lorsqu'il était sur le point de voir Tim. Noah ne savait pas encore si c'était une bonne sensation, mais il était là, il était en vie, à fixer cette porte pendant une fraction de secondes. Il se demandait comment se portait l'autre homme. Mal, très certainement mal, maintenant il fallait savoir si son esprit avait vagabondé jusqu'aux mystères de cette ville et de cette eau un peu trop rouge. Savoir s'il avait osé rêver, osé cauchemarder, seulement pour se réveiller le souffle court, là entre ses draps. Il avait vu la peur dans les yeux de l'autre blond ce jour-là et il aurait voulu y faire quelque chose mais Noah avait rapidement décrété, d'un commun accord avec lui-même que ce genre de pensées était déplacé. Ils étaient juste amis et Noah ne pouvait pas juste le prendre dans ses bras comme son instinct lui disait, lui criait, de le faire. Il ne pouvait pas, ce qu'il pouvait faire en revanche, c'était être là pour Tim et espérer que cela soit suffisant.

Le blond songeait à tout ceci au moment où la porte finit par s'ouvrir, révélant Timothy. Un seul regard et Noah esquissa un sourire à son tour, ayant l'impression qu'on venait de lui ôter un poids de la poitrine alors que son regard bleuté rencontrait celui du pianiste. Peut être qu'il aurait dû y lire quelque chose supplémentaire, il avait été content que Timothy réponde enfin à ses messages. Soulagé de savoir que l'autre homme continuait de vivre. Juste continuait. Personne ne vivait correctement à Dödskalle de toute façon et c'était tout ce que Noah pouvait demander à Timothy. Il butait déjà sur les mots et Noah ne put s'empêcher de murmurer un :  "Don't worry about me, okay Timothy?" alors qu'il était invité à l'intérieur. Il réalisait que c'était une étape importante pour l'autre blond, il ne devait pas souvent recevoir du monde chez lui, pas de fête organisée chez Timothy et pourtant Noah se disait que cela pouvait être une bonne idée. Ou alors c'était uniquement parce qu'il pensait à Timothy blotti contre lui alors qu'ils discutaient de tout et de rien. Dans une autre vie peut être… Peut être. Noah rentra dans l'appartement de Timothy, son regard se promenant rapidement sur ce qui lui paraissait comme un minuscule petit appartement. "Yeah… Tea would be nice." répondit-il enfin, repérant le canapé et se disant qu'il avait besoin de s'asseoir.

L'endroit était confortable et cozy et Noah pouvait très bien imaginé Timothy lové dans le canapé, une épaisse couverture rabattue sur ses jambes, en train de boire du thé ou de composer un morceau de musique. Le blond ôta sa veste et se laissa retomber sur le canapé avec un naturel déconcertant, comme s'il était déjà venu ici et comme s'il connaissait l'endroit par coeur. Peut être qu'il aurait dû apporter des fleurs, histoire de laisser sa trace. Noah regretta aussitôt cette pensée, cela était bien présomptueux et peut être que Timothy n'aimait pas les fleurs. Et… le blond n'avait jamais offert de fleurs à qui que ce soit d'ailleurs, il n'en avait jamais ressenti le besoin et on ne lui en avait jamais laissé l'occasion. Il n'était pas galant et il était bien trop brute pour ce genre d'acte de tendresse et il se serait senti idiot dans la boutique. Quel genre de fleurs Tim aimait-il si c'était le cas? Jesus Noah stop thinking, se dit le blond alors que son regard se posait de nouveau sur Tim qui s'affairait dans la cuisine. Noah aurait probablement dû dire qu'il préférait le café mais il conserva le silence pendant quelques secondes, avant que le besoin de parler, de rendre toute cette situation, cette visite, normale se fit ressentir. "Your place is… great. Kinda small if you ask me, but then again, I'm really really tall." dit-il sur un ton joueur, regardant toujours Timothy. Il essayait de briser la glace, de lui faire comprendre que son silence était pardonné. Que Noah comprenait. Que lui aussi il avait eu peur et que lui il avait chassé les gouttes de sang sur sa peau avec un certain dégoût, ne sachant pas vraiment s'il était dans un rêve ou dans la réalité. Il n'avait jamais fait de telles confidences à voix haute et à dire vrai, Noah se se confiait jamais.

"I'm…. I should have probably brought a DVD for… you know, we said that we were going to watch a movie, eventually, that could be nice… for a few hours. Well if you still want to do that." Noah n'avait jamais été autant incertain d'une phrase que celle-ci. Que faisait-il? Détendre l'atmosphère n'était pas son fort et il avait envie d'une cigarette. Non, pas ici, hors de question de question de souiller le petit havre de paix de Timothy avec sa fumée de cigarette. "I'm sorry if that sounds so sudden… Just figured you'd rather talk about that than… You know." Noah préférait être honnête encore une fois et au moins… si Tim fuyait, Noah savait où le trouver.  

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Ven 5 Déc - 7:19

« Don't worry about me, okay Timothy? »

Justement. Timothy ne s’était pas inquiété pour Noah. Il avait pensé à lui à de maintes reprises, évidemment, et il s’était autorisé à se demander si le grand blond allait bien et si ses nuits n’était pas trop agitées suite aux évènements qui avaient récemment eu lieu. Mais il ne s’était pas fait un sang d’encre, non. Il n’y avait songé que quelques rares fois en accomplissant les gestes les plus simples du quotidien, comme remplir une casserole d’eau pour la faire bouillir et ainsi préparer son infusion favorite. Il s’était demandé si ses mains se seraient arrêtées de trembler et si il aurait peut-être eu plus de facilité à respirer si le facteur de la ville s’était trouvé à ses côtés alors qu’il quittait péniblement ses draps, le souffle court et le regard humide. Mais tout cela était bien égoïste, bien trop centré sur lui-même, lui qui ne semblait réfléchir à rien d’autre qu’aux avantages qu’il pourrait tirer de la présence de l’autre homme. Même au creux de la nuit noire et terrifiante, celle qui lui avait arraché tous ses rêves pour le nourrir de cauchemars insoutenables, lorsque son esprit perdu et apeuré se refaisait le film de cette soirée sanglante et que chaque détail paraissait encore net, le visage de Noah apparaissait encore plus distinctement dans le souvenir et il n’y avait qu’ainsi qu’il pouvait savoir qu’il était encore vivant. Parce que Noah l’avait raccompagné chez lui, ils avaient fait ce chemin ensemble, et il aurait voulu sortir pour aller le chercher, pour qu’il le ramène encore et qu’ils fassent ce trajet à l’infini, simplement pour que le coeur du musicien batte le rythme moins lourdement dans sa poitrine fragile. Alors Tim s’en voulait terriblement. De ne pas être mort d’inquiétude, de ne penser à Noah que lorsqu’il avait besoin de se calmer. C’était un peu comme si il cherchait à se servir du grand blond dans le fond, et pour le pianiste, un tel comportement était absolument inacceptable. Le blondinet se contenta alors d’un autre sourire en coin, un peu gêné celui-ci, avant de refermer la porte derrière eux et de se diriger vers le recoin qui lui servait de cuisine, ouverte sur le salon, pour préparer du thé. Pour deux cette fois-ci. Comme il l’avait imaginé.

