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 He hit the ground, bang, bang! — Lyov

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Erre ici depuis : 20/07/2014
Âge : 28 ans
Missives : 920
Occupation : Ancien homme de main & homme à tout faire, facteur de Dödskalle
DC : Yngve l'amoureux des cadavres et Saria, l'amoureuse de la propreté.

Feuille de personnage
Dispo RP: Disponible
Son rêve: Il ne l'a pas encore fait, il est en ville depuis trois ans.
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MessageSujet: He hit the ground, bang, bang! — Lyov   Dim 31 Aoû - 13:37

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Hello Doc?
Yes we found a corpse...
What do you mine it's ours?

Trois jours.

C'était tout ce que Noah avait tenu. Trois jours sans boire aucune goutte d'alcool, trois jours sans fumée, trois jours à rester avachi sur le sol de son appartement, à regarder le plafond et ensuite tourner sa tête vers la fenêtre, pour déduire l'heure qu'il était. Il avait l'esprit complètement vide, il était ailleurs depuis... Depuis son rendez vous foiré avec Timothy. Noah ne s'en voulait pas d'être parti, il culpabilisait pour très peu de choses vraiment et il ne voyait pas son départ comme une erreur, Timothy prenait les décisions ou pas et quoi qu'il se passe, Noah continuerait de dormir, de manger, de respirer... De vivre. Au final, pas grand chose qui changeait. Il avait juste besoin d'un peu de perspective et de se retrouver seul quelques heures, quelques jours...

Le blond voyait rarement le temps passer lorsqu'il se retrouvait dans cette espèce de catatonie. Le poids de son corps n'était plus important, plus rien n'était important à part sa poitrine qui se soulevait et qui allait chercher ce précieux air qui était si nécessaire et si vital. Plus rien ne comptait, Noah aimait bien cet être dans cet état... Peut être qu'il y avait un sourire sur son visage, peut être pas, il n'était pas particulièrement heureux, mais il était en vie. Il avait presque l'impression de flotter... Non, ce n'était pas ça, il ne flottait pas, il tombait. Il tombait et il était loin de ses souvenirs, loin de sa propre conscience et loin de sa culpabilité. Et il n'y avait rien pour l'atteindre car il sentait le sol sous ses deux épaules et il savait qu'il était en sécurité.

Mais Noah avait bien fini par se lever pas vrai, il avait boité sous sa douche, baillant sous le jet d'eau et ne vérifiant pas son téléphone. Le bruit l'aurait sorti de sa torpeur, sans ce bruit, il n'existait pas, et personne n'avait besoin de lui. Ce n'était pas quelque chose qui l'effrayait, il ne comprenait vraiment pas ce que les gens trouvaient de si terrifiant dans la solitude ou même dans le silence. Cela n'était pas vraiment pesant, cela pouvait même être réconfortant. C'était principalement pour cette raison que Noah préférait distribuer le courrier aux premières lueurs du jour, quand les rues étaient encore désertes, vides, silencieuses... Dödskalle ne lui avait jamais paru menaçante, non, la statue de l'ange et les murmures de l'effrayaient pas, pas au vu de tout ce qu'il avait vécu. Déambuler dans les rues de cette ville lui donnait juste l'impression de rentrer chez lui. Peut être que Noah s'était endormi sous la douche, peut être, ça n'avait pas vraiment la moindre importance, il finit par en sortir et s'extirper de sa chambre habillé, les cheveux encore mouillé. La perspective de regarder un film sur son canapé ou même juste de lire ne l'attirait pas, il ne lui restait qu'une solution dans ces cas-là. Le bar. Noah attrapa sa veste en cuir et le pas traînant, les pieds nus, il se dirigea vers le seul bar de la ville. Franchement, un jour les habitants devraient faire quelque chose à propos de ça, ou c'était Noah qui accordait beaucoup trop d'importance à ce genre de détails. Probablement.

Lyov avait une chaise à sa taille et c'était toujours dans cette dernière que Noah finissait par tomber, les deux coudes posés sur le comptoir, sa bière près de lui. Il avait eu de meilleures bières dans sa vie, bien meilleures, avec une autre compagnie mais... ici c'était chez lui. Ceux qui venaient s'imbiber et tenter d'oublier leur rêve, il les comprenait. Ceux qui se sentaient obligés d'être bruyant, il les comprenait. Ceux qui étaient venu ici pour ne pas repartir seul ce soir... Il les comprenait. Il les comprenait parce qu'il avait été chacun d'entre eux, chaque soir, dans un but différent, chaque soir dans le but d'apaiser son envie du jour. Chaque soir, avec de la bière, avec du whisky, avec un alcool du choix maître des lieux... Au moins lorsque Noah ne se décidait pas à foutre le bordel pour qu'on le jette dehors, il était un bon client. Enfin, il se voyait tel quel, il buvait toujours seul, payait chaque verre, et ne demandait ni crédit ni même tournée qui aurait pu ruiner la petite affaire de Lyov. Un client exemplaire avec ses yeux bleus fixés sur sa bière. Non vraiment se dit Noah en buvant une autre gorgée, elle avait un goût vraiment infect, à croire que les suédois n'étaient pas très au fait de comment on devait faire de la bière. Mais bon, il ne pouvait pas être objectif, il avait du sang allemand qui courrait dans ses veines... Noah vida quand même sa bouteille et il en commanda une autre. Il n'était pas ce genre d'alcoolique qui exigeait qu'on laisse les bouteilles devant lui pour qu'il puisse observer ses exploits. Il ne buvait pas non plus jusqu'à cligner des yeux, à se mettre à trembler et oublier sa propre identité. Il avait en horreur ce genre de clients et il avait juste envie de les étrangler ou de les plonger la tête la première dans la cuvette des toilettes, la chasse non tirée, tellement cette notion même le répugnait. Noah buvait pour retrouver cette même léthargie, cet état qui l'avait conduit à rester chez lui pendant trois jours à ne pas bouger... Il le retrouvait de la même façon avec l'alcool, après chaque gorgée, après chaque bière et il y avait un sourire sur ses lèvres alors qu'il laissa retomber sa tête sur le comptoir, ses mèches blondes lui masquant soudainement la vue.

