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 Die This Way

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Son rêve: Assassiné dans un long couloir sombre, une balle dans le dos.
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MessageSujet: Die This Way   Ven 22 Aoû - 1:15

Quoique soit ce bruit assourdissant qui se répercutait avec insistance contre les parois de son appartement, Göran se jura de le balancer violemment par la fenêtre. La bouche pâteuse, d’abord légèrement désorienté, l’inspecteur mit quelques secondes avant de reconnaître le foutoir organisé de son salon. Un grognement lui échappa, alors qu’il se laissait retomber contre le dossier, se pinçant l’arête du nez entre le pouce et l’index. Juste une seconde pour reprendre contact avec la réalité. Il sentit son chat, Nigel, se frotter contre sa cuisse et Göran se souvient qu’il s’était une nouvelle fois endormis sur le canapé du salon, encore habillé des vêtements de la vieille.

La sonnerie de son portable cessa brusquement avant de reprendre aussitôt de son tintement agaçant. Se redressant et soulevant rapidement feuilles, dossiers et carton à pizza qui trainaient sur sa table basse, Göran mit la main sur son téléphone et décrocha avec une grimace.

« Quoi ? Grogna t-il en passant une main lasse dans sa tignasse décoiffée. Il est trois heure du mat, c’est intérêt à être important. »

Un silence gêné de l’autre côté de l’appareil, avant qu’une fois hésitante et presque juvénile se fasse entendre.

« Heu... oui, Inspecteur Falk, c’est... euh, c’est l’agent Ohlsson... »

Göran soupira tout en s’emparant de son paquet de cigarette, s’en allumant une par habitude. Il avait réellement besoin de sa clope au réveil, et ceux même s’il n’avait dormi que... trois petites heures ? Qui avait besoin de dormir après tout, hein ? Ohlsson était un tout jeune agent, à peine sortie de l’école de police, il travaillait surtout à la réception au commissariat ; rien de bien transcendant... D’ailleurs, il ne se souvenait même plus qu’il bossait de nuit cette semaine. Pourquoi est ce qu’il l’appelait à cette heure ci ? Devant l’hésitation et le babillage de son agent, Göran ferma les paupières, aspirant sur sa cigarette avec agacement.

« Viens en aux faits, coupa t-il, soupirant.
- Heu oui, désolé, nous venons de recevoir un appel urgent, un corps a été retrouvé aux abords de l’orphelinat Föräldralös... De nombreuses brûlures sont présentes sur la victime. »

L’inspecteur se figea, sa cigarette a quelques centimètres de sa bouche. Ce n'était pas la première personne qui était morte de cette manière ces derniers semaines. Deux jours de cela, une personne âgée s’était endormie en oubliant sa casserole de patates sur le feu... L’incendie avait mis quelques minutes pour brûlée sa petite maison dans le quartier historique. En bref, même si tout laissait suggérer à un accident, Goran avait quand même envoyé les preuves récoltées chez Mrs Mortenson dans un laboratoire de Stockholm - bien plus performant - afin de savoir si l’incendie n'était réellement pas d’origine criminelle. Certains diront que l'inspecteur Falk possédait une légère tendance à la paranoïa, mais ce dernier préférait les certitudes scientifiques aux rumeurs superstitieuses.

Il avait parlé de cette affaire à Adolf, demandant son avis et ses expertises : est ce que tout était destiné à partir en vrille dans cette foutue ville ?

« Okay, laissez moi dix minutes, marmonna Göran en se levant d’un bond. Prévenez Mr. Hellström, je le veux sur les lieux quand j’arrive. »

Et il raccrocha sans attendre de réponse. Le portable toujours coincé entre son oreille et son épaule, il cala sa clope aux coins de ses lèvres alors qu’il se levait en direction de la salle de bain... Pas que, mais un minimum d’hygiène était nécessaire.