Ouvrant une énième bouteille d’eau minérale pour faire chauffer ce dont ils auraient besoin, il relevait simplement la tête de temps à autre pour croiser le regard de Noah qui lui faisait remarquer que son appartement paraissait plutôt petit. Oh, s’il avait eu le courage des gens extravertis et bavards, il n’aurait sans doute pas hésiter à expliquer les raisons pour lesquelles il avait choisi cet endroit plutôt qu'un autre. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, Timothy avait fini par apprivoiser les espaces confinés et ils lui servaient maintenant de refuge. Et puis contrairement à Noah, il fallait bien avouer que le jeune homme ne prenait pas tant de place que cela, sa timidité accentuant très certainement sa maigreur et sa vulnérabilité, tant et si bien qu’il était parvenu à se fondre dans le décor avec une telle facilité que cela en devenait déconcertant… Posant la casserole d’eau sur la gazinière, il songeait distraitement à la petite dizaine de théières qu’il possédait et dont il aurait pu se servir pour accueillir le Diesbach dignement, mais il ne parvenait plus à les utiliser. Non, une fois couverte, le liquide qu’elle contenait disparaissait du camps de vision de Tim qui paniquait ensuite à l’idée que l’eau claire et limpide ne se transforme, sous l’effet de la chaleur, en une substance plus pourpre et épaisse que celle qu’il souhaitait ingérer. Tant pis pour la présentation et le fameux tea time à l’anglaise auquel on l’avait habitué, les traditions pouvaient attendre quand le pianiste cherchait simplement à ne pas offrir du sang à son invité. Mais il fallait qu’il pense à autre chose. Et Noah était là, il était quelque part derrière lui, dans son salon, et le simple fait d’entendre sa voix le ramena à la réalité. Comme il l’avait imaginé.

Tim se retourna une nouvelle fois, se tenant derrière le comptoir de fortune qui servait de séparation entre les deux espaces, hochant la tête lorsque Noah parlait de film, ce dernier déclarant au passage qu’il aurait peut-être du en apporter un avec lui. Évidemment que Timothy voulait encore qu’ils puissent faire tout ce qu’ils avaient prévu de découvrir ensemble. Dans le fond, peut-être que leur histoire était destinée à ne jamais aller au-delà de l’amitié, à ne pas dépasser ce stade-là ? Est-ce que Tim pourrait vivre avec ? Sans doute. Après tout, Noah ne lui appartenait pas. Il n’était pas à lui. Et il avait très certainement les mêmes besoins que les hommes de son âge et c’était une chose que le Carrington ne pourrait sûrement jamais lui procurer tant la simple idée de se retrouver nu face à un autre homme, surtout de l’envergure de Noah, le pétrifiait et lui donnait envie de s’enfuir le plus loin possible. En l’occurrence ici, il n’était pas encore question de tout cela, et par conséquent, Tim n’avait aucun souci à se faire quant aux intentions de son hôte, pas vrai ? Il s’était donc contenté de baisser la tête l’espace d’une fraction de seconde, songeant à ce qu’il allait pouvoir répondre pour témoigner son enthousiasme à l’idée de partager tous ces moments à venir avec le grand blond, même si son attitude ne laissait pas encore transparaitre un tel désir ; mais la voix de Noah retentit alors à nouveau, et plus surpris par ses mots qu’autre chose, Tim répondit aussitôt, dans un souffle, comme s’il cherchait soudainement à se défendre, son regard fixant le vide en espérant peut-être que ce dernier parviendrait à l’absorber pour le faire disparaitre. « I don’t want to talk about it. » Réalisant immédiatement qu’il avait répondu peut-être un peu trop sèchement et rapidement, il releva enfin la tête, affrontant le regard bleuté de Noah en espérant peut-être qu’il parviendrait à s’y noyer pour enfin disparaitre. « I’m sorry I just… I don’t want to talk about it, every time I even think about it I… » Il sombrait oui, littéralement. À chaque fois que son esprit regagnait cette piscine, le jeune homme se retrouvait happé par le souvenir, et Noah n'était tout simplement pas là pour l’aider à se sortir des eaux profondes dans lesquelles il risquait de périr. Comme il l’avait imaginé.

Il ne fallait pas que ses mains tremblent. Il ne fallait pas que son rythme cardiaque s’accélère. Il ne fallait pas que de fines larmes naissent aux coins de ses yeux. Non, il devait continuer de faire comme si de rien n’était. Mais face à Noah, la tâche s’annonçait bien plus difficile et compliquée que prévue. Timothy se retourna presque instinctivement, tournant le dos à Noah, songeant qu’il serait peut-être utile de porter toute son attention sur l’eau qu’il avait versé dans la casserole peu de temps auparavant. « I’m sorry. We’ve only been alone together twice and I keep wasting your time with my stupid feelings, but I… » Par peur que Noah le prenne mal il lui fit face à nouveau, ne faisant pas attention à la queue de la casserole qui cogna contre sa hanche, une partie du liquide tiède imprégnant aussitôt sa chemise. « Shit. It’s fine, it’s nothing. I’m fine… », dit-il en se doutant que Noah réagirait rapidement face à cette catastrophe domestique. Mais en croisant à nouveau le regard de l’autre homme, il réalisa à quel point il avait tout gâché, à quel point il était maudit et à quel point il souhaitait tout reprendre depuis le début pour finalement réussir à être à la hauteur. « No you know what, I’m a mess. I’m a complete mess and I don’t even know you that well but I feel like I need you and… » Les derniers mots ne parvinrent jamais à sortir, mais s’il en avait eu la force, Timothy aurait demandé à Noah de le prendre dans ses bras. Là, maintenant. Comme il l’avait imaginé.  