Son coeur battait plus vite que d'habitude, il pouvait l'entendre pulser, tout près de son oreille, comme si ce dernier essayait de lui murmurer un quelconque secret sur la nature de son âme... Il y avait ce coeur qui pulsait et qui faisait du tambour pour le reste de son corps, le reste de son corps complètement engourdi. Noah avait l'impression d'être dans une bassine d'eau tiède, la sensation était plutôt agréable et il poussa même un ou deux grognement avant de sentir quelqu'un bouger sur sa gauche. Il releva la tête lentement, constatant qu'il ne restait que deux clients dans le bar, lui et quelqu'un qui s'était déjà endormi sur une des tables. Cela eut le don de faire sourire Noah. "Vais aux toilettes et après je vous laisse fermer." lança le blond, à personne en particulier mais il s'était senti obligé de le dire. Il se leva et de déplaça lentement vers les toilettes pour homme. Ah, c'était bien ça le seul inconvénient de la bière, hors de question d'emporter l'alcool avec lui, bien au chaud, dans sa panse. Non, il fallait qu'il vide sa vessie s'il voulait passer une nuit tranquille. Noah ouvrit la porte, les yeux à moitié fermés, il tomba sur un autre client, déjà en train d'utiliser un urinoire, la tête plaqué contre le mur. Dure soirée, se dit Noah en baissant sa braguette, se mettant à côté de cet inconnu. Il aurait pu aller faire ça ailleurs mais non, il était déterminé à ce que ça devienne le plus gênant possible et... est-ce que ce mec était en train de pisser les yeux fermés? Noah fronça les sourcils, et, enfreignant probablement une loi sacrée, il posa sa main sur l'épaule de l'autre type. "Hey buddy you okay?"

Il posait cette question normale, une main sur l'épaule de cet homme qu'il secoua, et l'autre main posée sur son propre membre tandis qu'il se soulageait toujours. Question de priorité. Sauf qu'il se retrouva bien con quand l'homme finit par tomber sur le sol. Clac que ça avait fait. Merde. Merde. Il était mort pas vrai? Il était mort et Noah venait de se tourner vers lui et il était en train d'uriner sur cet inconnu, fraîchement mort, juste là, sur sa veste plutôt chic, un air de pur surprise sur le visage... Oui, dure soirée. Noah poussa un soupir et finit par refermer sa braguette, se laver les mains (priorités encore une fois) avant de venir poser deux doigts contre le cou de ce dernier, à la recherche d'un quelconque pouls. Non, il était mort. Noah poussa un soupir et tira une cigarette de son paquet, la mit à sa bouche, l'alluma lentement et tira dessus pour se donner du courage. Bon chaque chose en son temps. Il se gratta la tête et poussa la porte des toilettes, revenant dans le bar. "Hmm Lyov... Je crois qu'on a un petit soucis, trois fois rien hein, mais je viens de vider ma vessie, enfin une partie, sur un cadavre, dans les toilettes. Et vu comment le corps est encore chaud, il est mort y'a pas très longtemps... Mais je dis ça, je dis rien."

Non en fait... C'était une soirée normale.

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MessageSujet: Re: He hit the ground, bang, bang! — Lyov   Lun 1 Sep - 15:56

Il était temps que la soirée se termine. C’est ce que se dit Lyov en refermant la porte du bar, après avoir déposé un peu plus loin sur un banc le dernier consommateur trop saoul pour mettre un pied devant l’autre. Il a hésité un instant à farfouiller dans son répertoire pour trouver une âme suffisamment charitable pour le récupérer dans cet état, puis s’est abstenu. Trop fatigué, trop peu motivé. De vieilles douleurs réveillées par la charge de 90/95kgs, à vue de nez, qu’il a du porter sur ses épaules. C’est bien le dernier type inconscient qu’il trimballe pour la semaine. Comme s’il n’avait pas suffisamment déplacé de macchabé pour une vie…
Lyov soupire, passe un coup de chiffon sur les dernières tables dont il n’a pas eu le temps de s’occuper, et jette un coup d’œil au couloir menant aux sanitaires. Il y a vu Noah, pas dans un meilleur état que lui, s’y aventurer moins d’une minute avant.
Coup de pompe.
Lyov s’assoit sur le tabouret habituel du blond, laissant un coude trouver son emplacement sur le comptoir, les bras ballants dans le vide. Peut-être devrait-il réduire les entraînements. Ou les nuits blanches. Du moins, à défaut de dormir, prendre la peine de se coucher.
Heureusement qu’il a accepté Camilla, lorsqu’elle s’est présentée à lui. Sur le moment, c’était plus à elle qu’il avait voulu donner un coup de pouce, mais finalement...
La semaine a été longue, cependant, et il a renvoyé la jeune femme chez elle quelques minutes plus tôt. Il passe une main dans ses cheveux, ferme les yeux un instant, son cerveau demandant une pause. Mais même en pré-état de veille, ses sens à l’affut perçoivent le retour du bad boy.
Et ses mots lui font l’effet d’un électrochoc.
Un œil s’ouvre. Puis le second.
Son cerveau trop habitué aux situations merdiques semble tout de même bouder dans son coin, et les connexions neuronales rament encore. Sa conscience saturée bute, fait du sur-place, saute comme le diamant d’un tourne disque en bout de course.
Hein?
Le russe tente de prendre les éléments un par un.
Plusieurs choses.
Déjà, Noah est en train de fumer dans son bar.
Il lui a dit mille fois de ne pas fumer dans son bar. De se restreindre, daller à l’extérieur, peu importe. Il a suffisamment de mal à se tenir éloigné de la nicotine comme ça.
Ensuite, il semblerait qu’il y ait un cadavre. Dans son bar, là aussi. Un cadavre tout frais tout chaud, dans ses chiottes.
Et Noah a pissé dessus.
L’information, là aussi, a du mal à parvenir à sa conscience. Elle traverse ses pensées à la vitesse de l’éclair, revenant sans arrêt à la manière d’un leitmotiv incessant, un bruit de fond strident, dont on ne comprend ni le sens, ni la provenance.
Il lui a pissé dessus.
Est-ce qu’il l’a buté? Non. Il a précisé que le type devait être mort il y a peu de temps, en se fiant à la chaleur du corps. S’il y était pour quelque chose, il connaissait suffisamment Noah pour savoir qu’il n’aurait pas cherché à masquer quoi que ce soit, et ce serait pointé en disant « Lyov mon grand, on est dans la merde. J’ai peut-être, comme qui dirait, éclaté la tronche d’un type dans un urinoir. Oh, tire pas cette tête, pas de soucis! Le chiotte va bien, c’est plus le mec qui a un problème… D’ailleurs, sacré faïence que t’as là, mon neveu! C’est du solide! » Ou quelque chose comme ça.
Donc il ne l’a pas buté.
Mais il a pissé dessus.
Est-ce qu’il est certain que le mec est bien mort?
Evidemment. Noah est peut-être salement amoché, mais il n’a pas suffisamment bu pour confondre un cœur qui bat et un cœur qui ne bat pas. C’est Noah. Lyov ne l’a guère vu sobre, mais connaît bien ses états alcoolisés pour savoir que le gaillard tient quand même la route. Et puis merde. Il a bossé pour la mafia. Les cadavres c’était son boulot.