***

Après une douche rapide et avoir avaler un fond de café froid de la vieille, Göran se sentait finalement prêt à affronter les merdes qui allaient lui tomber au coin de la gueule. En roulant à travers Dödskalle, une grimace contrite se peignit peu à peu sur son visage : comment pouvait-on sérieusement aimer ce trou paumé ? Cette ville était glauque à en vomir, et il la supportait de moins en moins : problématique pour le mec qui avait en charge les flics du coin.

Quinze minutes plus tard il se gara près de la gigantesque bâtisse en ruine, dont le toit noircie et branlant s’élevait dans le crépuscule qui pointait à l’horizon. Les quelques agents de police de garde cette nuit là avaient déjà sommairement quadrillé le terrain, juste le temps de pouvoir transporter le cadavre à la morgue. Leurs moyens n'équivalaient peut-être pas ceux de Stockholm, mais Göran mettait un point d'honneur à tout faire dans les règles. Après quelques minutes, il repéra finalement la silhouette d’Adolf.

« Hey, lâcha t-il en guise de salutation, son regard se perdit un instant sur la bâtisse de l’ancien orphelinat. T’en penses quoi ? »

Les deux hommes avaient travaillés ensemble depuis assez longtemps pour pouvoir se comprendre sans trop en dire. Les mains dans les poches de sa veste, il aperçut au loin le corps de la victime recouvert d’un drap blanc qu'on transférait dans un sac mortuaire.

« Comme si on avait besoin de ça. »

Il n’était absolument pas diplomate et il n’était pas connu pour sa patience exemplaire.

« Inspecteur, un témoin a vu ce qu’il s’est passé, informa un des policiers en désignant une voiture un peu plus loin. »

Göran le remercie d’un hochement de tête avant de faire un geste à Adolf.

« Après toi, dit-il avec un sourire narquois. »

Assise sur la banquette arrière se trouvait une petite fille, dix ans tout au plus, pâle comme un linge et l’air effrayé. Elle leva vers eux ses grands yeux bleus tout en serrant contre elle, une peluche en forme de lapin.

Super, il détestait les gamins.

Göran était prêt à laisser Adolf la charge de l’interrogatoire pour la peine.

« Je suis en train de brûlée, chuchota la gamine. Je l’ai vu dans mon rêve, je vais bruler ! »

Un grognement. Il lança une œillade las au profileur... Manquait plus que ça !
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MessageSujet: Re: Die This Way   Sam 23 Aoû - 16:10

Debout dans sa chambre, Adolf regardait. Il jouait avec les derniers fils qu’il avait tiré. Ca l’agaçait. Il ne trouvait pas. Rien ne faisait beaucoup de sens. Depuis presque sept ans qu’il était là, il aurait du trouver quelque chose de satisfaisant. Juste quelque chose, un bout de piste, un indice. Non, rien, à la place, cette enquête venait pollué sa liste d’affaire non résolu. Il se déplaça agilement à travers la toile de fil de laine tendu pour se dirigé vers son lit. Au lieu de s’allonger dessus pour dormir, il monta dessus souplement, s’avança jusqu’au mur et observa un instant la photo de sa mère, vivante. Sa mère était magnifique, une rousse aux yeux verts. On se doutait qu’il avait récupéré ses cheveux blonds de son père et ses yeux étaient probablement un mélange des deux. A côté trônait directement relié une photo de la scène de crime. Il avait eu du mal à l’obtenir, personne ne voulait le laisser voir ça. Le corps était froid et mort, tordu dans une position étrange. Mais ce n’était pas le pire. Le pire était surement la croix nazi taillée dans la chair. La première fois qu’il avait vu cette photo, il avait vomi. Maintenant ces yeux effleuraient le papier glacé comme si ça ne le concernait pas. Sur la suite du mur était détaillé tous les criminels nazis connu à l’époque, et ce qui leur étaient arrivés. Pour ceux qui avaient été arrêté et jugé, il y avait la liste de leur victime. On trouvait un peu plus loin une liste de tous les crimes néo-nazi qui avait été perpétué depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, et différents profils. C’était peine perdue beaucoup disait. Le mec qui avait fait ça était un fantôme. Adolf ne trouvait pas, Adolf ne comprenait pas.