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Jeu 11 Déc - 20:41

Il y avait probablement quelqu'un ou quelque chose qui avait forcé Timothy à se cloitrer dans un tel appartement et ce même avant les événements de la piscine. Tout comme il y avait bien quelque chose qui avait contraint Noah à finir avec sa valise à la main et son coeur brisé dans sa paume à Dödskalle. Le blond le savait tout simplement, l'autre homme n'avait même pas besoin d'essayer de lui décrire l'horreur qu'il avait vu dans sa vie ou comment est-ce que ses premiers sourires avaient disparu ou comment diable il avait appris qu'il ne fallait pas sourire… Noah savait tout simplement, peut être que lui et Tim ne se tenaient pas droit, du moins pas comme les autres, peut être que c'était dans leur yeux d'un bleu si différent ou alors peut être que Noah l'avait perçu dans la musique du pianiste... Peut être que les notes avaient réussi à le réconforter lui parce qu'il avait besoin d'entendre ce genre de musique, qu'il y avait eu un point, un moment, une pause, une éternité où il avait été dans le noir et qu'il n'y avait que les touches et la mélodie pour le guider. Sans doute, c'était bien comme ça qu'il avait vu Timothy la première fois, assis devant son piano et c'était tout naturellement qu'il s'était installé à sa table, fasciné, ses problèmes de la journée semblant s'envoler. Il était là à présent et peut être que c'était égoïste de sa part, mais il avait envie de demander à l'autre homme d'oublier le thé et de s'asseoir et de réconforter leur coeur à tous les deux. Égoïste sans doute car il ne savait pas vraiment ce que Tim puisait dans son âme pour jouer, il ne savait pas à quel point on retrouvait l'autre homme dans sa musique, il ne le connaissait pas encore pour exiger ça de lui et il s'en voulait, se trouvait idiot parce qu'il n'avait absolument rien à offrir.

Noah se disait juste qu'il y avait peut être un univers où les choses étaient différentes, qu'il y avait un Timothy et un Noah qui souriaient tout le temps, pour rien, qui seraient sans doute sorti pour apprécier les derniers beaux jours avant l'hiver. Noah adorait la neige peut être qu'il aurait montré à Tim de quelle façon il attrapait toujours les flocons pour les faire fondre sur son nez ou sur sa langue et ce depuis son jeune âge. Il aurait sans doute vu Timothy sourire et il l'aurait soulevé pour qu'ils se laissent retomber dans la neige, le visage de Noah contre les joues rouges de Timothy. Rougies à cause du froid, à cause de leur rire. That could be us, avait envie de dire Noah, that could be us right there, not worrying, just holding hands and smiling. Mais le blond ne dit rien, il se confondit en excuse et il prit une profonde inspiration en croisant le regard de Timothy lui disant qu'il ne voulait pas parler de cette nuit. Noah comprenait et respectait son souhait, lui avait d'autres nuits et d'autres cauchemars à ressasser, ce n'était donc rien… Il savait quel triste sort lui réserverait Morphée lorsqu'il rentrerait ce soir. "… Sorry." Murmura Noah plus pour lui-même que pour Timothy. Il aurait voulu se lever et faire toutes ces choses qui appartenait à une vie distante, dire merde à l'univers et même à cette ville, ils avaient assez suffisamment soufferts, ils en avaient assez vu, peut être qu'il était temps de faire une pause. Pouvait-on faire une pause sur sa propre existence, sur ce qu'on était vraiment? Bonne question. Tim avait besoin d'une pause, c'était certain et sans même s'en rendre compte, Noah fut sur ses deux pieds alors que l'autre homme lui tournait le dos. Ils avaient besoin d'une pause. "It's not fine Timothy." lâcha alors Noah, pas certain de ce qu'il devait faire. Il avait l'impression d'avoir pris une décision, d'avoir passé un accord avec lui-même, s'il pouvait juste essayer. Juste être assez pour Timothy et ensuite il ne demanderait rien d'autres, Noah ne pouvait pas rester sur le pas de sa porte, il voulait rentrer, il voulait essayer d'être là pour Timothy et voir ce qui se passerait ensuite.

« No you know what, I’m a mess. I’m a complete mess and I don’t even know you that well but I feel like I need you and… »

C'était tout ce que Noah avait besoin d'entendre. Timothy avait besoin de lui, il ne savait probablement pas qu'il était le premier à prononcer ces mots-là depuis des années et que Noah s'était résigné et dit que plus personne ne pouvait vouloir de lui. Le pianiste ne le connaissait pas mais tant pis, il n'avait pas vu ses mains couvertes de sang, il ne connaissait pas la rage qui pouvait l'habiter parfois et de quelle façon, tous les jours, il pleurait encore la mort de sa mère dans chacun de ses gestes, dans chacune des prières qu'il n'osait formuler à voix haute. Peu importe, il était là, Timothy était là. Le reste? Il n'en avait pas besoin. "Tim… Look at me, you're not a mess, you're just you and you've been through a lot, you're allowed to freak out." dit Noah pour briser le silence qu'il y avait entre eux. Il prit une profonde inspiration, faisant de son mieux pour offrir un véritable sourire à Tim. Il s'avança lentement vers ce dernier, pas après pas, lui laissant le temps de s'ajuster, ne désirant pas le brusquer. "I think you're way too hard on yourself, a lot of people are lost right now, you are allowed to, it doesn't make you weak or anything like that. You're just human Timothy and we all got scared and we are all trying to move on, there's nothing wrong with you Tim, you're perfect." Noah était dans la cuisine à présent et il n'hésita pas à se rapprocher davantage de Tim, passant ses bras autour de la fine taille du pianiste le serrant contre lui.

"I'm glad you need me and I'm here, if that can make you feel a little bit better, I'm glad." Il était content car il avait enfin l'impression d'exister depuis qu'il était dans cette ville, il n'allait pas disparaître en fumée… Non, pas tant que Timothy le fixait.