Il a pissé dessus.
Merde il a pissé dessus.
…Pourquoi il a pissé dessus?

Le blond et le russe se regardent en chien de faïence, l’un attendant probablement un mouvement de l’autre. Ce dernier cligne des yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois.
Et Noah a toujours sa clope au bec.
La fumée qu’il ne devrait pas nécessairement sentir à cette distance lui monte aux narines. Il ignore si c’est une hallucination olfactive, mais l’appel de la nicotine se fait d’autant plus enivrant que la réalité de la situation lui explose à la gueule. Sa semaine est loin d’être finie. Il est épuisé. En manque de tabac. Et lorsque ce n’est plus lui qui sème les cadavres, c’est les cadavres qui s’installent chez lui. Et ses clients qui se vident la panse dessus.
L’éventail de possibilités qui s’offrent à lui se déploie dans son esprit qui les passe en revue sans grande conviction. Appeler les flics? Le début des emmerdes. Ils s’ennuient tellement avec leurs morts banales qu’ils pourraient chercher des preuves de leurs culpabilités au fin fond de leurs entrailles. Quelque soit leur conclusion, le bar risquerait de fermer, et Lyov avait beaucoup trop investi là-dedans. Il était venu ici pour se stabiliser, ce n’était pas un putain de macchabé qui allait bousiller ce qu’il restait de son avenir en décidant de tomber raide dans ses chiottes.
Et puis avec Noah là dedans…Ils auraient tôt fait d’être suspects, la flicaille creuserait, pour un peu qu’ils trouvent que leurs chemins s’étaient déjà croisés…
Non, non, non. Grosses emmerdes en perspectives.
Surtout avec Göran aux basques.
Oh merde.
Göran. Le flic qui passe son temps libre à suivre Noah comme son ombre.
Lyov ferme les yeux un instant et tente de se remémorer ce qu’il a vu dans la ruelle. Pas de traces du flic, mais il n’y a pas vraiment prêté attention. Sa fatigue lui joue des tours.
Merde. Il y était? Dans l’ombre, le recoin d’une cage d’escalier, entre deux réverbères pétés. Il y était?
Lyov se pince l’arrête du nez. Son cœur, pourtant, reste calme.
La fumée lui pique les yeux, lui monte toujours plus aux narines, au cerveau. Il a l’impression que son cervelet se tord, se contracte, se contorsionne comme un estomac affamé qui réclame son dû.
Il a vraiment besoin d’une clope.

Il pourrait demander au blond s’il sait si le flic est dans le coin. S’il a une idée de ce qui est arrivé au type. S’il le connaît. S’il pouvait arrêter de cloper devant lui, nom de dieu, ou pourquoi, putain, il a pissé sur ce foutu cadavre.
Au lieu de ça, il se lève, lentement, et glisse une main sous le comptoir avant de sortir son propre paquet de cigarettes.
Il abdique.
Là, tout de suite, honnêtement, il en n‘a plus grand-chose à foutre.
Et il va avoir besoin de recharger les batteries.
Coup d’œil autour de lui, alors que son attention est moins focalisée sur la recherche d’un briquet, que sur les sensations que procurent la tige de papier entre ses doigts. Il la fait rouler, il la respire par les pores de sa peau, il la caresse de toute son âme ronronnante d’impatience.
Y a pas de feu dans ce pays de merde.
Le désir, le besoin grimpe en lui plus vite qu’une montée de bile, secouant ses tripes de la même manière alors qu’il retient le tremblement en interne. Ne rien montrer, ne rien laisser paraître. Une règle d’or à laquelle il s’accroche alors qu’au fond, ça ne changerait plus grand-chose.
L’homme finit par dénicher son vieux briquet tempête, cale la cigarette entre ses lèvres en retenant un gémissement, et l’allume.
Et l’aspire. L’aspire comme il aspirerait le poison d’une plaie. Prenant à plein poumon la première bouffée, comme celle d’oxygène à laquelle il ne croyait plus après avoir manqué de se noyer dans les tréfonds de l’océan, ou avoir été enfermé dans le compartiment torpille d’un sous-marin. Voire les deux à la fois, lorsqu’une situation menait inexorablement à l’autre. Longue histoire.
Bref.
Orgasmique.
Ca y est, le cerveau, ce bon vieux diesel, se remet à fonctionner correctement.
D’un geste sûr, il glisse le paquet dans sa poche en compagnie du briquet, et dépasse le blond d’un pas vif pour se diriger vers les toilettes. L’autre l’a suivi, attendant sûrement qu’il crache un mot, mais Lyov tient trop au contact jouissif de sa clope pour desserrer les lèvres.
Voyons voir, déjà, dans quel état est le gaillard.
Il stoppe net devant les urinoirs. Le type est là, grand, assez costaud, bien habillé. Étendu par terre en mode mollusque avec cet air de poisson hors de l’eau. Hébété, et mort.
L’homme a toujours le pantalon ouvert, le molosse sorti, et les mains devant, comme pour le protéger. C’est fou ce réflexe de toujours masquer ses parties lorsqu’on se sent exposé, en danger. Il aurait mieux fait de protéger autre chose.
Lyov s’accroupit, à distance raisonnable. Il n’a pas envie de mettre de la cendre dessus, bien qu’au point où ils en sont…
Avec un peu de chance le mec aura fait un coma éthylique et prendra feu en une demi-seconde. Une petite combustion spontanée pourrait régler bien des problèmes.
Lyov n’aperçoit aucune marque apparente, mais il ne l’a pas encore retourné.
L’idée que Göran puisse débarquer d’un instant à l’autre traverse de nouveau son esprit alors qu’il tente de comprendre le déroulement de la scène.
Le russe se souvient de ce type. Il n’était pas sobre, mais il tenait bien debout. Il n’avait pas l’air en mauvaise santé, quoi qu’on ne sait jamais, mais il avait bien une tête à trouver les emmerdes sans avoir trop besoin de les chercher.
Il tente de se souvenir du moment où l’homme s’est absenté pour aller aux chiottes. Aucune idée. Avec qui il était? Seul. Il avait bien tenté de squatter un petit groupe, mais il ne les avait pas convaincu. Qui étaient aller aux toilettes juste avant la fermeture? Quelques visages défilent dans son crâne. Des types pas forcément bien malins, mais le bar était principalement rempli de ça.
Et Noah qui se pointe. Aimant à emmerdes. Véritable paratonnerre à emmerdes.
Pendant un instant il se demande si le fait que le blond soit mêlé à l’histoire est une bonne chose. Au moins, il s’assure de son silence. D’un autre côté, Lyov ne pourra pas agir à sa guise, l’autre va être sur son dos en permanence. Cependant, il aurait pu rêver pire, comme partenaire de recyclage de corps humain. Après tout, c’était son job.
Lyov se redresse, sentant ses genoux craquer, et se tourne vers le blond en tirant un maximum sur sa clope avant de s’en séparer à regret, la calant entre le pouce et l’indexe.