Il resta immobile, debout sur son lit, le regard fixé sur ses images, comme si elles allaient enfin pouvoir trouver un sens dans ses rétines fatiguées. Mais le fait est que cela faisait maintenant dix neuf ans que sa mère était morte, et que plus le temps passait, moins il avait la chance de mettre la main sur le salaud qu’il avait fait ça. Quelqu’un sain d’esprit aurait abandonné, aurait fait son deuil. Mais il regardait la photo de sa mère vivante, et il ne parvenait pas à lâcher prise. Ca ne faisait aucun sens. Siobhan n’avait jamais fait de mal à personne, elle n’était surement pas la seule juive de Suède, et aucun autre meurtre de la sorte n’avait été comptabilisé sur le continent. Ca ne faisait aucun sens.

Son téléphone sonna et il s’étira avant d’aller à travers sa toile d’araignée géante chercher son téléphone sur son bureau. Il décrocha rapidement sans regardé qui téléphonait. « Bonjour ! Adolf Hellström que puis-je faire pour vous ? » Insomniaque comme il était, il n’avait plus tellement l’habitude de regarder l’heure, et répondait souvent à toute heure du jour et de la nuit comme s’il était l’aube.

« Oui… agent Ohlsson, désolé de vous déranger aussi tardivement… » dit l’agent à l’autre bout du téléphone timidement. « Vous ne me dérangez pas, que puis-je faire pour vous ? » répéta-t-il aimablement. Göran avait surement besoin de lui. De toute façon à chaque fois qu’il recevait un coup de fil du commissariat c’était pour ça. Pas que ça le dérangeait particulièrement. Il aimait filer un coup de main, et puis ça l’empêcher de passer sa nuit à regarder un mur qui ne lui apporterait aucune réponse. « On a retrouvé un corps brûlé à l’orphelinat Föräldralös… L’inspecteur Falk aimerait vous voir sur la scène du crime rapidement. » Hum, miam, bon appétit bien sûr. « Je serais là, merci agent Ohlsson. » Il ne devait pas être habitué à un peu de politesse à une heure aussi tardive parce qu’il raccrocha en bégayant. Se mouvant à travers sa chambre comme si elle n’était pas encombré de toutes ses enquêtes il parti attraper une veste et glissa dans une poche son téléphone portable, dans l’autre les clés du studio, et sortit en claquant la porte derrière lui. Il ne prenait pas la peine de verrouiller quiconque voudrait s’amuser à ouvrir sa porte avec une carte banquaire ou des épingles auraient surement une petite frayeur en trouvant l’entre d’Adolf. Il n’y avait réellement que lui pour pouvoir supporter ce bordel et cet aspect étrange.

Il ferma sa veste une fois arrivé dans la rue, le quartier n’était pas chaleureux, et bien que l’on soit encore en été, il y avait un vent à faire froid dans le dos. A moins que ça soit l’odeur de mort qui traînait toujours dans ce quartier. Un instant il se demanda combien de ses voisins étaient déjà mort dans leur appartement sans qu’il ne soit au courant. Il mit quelques minutes à arriver jusqu’à l’orphelinat. L’Orphelinat était un endroit glauque, brûlé il y a une dizaine d’année, il n’y avait absolument personne dans les parages en tant normal. A peine arrivé, il se fit harponné par Göran. Bon ok, de toute façon c’était pour lui qu’il était là, mais il venait venir la question fatidique un peu rapidement pour lui. Pas raté, un bonjour en règle suivit d’un « T’en penses quoi ? »

Adolf s’installa correctement en face de l’orphelinat, mis comme Göran les mains dans ses poches, et observa. « Hey ! Belle nuit n’est-ce pas ? » dit-il a moitié ironique. Ou peut être pas, peut être était-ce simplement du sarcasme. La nuit était effectivement belle, les étoiles brillaient dans le ciel, et promettait la fraicheur. La nuit était jeune aussi, et puisque c’était l’été, le ciel était encore assez clair. « J’en penses que c’est bizarre de venir mourir ici. Qui est la victime ? » Adolf était toujours calme, et assez réservé pendant les enquêtes. Il n’était pas flic, encore moins détective. Il était profiler. « Comme si on avait besoin de ça. » Adolf sourit faiblement, oui surement, ce n’était pas l’évènement idéal. La ville avait suffisamment mauvaise presse.