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Dim 21 Déc - 19:30

Le pianiste avait déjà envie de fuir. C’était plus fort que lui, c’était comme ça. Ce n’était pas Noah dont il aurait voulu se débarrasser à cet instant précis. Non, bien au contraire. Il fuyait la bourrasque de sentiments qui lui soulevait le coeur et faisait trembler ses longs doigts fins et pâles. Il voulait se défaire de sa propre peau pour la laisser dans un coin afin de se mettre à la place d’un autre, changer de corps pour enfin s’approprier la nouvelle carcasse qu’il s’offrirait. Il voulait arrêter de courber les épaules et de sentir sa lèvre trembler dangereusement, un noeud se serrant au plus profond de sa gorge l’interdisant de parler et l’empêchant presque de respirer normalement, de fines perles brillants aux coins de ses yeux clairs. Il voulait apprendre à relever la tête quand il parlait enfin en tout franchise, quand ses pensées étaient révélées au grand jour et qu’il le regrettait presque aussitôt en se disant qu’elles ne valaient pas grand chose, qu’elles n’étaient même rien. Timothy voulait courir le plus loin possible pour ne pas voir Noah disparaitre face à ses propos sans intérêt, son désespoir et sa timidité qui le rendaient faible et insignifiant. Mais au lieu de cela, le grand blond s’approchait doucement pour ne pas le brusquer, lui confiant quelques vérités à son tour. Et pour la première fois de sa vie, Tim ne savait plus vraiment comment réagir. Il avait pris l’habitude qu’on lui dise de se taire et d’arrêter de faire l’intéressant dans le seul but d’attirer l’attention sur lui. Il avait appris à ne plus rien dire parce que le monde entier pensait qu’il faisait exprès de se donner un air triste afin qu’on s’apitoie davantage sur son sort. Mais il ne savait tout simplement pas quoi dire face à tout ça, en réponse aux propos de Noah. Tim était évidemment loin d’être parfait, mais chacun des mots dans la bouche de l’allemand lui laissait croire qu’il avait encore le droit de vivre et qu’il n’était pas venu au monde pour rien, en tout cas pas pour périr ici sans avoir pris le temps de sentir son coeur battre joyeusement dans sa poitrine. Le jeune homme avait espéré qu’on le rassurerait un jour de cette façon et maintenant que Noah était là pour le faire, il ne savait plus où se mettre, songeant un instant à se cacher derrière ses mains, ses bras restant pourtant à leur place, comme paralysés sous le coup de l’émotion. Au final, seul son regard fuyait un peu, ses joues rougissant de plus belle tandis qu’il se concentrait pour retenir ses larmes.

Les mains de Noah se retrouvèrent sur sa taille, leurs deux corps serrés l’un contre l’autre, et les mots ne venaient toujours pas. Tim aurait pourtant aimé être capable d’un tel discours lui aussi, ne serait-ce que pour dire à Noah à quel point il lui avait été impossible de faire confiance à qui que ce soit avant de croiser son regard. Certains pourraient sans doute croire que leur relation était surfaite, trop clichée, un peu banale et trop rapide pour qu’elle soit crédible. Après tout, combien de fois s’étaient-ils vus avant de terminer dans cette cuisine, leurs coeurs battant à l’unisson et se frôlant presque pour la première fois ? Trop rarement sans doute. Mais leur histoire n’en était pas moins facile ou évidente. Non. Il s’était passé une éternité avant qu’ils arrivent là. Tous deux avaient attendu, avaient traversé de nombreux pays, rencontré des dizaines de personnes et dans le fond, Tim avait toujours eu l’impression de le chercher. Lui. Celui qui lui manquait. Bien sûr, il avait renoncé très tôt à la vie de couple, au mariage, à l’amour de manière générale ou à la moindre relation qui lui semblait un peu trop intime. Mais cela ne l’empêchait pas d’espérer, d’imaginer, de croire qu’il existait un monde ou un univers dans lequel Timothy était heureux dans les bras d’un autre. Et peut-être qu’il avait enfin trouver les bras auxquels il avait toujours songé, réalisant qu’il n’y avait rien d’inquiétant lorsque son regard était plongé dans celui de Noah et qu’ils se tenaient si proches l’un de l’autre.

Timothy déglutit avec toute la peine du monde, ravalant son stress et son inquiétude, ne se concentrant plus que sur l’autre homme, ses yeux dérivant l’espace d’une fraction de seconde sur les lèvres du grand blond. Ce n’était ni le lieu ni le moment de songer à une chose pareille mais après tout tant pis si c’était bien la seule chose qui pouvait rassurer Timothy… Il soupira en se demandant simplement à quoi cela pouvait ressembler, de sentir les lèvres d’un autre sur les siennes. Non, pas d’un autre. Ce n’était pas n’importe qui. Ce n’était plus n’importe qui, ce n’était plus un rêve ni un espoir secret non plus. C’était Noah. Et sans oser bouger, Tim se jura alors qu’il n’y aurait que lui qui pourrait l’embrasser et poser ainsi ses mains sur sa taille… Mais peut-être qu’ils étaient condamnés à rester de simples amis pour le restant de leurs jours ? Peut-être que Tim s’emballait ? Reprenant doucement ses esprits, il aurait voulu tout de même apprendre le secret de Noah, savoir par quel miracle il pouvait être aussi grand et fort mais pas plus effrayant que les autres, pour ne pas dire que ses épaules larges semblaient bien plus rassurantes que celles que Tim avait pu croiser par le passé. It must be in your eyes. I don’t know, I can feel these things. I can see them. And something tells me you're broken too. Voilà ce que Tim se disait en se plongeant à nouveau dans les prunelles bleutés de Noah. « I’m here too if you ever need me, okay ? » Il n’avait pas osé dire merci ni faire comprendre au facteur à quel point il avait eu besoin d’entendre tout ceci. Quelque chose lui laissait croire que le grand blond s’en doutait forcément, et il voulait simplement rappeler que tout ne tournait pas autour de lui, qu’il n’était sans doute pas le seul à avoir besoin d’aide et qu’il ne voyait pas pourquoi il parlerait de lui et uniquement de lui. Non, Noah avait été là lui aussi, et s’ils ne savaient rien encore l’un de l’autre, ils avaient vécu cet épisode en commun et Tim refusait de le laisser sur la touche simplement parce qu’il avait du mal à gérer ses propres ressentiments.