-Et hm…

Il expire son nuage de fumée, se délectant de la nicotine qui défrise ses nerfs. C’est avec une moue blasée accompagnée d’un geste évasif de la main qu’il reprend sa phrase :

-…c’est à quel moment, exactement, que tu lui as pissé dessus?
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MessageSujet: Re: He hit the ground, bang, bang! — Lyov   Ven 5 Sep - 22:30

Noah avait lâché les mots sur le ton de la conversation et il fixait Lyov à présent, le patron de bar ne le quittant pas du regard. Le blond retint le sourire qui manquait de passer sur son visage alors que la question, plus qu'évidente, ne franchissait pas les lèvres de l'autre homme. Non, je ne l'ai pas tué. Nein. Noah n'allait pas prononcer ces mots, il attendait que le Russe ose lui poser la question. Il connaissait le style de Noah, ou plutôt… Il avait connu. Noah n'avait absolument aucun intérêt à frapper dans un endroit aussi connu que le petit bar de cette ville bien misérable mais dans le fond si tranquille. Trop près de chez lui premièrement et ensuite tout le monde le connaissait. Ici, les blonds dans son genre passaient rarement inaperçus et Lyov le connaissait, Camilla le connaissait et surtout… Göran le connaissait.

Et il n'attendait que ça, que Noah trébuche, qu'il vacille, pour qu'il soit celui qui vienne lui porter le coup de grace. Cela faisait bien rire Noah, ce policier mégalo et égocentrique avait bien besoin qu'on le remette à sa place mais le blond avait suffisamment eu d'emmerdes pour toute une vie. Non, deux vies et regarder Göran agiter la queue à chaque fois que Noah sortait un peu de la case de l'ordinaire le faisait assez rire pour qu'il ose vraiment faire quoi que ce soit. Et Noah n'était pas un amateur, mais ça, le flic ne le savait pas, Lyov lui était un peu plus au fait de la réalité. Noah ne faisait rien de silencieux ou même de discret, ce n'était pas le meurtre qu'il avait aimé, tuer, ça c'était facile, n'importe quel abruti avec un tant soi peu de jugeote pouvait ôter la vie à quelqu'un non… C'était plus du massacre ce que Noah faisait en fait, ça n'avait rien de beau ou de particulièrement discret, il avait aimé les cris et il avait aimé faire comprendre à ses victimes qu'il n'y avait aucune échappatoire. Les hangars vides ou même les ruelles abandonnées étaient plus ses endroits de prédilections. Définitivement pas les bars.

Mais Noah ne dit rien, toujours la clope au bec, sachant pertinemment que ce détail en particulier irritait profondément Lyov.
Éteint ta cigarette, bordel.
Combien de fois avait-il entendu ces mots? Il n'avait pas respecté les ordres bien évidemment, il appréciait et respectait beaucoup l'autre homme mais pour Noah maintenant la cigarette… c'était quasi sacré. Sa bière, sa cigarette. Dans cet ordre, toujours dans cet ordre. Alors le blond ignorait les ordres du grand patron comme il l'appelait dans sa tête et il se chargeait toujours d'envoyer sa fumée de cigarette autre part que dans le visage du Russe. Histoire de ne pas l'énerver davantage. Quoi que… Il était curieux de savoir qui sortirai vainqueur le jour où il arriverait vraiment à faire sortir Lyov de ses gonds et qu'il déciderait de se montrer un tant soit peu violent envers lui. Jusque là il avait été gentil. L'âge? Oui, très certainement. Pas encore une chose que Noah allait dire à voix haute, il avait peut être son poids en bière dans le corps mais il n'était pas encore complètement stupide. Il voyait bien que sa petite nouvelle avait le don d'enchanter Lyov, oui ça tombait mal, à quelques minutes de la fermeture, Noah n'avait pas vraiment été obligé d'aller aux toilettes là tout de suite, le cadavre aurait pu attendre les premières lueurs du jour, c'est vrai ça, quelle idée de faire l'homme et de vouloir pisser dans un truc blanc? Franchement, il aurait pu faire ça dehors, comme un gamin et rentrer chez lui tranquillement. Mais non, Lyov allait devoir faire des heures supplémentaires à cause de Noah. Ça amusait bien le facteur de la ville mais là encore… Aucune raison de le dire.