Adolf hausse les épaules et envisage de s’approcher du cadavre avant de dire. « Moi ça me détend. » Le fait est qu’effectivement au moins quand il s’occupait des morts de la ville, il ne s’occupait pas des siens. Et même si les morts de la ville n’avaient pas bien plus de solution que les siens, ça le faisait toujours sortir et respirer un nouvel air morbide. Il fut arrêté par la voix d’un agent qui leur parlait d’un témoin. Il se retourna aussitôt. Les vivants c’était tout de même plus simple à lire que les morts. Et puis si elle était brûlé, il savait déjà plus ou moins ce qu’il allait trouver sous le draps. Il suivit le policier et Göran, et fut surpris de tomber sur une petite fille. Il lut une grimace dans le comportement de Göran, laissa ses épaules s’affaisser et s’adoucit. Les gosses c’est moins pratique, le cerveau n’est pas encore totalement formé, il y tant et si peu de chose à lire en eux. Et puis bon clairement, lorsqu’un gosse est témoin d’une horreur pareil, il est souvent difficile de lui faire dire ce qu’il a vu.

« Je suis entrain de brûler, je l’ai vu dans mon rêve, je vais brûler. » chuchota la gamine à moitié terrifiée. Adolf attrape au vol le coup d’oeil de Göran, et il sourit. Damn, ça ne finira jamais. Adolf s’accroupit et se rapproche de la petite, tendant les bras vers elle doucement, faisant signe que tout est bon, qu’il ne lui fera pas de mal. « hé ne t’inquiète pas, ce n’était qu’un rêve, rien ne va t’arriver, j’y ferais personnellement attention, tu me fais confiance ? » Il plante ses yeux bleus dans ceux de la gamine. Il a un regard doux Adolf, lorsqu’il n’a pas l’air complètement flippant ou étrange. Il un sourire délicat, lorsqu’il fait l’effort de ne penser à rien d’autre que ce qu’il dit. Il continue de la fixer, tout en attrapant doucement sa main. « Tu peux nous dire ce que tu as vu ? Ca nous aidera peut être à faire en sorte que tu sois en sécurité. » Il resta quelques minutes accroupi à sentir ses genoux se décomposer dans le silence macabre. Bon. Il lâcha sa main pour se relever, et se retourna vers Göran « Je penses qu’elle a besoin des muscles d’un grand officiers de police pour se sentir en sécurité. » dit-il dans un grand sourire, les mains dans les poches. Il laissa une place devant la gamine à Göran avant de lui donner un petit coup dans l’épaule. « On les ou le trouvera, t’inquiète pas. » Pourtant il savait Göran ne faisait que ça, s’inquiéter. D’autant plus depuis qu’il avait rêvé… Ca ne facilitait rien.
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MessageSujet: Re: Die This Way   Ven 29 Aoû - 14:34

Göran ne cacha pas son grognement et son irritation. Il détestait les gamins ; il les trouvait bruyants, agaçants et inutiles. Ses souvenirs de sa propre enfance, celle enfermé par un serial killeur violeur d’enfants n’étaient pas fait pour arranger son aversion. Les mains profondément enfouit dans les poches de sa veste, l’inspecteur fusilla Adolf du regard avant de le reporter sur la fillette qui le dévisageait craintivement de ses grands yeux bleuâtres.

« Ne t’inquiètes pas,
dit-il en s’accroupissant à sa hauteur. Tout va bien se passer, regarde -il lui montra son badge histoire de la mettre un peu plus en confiance- je suis l’inspecteur Falk, et lui c’est mon collègue Mr. Hellström. »

Il désigna Adolf d’un geste de la main avant de lui dédié un léger sourire qui se voulait encourageant et rassurant. Göran savait faire preuve d’un minimum de diplomatie quand cela s’avérait nécessaire... Et il n’était absolument pas novice dans l’art de la comédie ; si jamais on venait à le virer de son poste, il pourrait se lancer dans une carrière d’acteur les yeux fermés.