Son rythme cardiaque s’étant alors ralenti, Timothy s’autorisa enfin un mouvement, les larmes aux bords de ses yeux disparaissant peu à peu. Se rapprochant encore davantage de Noah, il se colla contre lui, les mains plaquées contre son torse, tout près de son col, venant poser timidement sa tête contre son épaule pour se blottir dans son cou. Il ne savait pas très bien si c’était l’odeur naturelle de Noah ou son parfum qu’il pouvait sentir là, mais dans tous les cas, Tim aurait certainement pu passer des heures comme ceci, s’extirpant enfin du monde dans lequel il vivait pour s’en créer un autre dans les bras de Noah. « Can we just… Can we stay like this… For a while ? I mean only if you want to of course but… » Et presque aussitôt, Timothy inspira un grand coup pour se retenir de se confondre en excuses après avoir fait une proposition qu'il jugeait particulièrement déplacée et inappropriée…

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Ven 2 Jan - 19:12

"Just breathe." murmura Noah en allemand, calant Timothy contre lui.  

Le blond n'avait jamais vraiment été doué avec les mots, il avait tout simplement dit tout ce qu'il avait sur le coeur, se disant que Tim avait besoin d'entendre qu'il n'était pas le seul à être complètement perdu. Noah vivait aussi à Dödskalle, depuis plus longtemps que lui mais la ville n'avait aucun sens. Le monde n'avait jamais fait de sens pour lui et tandis qu'il serrait le pianiste contre lui, il ferma les yeux, se forçant également à respirer le plus lentement possible, espérant que Timothy se détende. Peut être que l'étreinte arrivait un peu trop tôt, peut être qu'ils auraient dû parler davantage, apprendre à se connaître, rire et sourire mais Noah n'avait pas envie de parler. Le silence à deux avait quelque chose de plutôt réconfortant et il se disait qu'avec Timothy contre lui, il pouvait se laisser sombrer. Il avait l'impression d'avoir perdu une éternité avec les bras ballants de part et d'autre de son corps sans personne qu'il pouvait aimer correctement.

On qualifiait Noah de brute, il n'avait jamais refusé le surnom ni même l'appellation et il savait bien qu'au fond de lui-même, le destin avait été assez clément avec lui pour le laisser prendre de la taille et des muscles afin que plus personne ne puisse le tourmenter. Sa mère morte, son père loin, le blond ne voulait plus revivre les mêmes supplices et se retrouver à pleurer et à lutter pour sa propre vie. Plus jamais ça. Plus jamais les larmes, plus jamais la douleur, plus jamais les cicatrices et surtout plus de nuit blanches, recroquevillé sur lui-même à tenter de pleurer dans le noir et en priant pour disparaître. Dieu était un connard qui s'était toujours bien foutu de lui et qui se distrayait sûrement avec sa vie. Noah était sûr de cette affirmation et aussi sûr que cela il avait grandi pour devenir quelque chose de létal que rien ne pouvait atteindre. Pas les mots, pas le vent, pas les gestes. Il avait été beau, il avait été grandiose et il avait tué lui aussi, il avait ôté la vie avec ces mains qui étaient posées sur la taille de Timothy. C'était les mêmes mains, les siennes et il avait pris du plaisir à torturer et à tuer, donnant tout ce qu'on lui avait infligé pendant tant d'années. Ce n'était pas juste? Et alors...? Noah n'avait été qu'un enfant à l'époque, pas en âge de se défendre et encore moins en âge de comprendre, la vie ne l'avait pas épargné, alors il n'avait épargné personne.

Mais Noah était tout de même capable d'aimer, il y avait eu sa mère et ses étreintes et ses sourires. Des sourires rien que pour lui. Noah aimait de la même façon, avec la même force et avec la même passion qui le faisait bouger avec violence parfois. Il n'y avait pas de juste milieu dans son univers et trop peu de fois, il s'était cru amoureux et trop souvent on lui avait dit de s'arrêter. De stopper ses élans, qu'il en faisait trop. Noah n'aurait jamais cru qu'il était possible de trop aimer quelqu'un, mais si, c'était possible, et peut être que dans le fond c'était son amour à lui qui avait tué Sera et leur futur enfant. Il ne saurait jamais. Peu importe, à présent il portait son coeur en bannière et il attendait que Dieu vienne le reprendre. Noah était certain que sa fin serait horrible, affreuse, qu'on ne le reconnaîtrait plus une fois que l'ange de la mort en aurait fini avec lui. Alors il attendait patiemment, sagement. Et maintenant il y avait Timothy dans ses bras. Tim qui se collait à lui, avec sa tête dans son cou. Tim qui pouvait être là pour lui. Noah inspira profondément, puisant tout ce dont il avait besoin dans cette étreinte, fermant un instant les yeux.

Il avait envie de dire à Tim de se taire, qu'il finirait par regretter sa promesse, car Noah allait trop en faire comme à son habitude. Si Tim avait besoin de lui alors il lui faudrait des règles et des limites pour ne pas trop aimer et pour ne pas trop lui en donner. It's crazy, I don't even know him, se dit Noah en rouvrant de nouveau les yeux et en rencontrant les boucles blondes de Timothy. Pourtant il avait l'impression de le connaître, chacun de leur échange avait été utile et ils ne s'étaient pas perdus dans les faux semblants et dans les conversations inutiles. Et la façon dont Tim le regardait et cette façon dont son corps semblait se fondre à la perfection avec celui de Noah... C'était comme si Noah était enfin bon à quelque chose et qu'il était fait pour ce moment, et qu'il savait que Timothy avait besoin de lui et de tout ce qu'il donnait en trop. Noah esquissa un sourire aux prochains mots de Timothy, le pianiste confirmant le fond de sa pensée sans le savoir. "… We can stay like this for a while, I don't mind." murmura le blond avant de déposer un léger baiser, presque l'ombre d'une ombre, sur le front de Timothy. "This is nice, and don't be surprised if I'm having trouble letting you go after a while." avoua Noah, bien décidé à ne pas mentir à l'autre homme. Cela pouvait être une après midi, quelques mois, des années, une éternité… Noah n'avait plus rien à perdre, tout ce qui lui restait, il pouvait le donner à Timothy et il pouvait le faire sans une once d'hésitation avec un sourire aux lèvres.