Lyov bougea, enfin, il revenait parmi les vivants. Noah eut un mouvement de recul, s'apprêtant à toutes les éventualités. Il ne s'attendait certainement pas à voir Lyov tirer une cigarette lui aussi. Encore moins pour l'allumer.
C'était vraiment une situation grave alors…

Noah aurait pu l'ouvrir et lui dire qu'il violait la règle inviolable qui était de ne pas fumer ici, pas dans son bar. Mais là encore, il préféra se taire et tirer sur sa propre cigarette. À qu'ils étaient beaux comme ça, la prochaine fois, pas de doute, Noah lui offrait une bière au grand patron. Pas maintenant, là tout de suite, Lyov se dirigea vers les toilettes et Noah le suivit, sans broncher, présidant déjà la longueur de cette nuit… Très longue, trop longue, ils avaient un corps sur les bras. Et c'était bien la première fois dans sa vie que Noah n'était pas préparé à ce genre de cas. Ou peut être qu'il avait rêvé, que Lyov avait changé la bière et que maintenant elle était si forte que Noah ne voyait plus très clair. Il était vrai qu'il avait beaucoup bu… Pas à ce point pas vrai? Noah respira enfin en voyant le cadavre sur le sol. Non, il ne perdait pas encore la raison, il y avait bien un mort là, toujours le pistolet à l'air et toujours aussi… mort. Il posa son regard sur Lyov, se disant que lui aurait une bien meilleure idée, vu qu'il était sobre tout ça…
Une seconde.
Deux secondes.

Noah laissa enfin échapper son rire à la question de Lyov. "Je sais pas… Y'a trente secondes? Quarante? Ça a vraiment de l'importance?… J'crois pas." Le blond avait lâché les mots sur le ton le moins condescendant possible. Et puis… C'était dur de s'arrêter de pisser, et Lyov savait vraiment combien de bières il avait bu donc, l'équation était simple. Cause, effet, tout ça, tout ça. Noah haussa les épaules et il finit par écraser sa cigarette, juste là, sous sa chaussure. Il devait réfléchir, un corps, ça ne tombait pas du ciel, il ne l'avait pas tué et personne dans cette ville avait ce qu'il fallait pour tuer de sang froid… Peut être Selma, mais elle n'avait pas été présente ce soir et tant mieux. Alors oui, pas de marques sur le corps, du moins pas visible… Il était mort de quoi? Par magie? Non. Noah n'y croyait pas. "Ça me semble pas être un règlement de compte ou un truc dans le genre… Je veux dire, si ça avait été le cas, on aurait entendu quelque chose et puis notre cher inconnu n'a pas de marque donc…" Noah dépassa Lyov et il procéda à sa propre inspection. À genoux sur le sol, il ouvrit la veste de ce type pour lui faire les poches. Il ne se souciait pas vraiment de laisser des empruntes ou d'abîmer une scène de crime. Ça n'en était pas un, ou alors le meurtrier était vraiment doué. Oh un portefeuille. Noah l'ouvrit et il ne se gêna pas pour mettre les quelques billets qui s'y trouvait dans la poche arrière de son jean : "…Pas besoin de ça là où tu vas…" marmonna le blond avant de tendre l'objet de cuir à Lyov.  "Tiens." Il laissait le grand patron trouver quelques papiers d'identité ou quelque chose dans ce goût là.

Le blond poursuivit son exploration, et comme un enfant, Noah passa ses mains sur celles du cadavre, puis sur son cou, tâtant l'endroit où passait sa jugulaire. Plus de battements, mort mais encore chaud. Merde. Crise cardiaque? Sûrement. Il ne se gêna pas pour lui ouvrir sa veste et les premiers boutons de sa chemise, la beau blafarde était rougie par endroit et Noah fronça les sourcils avant de fixer le visage de ce type. Il y avait quelque chose qui clochait, pas une crise cardiaque. Hmm… Après une seconde de réflexion, Noah finit par céder à son instinct et il ouvrit la bouche du mort pour y enfoncer sa main. Il aurait certainement besoin d'une cigarette, au moins ce type ne bavait pas…. "Ah." Noah jura en allemand tandis que ses doigts se refermait sur quelque chose, là dans sa gorge. Il sortit sa main, pas très propre et fixa sa prise.

Une cacahuète.
À peine mâchée.
Toujours identifiable.

"… Tiens il est là ton coupable." Annonça fièrement le blond, un sourire de gamin sur les lèvres. Il laissa tomber l'arme du crime sur le sol et se releva, passant ses mains sur les pans de son jean. "Bon… question à un million… On appelle les flics ou pas?"

Quand même, il avait encore de la jugeote pour un homme bourré.

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MessageSujet: Re: He hit the ground, bang, bang! — Lyov   Lun 8 Sep - 22:36

Lyov se contenta de fixer son nouvel acolyte du regard, souriant intérieurement de sa réponse. Le blond était bien le seul individu qui pouvait répondre parfaitement sérieusement à une question complètement hors propos, le tout, planté dans les chiottes autour d’un cadavre.
C’était reposant, d’une certaine manière, de pouvoir dire ce qui lui venait à l’esprit sans écoper sans arrêt des yeux ronds de ses interlocuteurs, de leurs regards quasi méprisants qui signifiaient « Mais t’es complètement malade? C’est quoi ton problème? »
Le russe tique lorsque l’autre écrase sa cigarette sous son talon, retenant une remarque sur le bon état des lieux à respecter. Oui, un mégot, ça fait désordre. Un cadavre, non, mais un mégot, ce n’est pas approprié.
Il imagine déjà le haussement de sourcil de l’autre, l’air de dire « tu te fous de moi, là? ».
Merde, y avait plus de respect de la part de ces jeunes… Le plus âgé fronce les sourcils, justement, lorsque l’autre le dépasse et entreprend de fouiller le corps avant qu’il n’ait pu l’en empêcher.
Haussement d’épaules. Peu importe. Au fond, ils l’auraient bien déplacé à un moment ou un autre.
Lyov laisse échapper un léger rire, moqueur.