« Comment tu t’appelles ? Et pourquoi tu es toute seule à cette heure ? Où sont tes parents ? »

En espérant que le cadavre ne soit pas sa mère, où il pourrait repasser sur sa notion de diplomatie et de tact. La fillette secoua la tête, quelque peu timide, son regard passa d’Adolf à Göran avec hésitation avant de finalement répondre d’une petite voix.

« Je m’appelle Mary... Mary Anfall. »

C’était un début, bien que le nom ne lui disait rien. Il fit un bref mouvement de tête en direction de l’agent qui prenait des notes sur son calepin, lui faisant comprendre de rechercher l’adresse de la gamine. Celui ci se dépêcha de tourner les talons en direction d’une voiture de fonction un peu plus loin.

« Enchanté Mary, répliqua Göran cette fois avec un peu plus d’enthousiasme. Je sais que ce n’est pas marrant, et que tu as assisté à quelque chose de terrible mais j’ai... Nous avons besoin que tu nous expliques ce qui s’est passé, d’accord ? »

Elle hocha la tête, demeura silencieuse quelques longues secondes avant de finalement reprendre la parole... toujours de cette voix basse et cristalline.

« C’était une idée de Hannah, c’est... c’est elle qui... qui voulait venir ici. »

Elle renifla bruyamment, les larmes glissant sur ses joues rondes et pâles. Göran retint difficilement une grimace ennuyée : les morveux et leur propension à chialer.

« Hannah ? répéta t-il néanmoins, les sourcils froncés. C’est la fille qui est morte c’est ça ? »

Cette fois Mary sanglota ouvertement, plaquant son visage contre son la fourrure de sa peluche. Merde, il manquait plus que ça... Il ne savait pas gérer ce genre de situation, ça avait tendance à le mettre mal à l’aise. Et à l’énerver. Il dut une profonde inspiration pour se calmer, se sermonnant intérieurement qu’il ne s’agissait que d’une enfant.

« J’ai vraiment besoin que tu me répondes Mary, dit-il calmement mais fermement, avec autorité. Qui est Hannah ? »

Il sentit le regard désapprobateur d’un de ses agents mais Göran n’en avait rien à ciré, il était trop fatigué pour prendre des pincettes.

« Ma... ma grande soeur, réussit-elle à baragouiné à travers ses larmes. C’est ma gr... grande soeur. »

Génial. Il lança un rapide regard à Adolf puis retourna son attention vers Mary.

« Et pourquoi vous êtes toutes les deux dehors à cette heure ci ? Où sont vos parents ? »


Mary se renfrogna quelque peu, essuyant du revers de la manche ses joues humides.

« H... Hannah a fait un rêve où elle... elle mourrait devant l’orphelinat, et... et elle voulait venir parce qu’elle... elle y croyait pas. »

Sanglots, à nouveau. Göran sentait venir le mal de crâne.

« Je lui avais dis que c’était pa... pas une bonne idée. Mais elle a pas voulu m’écouter ! Elle a attendu q... que papa et maman soient endormis pour sortir, et je suis venue avec elle. »

La suite de l’histoire était plutôt évidente. Les deux gamines avaient débarqués, et l’aînée était décédée comme l’avait prédit son rêve. Un frisson le parcourut désagréablement. Sa mâchoire se crispa tandis qu’il se relevait, le regard dur.

« Elle est morte comme dans son rêve ! J’ai rêvé que j’allais brûler... Est ce que ça va m’arriver aussi ?
- Ce n’est pas son rêve qui a tué ta soeur Mary, c’est sa curiosité et son inconscience qui l’ont fait. Sérieusement, un rêve n’est qu’un rêve comment vous pouvez être aussi idiotes pour...
- Inspecteur ! »

Il s’interrompit brusquement, le souffle saccadé par l’agacement et la colère, tandis qu’un agent leur faisait signe d’approcher. Mary recommença à pleurer de tout son saoul, et ce fut sans un regard qu’il la délaissa.