Si Timothy pouvait murmurer encore et encore qu'il avait besoin de Noah alors… Alors Noah déposerait ses lèvres sur celles de Timothy encore et encore, pour l'embrasser une fois, dix mille fois, jusqu'à ce que l'autre homme lui dise de s'arrêter. Noah laissa échapper un autre soupir, se maudissant presque. Il en voulait déjà trop, embrasser Timothy semblait être exclu de l'équation à cette seconde précise, il ne voulait pas pousser l'homme dans ses retranchements plus que nécessaire. Noah déposa un autre baiser sur son front avant de lancer un bref : "… But maybe we should go to the couch? Here, let me…" Sans le moindre effort, Noah souleva Tim du sol, le portant dans ses bras avant de se déplacer jusqu'au canapé et s'asseoir avec le pianiste tout contre lui. "Much better." déclara Noah avec un maigre sourire.

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Mar 20 Jan - 3:31

Timothy avait toujours eu l’impression d’être un poids, un lourd fardeau sur les épaules de l’humanité toute entière qui rêvait de pouvoir un jour le poser à terre et ainsi le confier aux entrailles du monde. Tim avait sans cesse eu la sensation de gêner, d’être la personnification même de l’ennui, surtout dans les yeux de sa mère qui avait passé tant d’années à embrasser son front comme si quelqu’un l’obligeait, comme si le souvenir d’Holden Carrington était encore suffisamment présent dans sa mémoire pour qu’il revienne la hanter et ainsi la convaincre qu’elle devait encore aimer leur fils. Mais si elle ne l’avait pas fait pour son défunt mari, elle aurait certainement cessé de prêter attention à sa propre progéniture. Est-ce qu’elle se rendait compte ? Évidemment. Bien sûr qu'elle s’en voulait d’être aussi mauvaise, de ne pas pouvoir s’empêcher de reprocher des milliers choses à son fils quand elle croisait son regard et qu’elle le voyait dessiner sur la table basse du salon en continuant de parler comme si Holden était encore vivant et qu’il se trouvait juste à leurs côtés. Elle savait pertinemment que ce gamin manquait cruellement d’amour, particulièrement de celui qu’elle n’avait jamais pu lui offrir, et c’était sans doute la raison pour laquelle elle refusait inlassablement de l’entendre témoigner sa tristesse, le traitant de menteur à chaque fois qu’il osait faire part de l’horreur qu’il subissait. Si elle avait eu assez de cran ou d’audace pour lui répondre, si elle avait au moins eu la folie d’être franche avec lui, elle lui aurait dit d’arrêter de faire croire qu’il était persécuté par les autres alors que le problème venait d’elle et d’elle uniquement. Peut-être même lui aurait-elle pardonné si toutefois il avait eu le courage de lui dire qu’il souffrait par sa faute, mais chaque mot qui franchissait les lèvres de Timothy ne faisaient qu’alimenter le dégoût qu’elle éprouvait presque à son égard, finissant d’achever le garçon qui se sentait maintenant bien trop lourd pour espérer un jour pouvoir continuer à avancer.

Mais dans les bras de Noah, Tim était aussi léger qu’une plume, son poids devenu soudainement insignifiant, son corps lévitant pratiquement au-dessus du sol, ses bras maigres s’enroulant autour du cou de l’allemand tandis que sa tête venait automatiquement se loger sur son épaule, comme si sa place se trouvait là. Est-ce qu’on avait déjà soulevé Timothy de cette façon ? Est-ce qu’on s’était déjà chargé de le porter pour lui épargner de devoir faire quelques pas en avant ? Est-ce qu’on avait déjà eu envie de ne plus le lâcher ? Non, bien sûr que non. Jamais. Et c’était même presque impressionnant de se dire que si Noah n’avait pas été présent, Tim serait sans doute tombé. Ou peut-être aurait-il simplement perdu l’équilibre l’espace d’un instant… Et dans les bras de Noah, confortablement blotti entre ses épaules larges, aussi vulnérable et fragile qu’au premier jour, il ne put s’empêcher de sourire, ses joues pâles se teintant d’un léger voile rose, ses yeux bleus détaillant le visage de Noah avec précision comme pour s’assurer qu’il parviendrait à le redessiner par la suite, même les paupières closes. Tim avait envie de lui dire qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que Noah ne le laisse jamais plus repartir parce qu’il pouvait le sentir au plus profond de ses entrailles et de toute cette masse de chair et de sang qui le constituait ; il sentait qu’il serait bancale sans l’allemand à ses côtés, il sentait qu’il pouvait enfin faire partie d’un tout et ne plus être la moitié de rien, il sentait qu’il pouvait à nouveau croire en quelque chose.

Une fois installés sur le canapé, Tim réalisa finalement à quel point il s’emballait, à quel point son coeur tentait de battre aussi vite que sa pensée. Ses bras encerclaient toujours la nuque de Noah et son regard croisa le sien l’espace d’un instant avant que les yeux de Timothy ne viennent s’égarer sur les lèvres du grand blond. Est-ce qu’il avait déjà songé à cela au cours de sa vie ? Accomplir une chose aussi simple que celle-ci, effleurer les lèvres d’un autre ? Sans doute y avait-il réfléchi une ou deux fois avant de réaliser que ce n’était pas fait pour lui, qu’il ne trouverait jamais personne qui le ferait douter à ce point, qui lui donnerait envie d’agir de manière si légère. Lui, le poids, le fardeau s’était interdit d’imaginer à quel point il serait agréable de pouvoir un jour voler un baiser pour ensuite sentir son coeur cogner contre ses lèvres. Pourtant face à Noah, il semblait envisager une telle chose pour la première fois. Pas simplement pour savoir, pas uniquement pour se rendre compte. Non, c’était bien parce que c’était Noah et que les choses paraissaient simples avec lui. Alors il observait ses lèvres, peut-être un peu trop longuement pour que cela paraisse naturel, prenant le temps de s’imprégner de tout ce qui pouvait naître en lui à cet instant précis, apprivoisant l’envie qu’il ne connaissait guère et qu’il n’avait jamais ressenti auparavant. Mais il n’était pas prêt. C’était bien trop tôt, bien trop futile et irréfléchi. S’il devait embrasser Noah un jour, s’il acceptait que cela puisse se produire, ce ne serait pas dans de telles circonstances. Pas quand tout s’était effondré seulement deux secondes auparavant et que tout paraissait plus beau quand Noah lui faisait quitter la terre ferme l’espace d’un court instant.