-Il y a des moyens de tuer qui ne laisse pas de marques…

Son accent russe se fait plus prononcé, comme une menace, traîne, roule sur sa langue tel une écume sanglante qui vient imbiber le papier de sa cigarette sans filtre. Pendant un instant, un frisson le parcours, comme un écho aux réminiscences qui remontent en lui, des souvenirs de meurtres minutieux, de préparations extrêmes et perfectionnées, de passages à l’acte rapides, nets, précis, et indétectables.
L’homme hausse les épaules, une moue amusée, et pose de nouveau un genoux à terre pour avoir une meilleure vue sur les trouvailles de son compagnon d’infortune.

-…c’est vrai que tu dois l’ignorer, au vu de ce que tu laissais derrière toi…

Lyov avait eu un aperçu des œuvres d’art du jeune homme, et avait honnêtement été scotché par une telle explosion de violence, de brutalité, voire même de haine. La colère qui grondait en l’homme l’avait ramené face à celle qu’il avait côtoyée lors de ces séjours dans les prisons russes, et s’il ne l’avait pas craint, habitué, il avait mentalement pris note que le jeune homme était un fracassé de la vie, un foutu ravagé du bocal, et qu’il valait mieux se montrer prudent avec lui. Les deux prédateurs s’étaient bien repérés, jouaient tous deux aux mâles alpha en se battant gentiment et montrant les crocs, mais chacun restait sagement sur son territoire, conscient que l’autre n’avait rien d’autre à perdre que les rares neurones qui alimentaient leur folie respective.
Lyov avait été assez satisfait que l’autre homme se montre compréhensif lorsqu’il lui avait demandé le service qui avait scellé le début d‘une relation qu‘il avait pensé de courte durée, conscient que si lui-même n’aurait reculé devant rien et aurait fait ce qu‘il y avait à faire, il n’aurait tout de même pas aimé l’avoir, récalcitrant, sur son chemin.
Le russe l’observe à la dérobée. Qui aurait-pu croire qu’ils se recroiseraient de nouveau? La vie était étrange tout de même…
Il le regarde enfouir quelques billets dans la poche de son jean avant d’attraper lui-même le portefeuille et de baisser les yeux sur l’objet en cuir.

-Aucune excuse pour ne pas laisser un gros pourboire, la prochaine fois…

Il ne relève pas la tête pour observer la réaction du blond et se contente de fouiner parmi les cartes. Pourtant, du coin de l’œil, il aperçoit l’autre homme ouvrir la bouche du mort. Pendant un instant il songe à l’arrêter, lui demander ce qu’il fout, lui dire qu’il n’a pas besoin de lui arracher les dents, que ce n’est pas un de leurs clients dont-ils doivent annihiler l’identité. Du moins, pas encore. Qu’ils pourraient au moins discuter un peu pour savoir quoi faire de ce type. Mais non. Il se tait.
Il se tait parce que d’une, il n’est plus à ça près, et de deux, Noah enfonce sa main bien trop profondément dans la gorge du type pour qu’il veuille tâter ses molaires. Les amygdales, pourquoi pas, mais il n’en voit pas l’intérêt.
Repensant à la somme au fond du portefeuille, Lyov se rappelle qu’il a refusé de cracher le moindre pourboire, et se demande, une pointe d’humour en pensée, s’il se serait étouffé avec le biffeton. Ce serait bien le genre du blond d’aller chercher de l’argent jusque dans l’estomac d’un type, quelque soit l’endroit par lequel il doit passer pour ça.
Il abaisse de nouveau son regard sur le portefeuille. Des cartes de fidélité pour des boutiques de lingerie. Un travelo? Pour une esthéticienne. Lyov cherche une photo de famille. Pas la moindre. Il retire le bas de la chemise de l’homme de son pantalon et tire légèrement sur le haut de ce dernier. String. Dentelle. Rose.
Oh merde. Un travelo.
Noah s’escrime toujours avec la gorge de l’homme, si bien que Lyov se demande s’il ne cherche pas à lui arracher les cordes vocales. Pendant un instant, la situation le dépasse, et il préfère baisser de nouveau les yeux sur l’objet qui semble renfermer tant de secrets. Cartes de crédit. Deux. Deux noms, deux identités. De nouveau, il louche sur la poche arrière de Noah. Il y avait combien? 200, 300 balles? A vue de nez.
Il s’attarde un instant sur le visage de l’homme, la bouche grande ouverte, Noah enfoncé dedans jusqu’au dessus du poignet. Étrangement, il se dit que ce n’est pas la première fois que l’homme doit vivre ce genre de situation. Enfin, « vivre »… Au moins, il n’aura peut-être pas l’impression d’être trop bafoué. Pourvu que Noah n’aille pas, quoi qu’il cherche, fouiller ailleurs. Pas que Lyov ne l’ait jamais fait, mais pour ce soir, pour un type qui n’est pas leur client… ça suffisait.
Le russe observe les deux cartes d’identité, celle de l’homme par-dessus celle de la femme. Daniel. Gabriella. Il se demande un instant comment il a fait pour s’en procurer une factice aussi bien réussie. Il détaille la photo d’identité de la seconde, cherche les ressemblances, les trouve, les rejette. C’est juste…trop intime. Il n‘aimerait pas qu‘un inconnu fouille dans ses photos de famille, dans ses petits secrets, tandis qu‘un autre parte faire de la spéléologie au fond de son gosier.
Putain, il se ramollit.
Il s’interroge, pourtant.
Qui était-il? Ou plutôt, qui était-elle? Puisqu’il semblerait que ce soit une femme prisonnière dans le corps d’un homme.
« Mais pour 500 balles, je peux être qui tu veux, mon chou… »
Il sursaute presque, frissonne, glacé. La voix rauque qui se veut féminine glisse sur sa peau contre son gré, l’agresse, le viole. De nouveau. Elle fait écho à d’autres voix. D’autres hommes. D’autres accents lourds et gras de taulards russes qui tentaient le sensuel, avec tout le sarcasme dont-ils étaient capables. Sauf qu’aucun d’entre eux ne demandaient 500 balles. Ils donnaient. Ils prenaient.
Ils prenaient, surtout.
Lyov bug un instant, face à son passé, électrocuté par les souvenirs. Il tente de se reprendre. C’est un travelo. Juste un travelo. Pas un prisonnier en manque. Pas un tortionnaire fou et impulsif de plus.
Concentre toi.
Il glisse deux doigts entre les feuillets de cuir, sort un bout de papier couvert de numéros, griffonnés d’une écriture quasi illisible, clairement masculine. Puis une capote. Et un ticket de bus usagé.
De l’autre côté du porte feuille, un autre bout de papier. Même encre, même support. Écriture diamétralement opposée. Ronde, fine, élégante. Féminine. Pourtant, instinctivement, il sait que c’est la sienne. Derrière, une photo d’enfance, vieillie par le temps, cornée, mais qu’il devine chérie. Un petit garçon déguisé en princesse, son petit frère en Zorro, les sourires jusqu’aux oreilles traduisant toute l’innocence qu’ils avaient à l’époque. Il se demande un instant si cette innocence s’est perdue. Si les dogmes sociétaires ont séparé les deux frères.
Lyov n’est pas étonné de trouver tout ce qui est relatif à la famille, aux sentiments, tout ce qui est personnel, du côté féminin parfaitement délimité du porte feuille. Ça répond à sa question. C’est lui. C’est elle. Au fond, il se considère purement comme une femme.
Lyov repose l’objet au sol avant que son regard ne soit attiré par un léger relief sur la poche arrière de son jean. L’homme fronce les sourcils. Elle semble contenir un objet plat, fin, petit. Il glisse y glisse une main tout en s’adressant mentalement au mort pour lui assurer qu’il ne lui met pas une main au cul, et retire ce qui ressemble à un porte carte, un nœud dans la gorge.
Il ne l’a pas encore ouvert, mais il sait.
Il sait déjà ce qu’il va y trouver.
De son côté, Noah pousse un cri de victoire. Il s’extasie presque devant le coupable.
Lyov ouvre l’objet en cuir noir, sobre. Un porte carte, oui.
La pensée qu’un type est mort à cause de cacahuètes en libre service dans son bar l’effleure, et il se demande un instant si cela causerait la fermeture de l’établissement. Probablement pas.
Mais l’aliment coupable serait sûrement le dernier argument que les flics soulèveraient pour leur pourrir la vie. Parce que s’ils les appelaient, ils leur pourriraient la vie. Certainement.
Lyov tente de se remettre du second coup de tazer de la soirée. Ou peut-être du troisième, qui sait. Il a cessé de compter.
La question de Noah lui monte au cerveau et il sort doucement de sa bulle, relevant lentement la tête vers lui. Puis il lui montre sa trouvaille.
La plaque, l’insigne.