« Nous venons de trouver ce qui a tué la victime, expliqua l’agent en remontant sa casquette sur sa tête. Electrocution. La pluie a laissé des flaques importantes autour du bâtiment, et nous avons retrouvés des câbles électriques que les ouvriers de la mairie ont rangés juste à côté. La rue est en chantier avec les travaux ces derniers jours. Pauvre petite, elle a vraiment pas eu de chance. »

De chance ? Göran grinça avant de secouer la tête... Les coïncidences n’étaient pas rares à Dodskalle. Et le « manque de chance » encore moins.

« Je vois... Ramener la gamine chez ses parents, l’affaire est classée. »

Il soupira tout en se tournant vers Adolf.

« Cette ville va finir par me rendre dingue
, clama t-il en s’allumant une cigarette. J’ai besoin d’un verre. »

Et de m’envoyer en l’air !

« Tu m’accompagnes ? »
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MessageSujet: Re: Die This Way   Dim 31 Aoû - 15:16

Adolf aimait bien les gamins, au fond. Enfin de la à en avoir peut être pas. Enfin il n’en savait rien, il n’y avait jamais vraiment réfléchit finalement. Mais il aimait bien les gamins… Comme il aimait les hommes, ou les femmes d’ailleurs… C’était donc tout relatif. Adolf n’était pas misanthrope, mais il n’était pas non plus particulièrement démonstratif. Disons simplement qu’il était parfois trop solitaire pour savoir se mêler à la population. Même ici à Dosdkälle, les gens le trouvait étrange. Pourtant je voulais dire, dans cette ville-ci, qu’est ce qui pouvait bien encore être étrange. Mais bon. Il ne comptait déjà plus le nombre de gens qui ne savait pas dépasser son nom et qui le haïssait pour un patronyme qu’il n’avait pas choisit. Bien sûr il aurait surement pu demander à changer. Mais à quoi bon ? Il s’appelait Adolf, un point c’est tout. Et il avait appris à aimer ce prénom. Il sentit le regard mauvais de Göran alors qu’il lui refilait le paquet et eut envie de lui tirer la langue. C’était lui le flic, il avait déjà de la chance qu’il soit là pour lui filer un coup de main, il n’avait pas non plus à faire tout le sale boulot. Alors que Göran se penchait pour poser des questions à la gamine, Adolf prit un peu de distance. On voyait toujours mieux avec de la distance.

Il écouta la discussion de manière discrète. Il saurait son nom bien assez tôt, ainsi que celui de la victime, et puis il imaginait déjà trop bien ce qu’elle allait pouvoir lui répondre. C’était affreux, oui, il compatissait. Mais il ne comprenait pas. Il regard tout autour de lui, là ou elle était morte, là ou la gamine était, et il essayait de comprendre. Il n’y avait absolument aucun moyen que ses rêves puissent être vrai. Enfin peut être que quelqu’un avait miraculeusement trouvé un moyen de faire rêver les gens avec des rêves précis… Mais les morts ne pouvaient pas suivre ses rêves à la perfection autrement que par la volonté d’un individu. Ca ne faisait aucun sens. Adolf avait beau croire en dieu, et l’hypothèse farfelu d’un dieu vengeur était encore là seule plausible, il savait qu’elle ne tenait pas debout. Des gens innocents mourraient sans raison tous les jours, et certains des plus gros pourris de la ville était toujours belle et bien vivant. Certes sept était le nombre parfait, et sept ans paraissait être une bonne règle, mais c’était aussi trop vague, si au moins il tuait aussi les personnes sept ans après leur rêve, on aurait une logique religieuse, ou au moins d’un activiste religieux. Mais non, on pouvait encore mourir de vieillesse. Comment un tueur pouvait faire mourir de vieillesse… Surement qu’il laissait la nature faire, mais alors pourquoi en épargner certain mais les faire rêver tout de même ? Et puis le monde était un endroit dangereux, rien ne laissait promettre qu’une voiture ne renverserait pas l’homme supposé mourir vieux. Non vraiment, ça ne faisait pas grand sens.