Le jeune homme aux boucles blondes finit par bouger, ne voulant pas rendre la situation plus inconfortable qu’elle ne l’était déjà, gardant ainsi ses bras pour lui et se blottissant finalement contre le torse de Noah, ses jambes repliées de son côté. Ses joues ne souhaitant toujours pas retrouver leur couleur naturelle, Tim se risqua donc à prendre la parole, jugeant qu’il ne pourrait certainement pas réussir à se sentir plus embarrassé que cela. « Noah, I’m… I’m really sorry for not texting you back or anything. I really am. I mean it’s kind of stupid of me not to do so and then tell you that I need you when you’re here… But it’s true though… I mean… The fact that I need you. I feel like it’s true. » Baissant encore davantage la tête contre l’épaule de Noah pour s’assurer que ce dernier ne pouvait pas le voir, Tim s’empressa de continuer de parler avant que sa gorge n'ait le malheur de se nouer et ainsi le rendre muet. « So again, I’m sorry… And I still… I still want to do all the things we talked about ? Like going out and watching movies. Or you talking about books that you read. I really want to do all that… With you… » Se risquant finalement à relever légèrement la tête pour capter le regard de Noah, le pianiste prit soin d’ajouter un dernier mot. « That would be really nice. » Et pour la première fois depuis des décennies, Tim pouvait se féliciter d’avoir réussi à mettre autant de mots les uns à la suite des autres sans même s’en excuser par la suite…

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Sam 31 Jan - 11:46

Noah était un peu trop conscient des paumes de Timothy contre sa nuque.

Ce simple contact avait quelque chose d'enivrant et le blond en était certain, il allait retirer de nouvelles marques de cette étreinte. Le genre de marques qu'il serait fier de montrer pour une fois, et probablement pour la seule fois. Il y avait les doigts de Tim qui effleuraient légèrement sa peau et ce corps pressé contre le sien, il pouvait sentir le coeur du pianiste battre la cadence et lui rappeler que oui, il était en vie et que oui, Noah était là. Noah avait envie de se pencher et de murmurer des questions à l'oreille de Tim, lui demander si c'était à cause de lui que son coeur s'affolait et si c'était bien pour lui qu'il rougissait. Et puis il y avait ce regard. Timothy était bien en train de fixer ses lèvres, pas de doute là dessus, est-ce qu'il se rendait compte des signaux qu'il envoyait? Probablement pas, et ce n'était pas Noah qui allait le stopper ou même l'avertir de ce qu'il faisait. Tim réfléchissait et le blond aurait voulu lui dire qu'il n'était jamais bon de trop réfléchir avant un baiser. C'était l'absence de réflexion totale qui donnait naissance au baiser, une envie, quelque chose de purement physique, un besoin presque primaire qui prenait naissance au plus profond de soi et bien loin des aires cérébrales. Si Noah posait ses lèvres sur celles de Tim et qu'il l'embrassait, il allait le sentir, le sentir contre ses lèvres, contre sa peau, dans chacune des cellules de son corps tandis que Noah l'embrassait sans aucune retenue.

Il avait déjà rêvé d'embrasser Timothy, oui, Noah était honnête avec ses propres désirs et sur ce qu'il voulait et désirait. Il savait qu'il s'appliquerait à embrasser le pianiste et que ce ne serait pas quelque chose de précipité ou de raté, ce serait tout simplement … parfait. Et si c'était toute la perfection qu'il pouvait lui donner, il allait le faire, c'était dans le fond l'une des seules que Noah savait faire correctement et il apprendrait à lire le corps de Tim et à analyser chacune de ses inspirations et le blond finirait par se cambrer sous ses doigts, ses boucles blondes sur l'oreiller de Noah qui l'embrasserait encore et encore…
Oui, Noah y avait pensé.

Pas pour aujourd'hui, c'était trop tôt, ils devaient passer plus de temps ensemble avant, et de préférence avec Tim dans ses bras, c'était ce que Noah se disait tandis qu'il resserrait légèrement Tim contre lui. Un nouveau sourire se dessina sur son visage et Noah fixa un instant les mèches blondes de Tim, puis le visage de ce dernier. C'était des excuses sincères et Noah les accepta en hochant la tête, avant qu'une de ses mains ne s'aventure vers le visage de Timothy, écartant une des boucles. "Tim you don't need to apologize, you just needed your space and your time, trust me I understand. I might be like this and now it's a good day, but maybe I don't know tomorrow or the day after I'm just going to shut down and smoke and don't talk at all… I get it. Trust me." Noah se révélait un peu plus avec ces mots mais la vérité était là, il ne pouvait pas garantir qu'un jour il ne pourrait pas parler et qu'il se contenterait de fixer Tim. Et cela ne serait pas de la faute du pianiste, non, c'était juste ainsi que Noah était fait et que certains matins il se réveillait avec les larmes aux yeux. Parce qu'il avait encore rêvé de sa mère, parce qu'elle avait trouvé le moyen d'avoir une emprise sur ses songes et lui rappeler qu'elle avait existé. Pour Noah qui dormait nu il était alors horrible de fixer son propre corps où régnait encore de nombreuses cicatrices, signes des années de torture et de fuite impossible. Impossible, impossible alors de parler et Noah ne pouvait plus rien faire. Emrik l'avait déjà vu ainsi, allongé dans le sol de son salon, à fumer ou en train d'écouter du Wagner, Noah ne pouvait vraiment rien faire dans ce genre d'état et juste attendre. Le temps chassait la peine et la peine chassait la mélancolie et tout redevenait… normal? Noah ne l'expliquait pas, c'était ainsi tout simplement. Il se disait qu'il devait prévenir Tim au cas où, peut être que lui aurait une solution, non, ce n'était pas le fardeau de Tim, c'était les souvenirs et la vie de Noah, il faisait de son mieux avec.

Il respira un grand coup, s'appuyant plus sur le dossier du canapé avant d'ajouter un: "Good, we can do everything we planned, I liked the sound of that… a lot." Noah insouciant? Oh non  il ne l'était jamais, il faisait juste très bien semblant. Il resserra encore Tim contre lui, la conversation dérivant sur les jours à venir et cela lui plaisait. "And since you don't like movies, we have to educate you, we'll start with the classics, in black and white and stuff, those are my favorites and therefore you would love them… Nah I'm just kidding." Le blond laissa échapper un léger rire, le premier et le vrai depuis trop longtemps.
"And I'm glad I could make you feel better."