-Je ne sais pas Noah. Qu’en penses-tu? On appelle les flics pour leur dire qu’un des leurs est mort dans mes chiottes, étouffé par une cacahuète que tu as eu l’intelligence de déloger, bousillant probablement l’unique possibilité qu’ils croient à une histoire pareille, que tu as pissé sur lui, évidemment, avant de lui faire les poches, et qu’on l’a complètement fouillé, détruisant une possible scène de crime? Rajoute à ça le fait que tu sois probablement le mec le plus connu des services de police du coin, et que je sois le patron de l’établissement. Que ce mec est un travelo, qu’ils l’ignorent probablement, et que ça leur fera beaucoup à digérer… Je ne sais pas, Noah. Et si, pour terminer de nous foutre bien dans la merde, on appelait directement Göran? Tu dois bien avoir son petit numéro perso, depuis qu’il te file le train, non?

Lyov ne blâme pas le blond, non. D’ailleurs, son ton n’est pas agressif. Il tente juste de résumer les faits, pour l’autre comme pour lui, afin de capter correctement à quel point ils sont dans la merde.
A quel point appeler les flics ne semble pas une bonne idée.
Lyov retient un soupire. Il va falloir sortir de sa retraite.
Et mécaniquement, il commence à dé-personnifier le cadavre. Ce n’est plus Daniel, ou Gabriella. Ce n’est plus un flic, un travelo, ou un grand frère.
Non, c’est leur client.
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MessageSujet: Re: He hit the ground, bang, bang! — Lyov   Dim 14 Sep - 16:12

Ses yeux bleus s'étaient lentement posés sur l'insigne, brillante et presque en train d'insulter les deux, pardon, trois hommes qui se trouvaient dans ses toilettes de bar. Mais l'expression de Noah n'avait pas changé, très franchement, il était ailleurs, tout ceci lui rappelait un peu son ancienne vie. Il avait plongé sa main dans la gorge d'un homme mort, sans absolument aucune hésitation, certes, cela aurait été plus intéressant si le dit cadavre avait opposé une quelconque résistance. Là, ce n'était juste pas marrant, c'était assez frustrant même mais bon… C'est la vie pas vrai? Noah manqua de rire à son trait d'humour personnel, Lyov lui ferait sans doute la peau s'il se permettait de rire maintenant. Quoi que, le blond n'était plus sûr de rien. C'était Dödskalle, les cadavres on les empilait et on passait à autre chose. La vie continuait. La mort continuait, quelle différence est-ce que cela faisait dans le fond.?Plus personne ne s'inquiétait et un peu trop de temps passé ici et, chose que Noah avait rapidement constaté, on devenait insensible à tout. La douleur, la peine, la misère. Tout passait, tout continuait et on ne voyait plus vraiment de raison de s'époumoner, de s'énerver, de s'acharner. À quoi bon puisqu'il suffisait d'un simple rêve pour que les espoirs eh bien… volent en fumée ou finisse par être étouffés sous le poids d'une cacahuète plus sournoise que les autres.