Comprenant l’histoire de Mary, et de sa grande soeur, il reporta vaguement plus son attention sur le duo amusant qu’elle formait avec Göran. En temps normal il aurait pu se moquer de lui, et de son malaise. Il s’abstenu et écouta. Il voulu penser qu’Hannah était une gamine stupide, mais à bien y réfléchir s’il rêvait un rêve aussi con, il serait aussi capable d’aller au devant du danger. Il rangea ses mains dans ces poches et se renfrogna. On lui disait sans cesse qu’il n’était pas assez attentif, et qu’il était trop téméraire, voir même carrément stupide. Parfois même pour lui faire peur on lui disait qu’il était bientôt ici depuis sept ans… Qu’il vienne se rêve, il en avait pas peur.

Il grimaça un peu brutalement alors que Göran réagissait assez mal. Certes les gamines avaient été idiotes, mais de là à leur faire remarquer alors qu’elle venait de voir mourir sa soeur… Cher inspecteur, vous manquez de délicatesse aurait-il pu dire en se foutant de sa gueule. Mais puisque quelqu’un appela Göran un peu plus loin il en profita pour se rapprocher et attraper la gamine en larme et la prendre dans ses bras. Il rangea ses cheveux qui se collait sur son visage avec les larmes, et lui sécha quelques larmes, en vain, elle pleurerait surement toute la nuit. Il comprenait.

« Hé, Mary, tout va bien aller, tu m’entends, tant que tu fais attention à toi. On va te ramener chez tes parents, et tu vas les laisser prendre soin de toi. Et si ton rêve te terrifie, tu leur en parle, et ils feront attention au feu. Si tu prend soin de toi et que tu ne fais rien d’inconsidéré, rien de mal ne t’arrivera. »

La petite fille hocha la tête dans un sanglot et Adolf lui sourit avant d’ajouter. « Hé mais ne va pas oublier de vivre hein ? Et de faire plein de bêtise, mais prend soin de toi, d’accord ? »

Nouveau hochement de tête de la gamine, Adolf la reposa au sol, et l’installa dans la voiture.
« On va te ramener chez toi, dans cinq minutes. »

Il se tourna vers Göran juste à temps pour entendre le verdict, électrocution. Sévère pour avoir un corps calciné tout de même pensa Adolf. Il regard les lieux, et se dit qu’il irait parler aux ouvriers, depuis quand on laisse des câbles électriques branchés avec du courant à proximité de flaque d’eau ? Au mieux c’était des crétins, au pire, ils étaient dans la merde. Il entendit Göran classer l’affaire, et il soupira. Classer l’affaire. C’était un vocabulaire de flic. Comme si l’affaire était classée.

« Cette ville va finir par me rendre dingue, clama Göran en s’allumant une cigarette. J’ai besoin d’un verre. »

Adolf hocha la tête, oui un verre, et oui cette ville allait les rendre dingue. Enfin, lui c’était probablement déjà trop tard. Göran aussi d’ailleurs. Il emboita le pas de Göran avant de demander penseur.

« Tu classes vraiment l’affaire ? Tu penses vraiment que c’est un accident ? Je sais que ça ne fait aucun sens, personne ne pouvait savoir que la gamine serait là ce soir et pas un autre mais… Est-ce que quelqu’un pourrait faire rêver les gens sans rien avoir à faire avec leur mort après ? »

Peut être que la conscience de leur mort, faisait juste agir les gens dans le sens de leur mort.

« Enfin bref, on peut parler d’autre chose aussi. Tu comptes vraiment boire un verre avec moi, ou tu vas t’envoyer la première fille qui te sourit avant que j’ai eu le temps de tremper mes lèvres dans mon verre ? » siffla Adolf.

Ah il aimait son pote, mais il était clair que ce dernier ne savait pas tenir sa braguette fermée. Enfin du moment qu’il ne l’obligeait pas à aire la même chose, il n’avait surement rien à dire.
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