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MessageSujet: Re: Ghosts that we knew — Timothy   Ven 27 Fév - 12:58

Tim n’avait pas bougé, et pourtant. Pourtant il aurait voulu avoir la force de déranger une autre de ses boucles blondes pour que Noah vienne la remettre en place à nouveau, qu’il puisse sentir sa main tout près de son visage, pas suffisamment encore pour que celle-ci puisse véritablement frôler sa joue, mais assez pour donner envie à Tim qu’elle s’égare un jour sur sa peau. Le jeune homme expira lentement, son regard ne quittant pas celui de Noah, comme s’il se sentait à l’aise avec lui, comme si tout ceci était naturel et qu’ils avaient agi de la sorte depuis des décennies. C’était nouveau et en même temps tellement facile à la fois que Tim ne savait plus quoi en penser, se demandant pourquoi il fallait qu’il rencontre finalement Noah ici et non ailleurs, dans une ville où il ne serait pas venu chercher tout ce que les rares touristes espéraient désespérément en mettant les pieds à Dödskalle. Il avait envie d’en faire de même, d’avoir la force d’amorcer un mouvement pour venir passer sa main dans les cheveux de Noah, connaître la douceur de ses mèches blondes entre ses doigts, mais il n’en n’avait naturellement pas la force et cette simple pensée suffit à faire rosir ses pommettes claires. La voix de Noah le fit redescendre sur terre, et attentif à tous les mots qui pouvaient bien franchir ses lèvres, Tim buvait encore une fois ses paroles.

Le pianiste hocha la tête. Oui, il comprenait. Lui aussi avait besoin d’être seul de temps à autre et il semblait que Noah soit comme lui dans le fond, qu’ils avaient beaucoup plus en commun qu’ils voulaient bien le laisser paraître. Le sommeil de Tim était également hanté, par d’autres démons, des monstres dépourvus de visages qui se déplaçaient dans la pénombre, peuplant sa chambre sans qu’il puisse rien faire, s’approchant jusqu’à son oreille pour lui murmurer des phrases immondes souvent dépourvues de sens. Parfois, il lui arrivait de sentir toutes ces bêtes sur son corps, ces mêmes créatures seulement pourvues de mains gigantesques qui se mettaient à grouiller sur sa peau déjà suffisamment salie par le souvenir. Enfin, c’était le vent qui soufflait dans ses rêves de temps à autre, ce même orage dévastateur qui avait fait disparaitre son père et qui lui avait arraché tout espoir. Cela arrivait tellement souvent que Timothy avait non seulement appris à vivre avec, faisant comme si ce n’était pas plus important qu’autre chose, songeant qu’il n’était pas utile de faire remarquer ce qui se produisait aussi fréquemment et facilement que ses poumons qui se remplissaient d’oxygène, continuant de se murer dans son silence pour chasser le problème dans un coin de sa tête et faire comme s’il n’existait pas ; mais le musicien avait également appris à se débarrasser de tous ces affreux songes sans même avoir besoin d’ouvrir les yeux parfois. Il s'appliquait, repoussant les ombres, se concentrant sur sa respiration avant de penser à la partition de son morceau préféré pour se rassurer. Cela marchait rarement, il fallait bien l’admettre, et il n’y avait que la lumière qui parvenait finalement à l’apaiser, mais il avait au moins le courage d’essayer. Alors Timothy pouvait comprendre, évidemment qu’il le pouvait, et il respecterait cela sans se poser de question, sans forcer Noah à parler quand il ne s’en sentait plus capable. Il se contenterait d’être là, comme une présence rassurante chargée de s’assurer que Noah allait finir par revenir sur terre à un moment ou à un autre. Ce n’était pas à lui de combattre les démons de Noah, ce n’était pas à lui de lui dire comment il devrait procéder. Non, il serait simplement l’épaule ou la main tendue vers lui quand tout semblerait perdu et que le grand blond aurait besoin d’un peu d’espoir pour continuer à mettre un pied devant l’autre et ne pas abandonner.

Tim ne s’était même pas aperçu que ses doigts qui se trouvaient bien près du col de l'autre homme avaient commencé à jouer timidement avec ce dernier, non pas par distraction mais sans doute par envie. Cela n’avait rien d’obscène, bien au contraire, ce genre de pensées ne traversaient jamais l’esprit du blondinet. Il agissait ainsi simplement parce que cela semblait naturel, possible, rassurant, agréable… Bref, parce que Noah était là et que Tim se trouvait contre lui et que chaque secondes passée ainsi ne semblait pas suffisamment réelle pour le plus jeune qui avait besoin d’une preuve sensorielle en plus de toutes les autres. Mais Noah reprit la parole, ne laissant alors pas le temps à Tim de se rendre véritablement compte de ce qu’il était en train de faire, ses yeux remontant à nouveau vers ceux de l’allemand. Le pianiste laissa échapper un rire à son tour, se disant qu’il était absolument certain d’aimer tous les films que Noah lui présenterait pour la raison qu’il venait si justement d’énoncer, réprimant l’envie soudaine de poser un baiser sur sa joue pour appuyer ses propos, son visage se teintant à nouveau tandis que le grand blond déclarait être ravi d’avoir pu aider Tim à se sentir mieux. Le sourire sur le visage du musicien ne s’estompait toujours pas tandis qu’il observait les lèvres de Noah à nouveau, ne comprenant pas vraiment pourquoi il avait subitement envie de lui parler et de partager la moindre de ses passions avec lui, songeant déjà aux croquis qu’il aurait pu lui montrer ou aux morceaux qu’il aurait envie de lui faire écouter. Non vraiment, Tim ne comprenait strictement rien à tout ce qui lui arrivait.

La seule chose qu’il savait avec certitude, c’était qu’il voulait reposer sa tête dans le cou de Noah, se blottir tout contre lui et rester ainsi à ses côtés jusqu’à ce que leurs deux corps ne puissent tout simplement plus le supporter.

« And I’m glad you’re here, Noah. I really am. »  


Fin du Sujet

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