Personne ici n'était vraiment en vie, les gens étaient déjà morts, ils sonnaient tous creux et ils avançaient quand même, histoire de donner le change et de ne pas terrifier les nouveaux venus. Trois ans ici et Noah se fondait très bien dans le décor, que quelqu'un le tape sur la poitrine, vite, lui aussi il sonnait creux, il était creux vide et il tentait d'oublier, de se remplir d'alcool afin de peut être se mettre à suer de la bière et prétendre redevenir quelque chose. Alors ce mort? Il s'en foutait, la soirée de demain? Aussi, ça n'avait pas d'importance, ce n'était que des jours sans importance, sans utilité, sans pesanteur, qui le rapprochait de son rêve et de sa fin parfaite. Alors oui, Lyov, que faisaient-ils? Que faire dans une pareil situation. Le blond l'écouta, posant un instant ses yeux sur les lèvres du Russe, s'assurant bien que ces dernières étaient en train de bouger… Avant d'hausser les épaules. "… Je te demanderai bien si tu as fini ton petit discours … mais visiblement oui." dit-il avec le détachement du monde, il ne savait pas si c'était bien de la panique dans le ton de Lyov mais peu importe, ils n'étaient pas stupides, ils connaissaient bien la procédure dans ce genre de situation. Se débarrasser du corps, rentrer chez soit, descendre un verre de whisky, oublier, prétendre ne pas savoir et encore une fois oublier. Rien n'avait changé, ce n'était pas parce qu'ils étaient au fin fond de la Suède qu'ils devaient prétendre que ce genre de cas ne leur était pas familier. Ou alors, Lyov, tout comme Noah, avait cru trouver ici un peu de paix. Les gens finissaient par tomber au sol tout seul, alors personne à blâmer pas vrai? Pas de tristesse à avoir, pas de larmes, pas de remord, pas de regret… Rien pas besoin de prétendre, pas de faux semblants ou autres conneries qui irritaient profondément le grand blond.

Chose que la police locale semblait avoir dû mal à comprendre. C'est comme ça, avait envie de leur hurler Noah, personne ne pouvait être en sécurité quand la Mort en personne venait taper à la porte de votre occipital, pour se frayer un chemin dans les deux hémisphères de votre cerveau et réduire à néant votre futur. Personne. Göran et ses subordonnées pouvaient donc faire du bruit, tout le bruit du monde mais Noah n'était guère impressionné. Le détective en chef l'avait déjà arrêté parce qu'il buvait trop, il croyait connaître Noah mais il ne savait pas. Il ne savait pas que si Noah se laissait faire quand on lui passait les menottes c'était bien par ennui, il aurait aisément pu retourner Göran et le plaquer contre le sol, pour lui montrer qu'il était bien petit et qu'ici il n'était pas roi. Seul la Mort l'était. Noah fronça donc les sourcils, se passant une main dans les cheveux, à la recherche d'une solution qui apaiserait Lyov. Pourquoi se soucie de le ménager d'ailleurs? Sans doute parce qu'il se faisait vieux lui aussi… "Que Göran et ses intuitions merdiques aillent se faire foutre, s'il avait vraiment de la jugeote, il me lâcherait la grappe tout simplement… Mais bon, c'est un problème pour un autre soir. Déjà on va s'assurer que ton cher petit établissement ne se retrouver pas fermer à cause de monsieur… madame." Noah baissait les yeux vers le mort, encore un truc qu'il ne comprenait pas. Enfin, il ne préférait pas porter de jugement trop arrêté en vu de son propre passé, certaines des cicatrices qu'il avait sur le torse n'était pas juste la cause de mauvais traitement. Et oui, en dehors de la bière, le blond avait des penchants pour le moins… orthodoxes. Il donna un coup de pied dans la jambe du policier mort, réfrénant l'envie de sortir une autre cigarette… Et de la proposer à Lyov évidemment, c'était une sacrée soirée, le barman allait sûrement avoir une bonne dizaine de cheveux blancs sur le crâne le lendemain au réveil. Noah se secoua les épaules, maudissant cette bière de trop puis il reprit la parole: "Bon on va commencer par le début, faut qu'on le bouge et j'espère que tu as une voiture… Parce que moi non. On pourrait l'emmener dans les bois, lui creuser une jolie petite tombe et oublier cette histoire et dans deux heures on sera tous les deux en train de dormir."

Une fois encore, le blond employait le ton de la conversation, juste une autre soirée, juste un autre boulot et franchement, il espérait que Lyov le paye en bière une fois que tout ceci serait terminé. Oui, c'était faisable, ils n'avaient qu'à vérifier que personne ne soit véritablement en train de suivre Noah, chose dont le blond était quasiment certain. Personne ne pouvait vraiment le prendre par surprise et vu la façon que Göran avait de se déplacer, Noah avait remarqué qu'il s'appuyait un peu trop sur son pied gauche lorsqu'il se déplaçait, il n'avait pas la moindre chance de s'en prendre physiquement à lui. Et franchement, quel policier à Dödskalle aurait accepté une mission aussi périlleuse. … Coup d'oeil jeté au policier mort. Merde. Le blond poussa un soupir exaspéré priant vraiment que ce cher homme à l'identité double n'ait pas été l'idée du détective histoire de s'assurer que tout allait bien. L'insigne ne signifiait rien, tous les policiers devaient sortir avec pas vrai? … Pas vrai? God I just wanted to get drunk, se dit Noah en tirant une autre cigarette de son paquet, l'allumant rapidement. Il gratifia Lyov d'un regard qui signifiait que là tout de suite ce n'était pas négociable, revoyant toute leur option. Oui, ils pouvaient l'enterrer là haut, dans les collines de la ville ou même dans la forêt qui commençait juste derrière chez lui. Ce ne serait pas la première fois que Noah creusait en pleine nuit, c'était toujours un peu approximatif mais toujours assez profond pour que personne ne retrouve le corps. Est-ce qu'il avait de la famille ce bonhomme? Peu importe, peu importe…

"Ou sinon on le découpe et on s'en débarrasse morceau par morceau. Ça pourrait être intéressant mais je ne fais pas des heures de ménage en plus." Ça aussi Noah l'avait déjà fait, mais c'était plus pour s'amuser que pour se débarrasser du corps. Est-ce que Lyov allait le laisser faire mumuse? Probablement pas, il commençait à se faire tard de toute façon…

_________________
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It's the little story of a guy I know, who had a dream, and fell in love. He got close to his dream, almost touched it, and he burnt his hands. And he got a woman and she died in his arms...



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He hit the ground, bang, bang! — Lyov

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